AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez|

You can count on me like one, two, three, I'll be there ☆ Bubble

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage

Close your eyes and I'll kiss you

avatar
I am
Charlie A. Wellington

ㄨ Messages : 309
ㄨ Date d'inscription : 28/12/2011


Histoire
Age du personnage: 17 ans
Liens:

MessageSujet: You can count on me like one, two, three, I'll be there ☆ Bubble Sam 20 Avr - 16:35



we’re gonna stick together, know we’ll get through it all
Charlie fixait pensivement le bracelet en or qui entourait son poignet. Elle, s’était réveillée tôt, harcelée par ses réflexions incessantes. Elle pensait à Bubble et aux paroles proférées la veille par la jeune fille. De temps à autre, elle observait ses camardes, endormies et plongées dans un sommeil profond. La sérénité se lisait sur leurs visages. La Bleue et Bronze laissa échapper un long soupir. Malheureusement pour elle, aucun rêve n’était venu la bercer cette nuit. Son esprit s’attardait étrangement sur sa cousine. Habituellement, elle s’y intéressait à peine. Pourtant, elle savait – sans vouloir se l’avouer – que la dispute qui avait eu lieu n’avait rien d’habituel.

*****

Flashback

Charlie s’approcha quelque peu de Bubble. Elle la regarda de haut, alors qu’elle n’avait que quelques centimètres insignifiants de plus qu’elle. Elles se toisèrent un long moment avant que les cris ne retentissent. Pourquoi hurlaient-elles ? Elles même n’en avaient aucune idée précise. La raison était vague et ne changeait que très rarement : Bubble reprochait à Charlie de se sentir supérieure, alors qu’elle n’avait rien de plus que les autres et Charlie reprochait à Bubble de déshonorer les Wellington et leur sang en étant la meilleure amie des nés-moldus. Néanmoins, cette fois-ci la dispute prit une tournure différente. « Je sais pas pour qui tu te prends ! Qui te donnes le droite de l’humilier ? Tu…tu es comme ta mère. » Le cœur de Charlie sembla s’arrêter l’espace d’un instant. Sa cousine se rendit compte de son erreur, mais elle continua sur sa lancée, comme incapable de contrôler ses dires. « Tu es aussi hautaine et manipulatrice qu’elle ! Et le pire c’est que tu trouves le moyen de dire que c’est faux. » Elle marqua une courte pause, pour mieux reprendre. « Tu penses que vous êtes différentes ? Eh bien, pas du tout. T’es une peste et elle l’était aussi. Tu le sais aussi bien que moi. La seule chose qui t’empêche de te l’avouer c’est… » Elle s’arrêta, elle était partie trop loin. Charlie avait deviné la suite "c’est le fait qu’elle s’en fiche de ton existence." Oui, c’était le cas, mais elle détestait en parler et sa cousine était bien placée pour le savoir. La jolie brune aurait pu répliquer, d’ailleurs tous les élèves autour d’elles attendaient une quelconque réaction. A la place, elle baissa son regard, pour ne pas qu’on voie son visage et ferma les yeux, pour ne pas pleurer. Lorsqu’elle se redressa, elle prit la direction de son dortoir d'un pas assuré. Elle passa à côté de sa cousine sans la toucher ni même la regarder.

Fin du flashback

*****

Bubble avait abordé le sujet de la famille. Ce qu’aucune des deux n’avait eu l’audace de faire auparavant. La famille, ce n’était pas que leurs parents, c’était aussi elles, toutes les deux. La Bleue et Bronze, ne put empêcher ses souvenirs de revenir à la surface. Elle se revoyait rire avec sa cousine dans son jardin, allongées sur l’herbe ou se roulant dans la boue. Ce jour-là, sa mère l’avait giflée pour avoir gâché une belle robe. Lorsqu’elle se remémorait les moments passés auprès de cette femme, elle n’en gardait qu’une image de froideur et de méchanceté. Quelquefois, elle se demandait comment Bubble était devenue une fille si gentille et tolérante. Elle, n’a jamais eu cette opportunité. Elle avait grandi sans l’amour d’une mère et avec toute l’attention d'un père. Une attention qui lui est vitale. La fierté qu’il peut lui porter est d’une importance capitale et s’il lui faut épouser Simon pour l’obtenir, elle le fera. Peut-être a-t-elle voulu être à l’image de sa mère pour paraître parfaite aux yeux de son père ? Il était quand même tombé amoureux d’elle. Elle détestait y penser, pourtant elle ne put se résoudre à arrêter. Elle jeta violemment son oreiller sur le sol et plongea son visage dans ses mains. Elle resta dans cette position jusqu’à ce qu’elle entende la sonnerie assourdissante de son réveil. Elle l’éteignit presque aussitôt et ses camarades eurent à peine le temps de gémir. Elle alla vers la salle de bain et se prépara rapidement, ce qui en soi, était un exploit. Après s’être douchée, elle s’habilla puis s’attacha les cheveux en une queue de cheval. Cependant, elle prit son temps pour se maquiller et sortit.

Sa journée passa lentement. Elle mangea beaucoup ce matin-là, comme si elle voulait combler un manque d’affection dont elle venait de se rendre compte. En cours, elle ne fut pas très attentive ce qui lui attira les regards interrogateurs de ses professeurs. Ils ne firent pourtant pas de remarques. Ça passera, devaient-ils se dire. La jeune fille prit ensuite son déjeuner. Bizarrement, elle parla peu et personne n’essaya de comprendre car elle répondait de façon glaciale à chaque question que les élèves avaient le malheur de lui poser. Oui, elle n’était pas d’humeur à engager une quelconque conversation avec quelqu'un. Car elle ne voulait parler qu’à une seule personne. Elle ne voulait parler qu’à Bubble. Dire qu’en ce moment même, elle le désirait plus que tout au monde. Une envie qu’elle n’avait pas eu depuis son entrée à Poudlard. Elle se leva de table et se dirigea vers sa Salle Commune. Elle ne prêta aucune attention aux gens qui l’entouraient ou aux sourires qu’on lui adressait. Elle marchait d’un pas décidé, la tête haute. Elle monta les escaliers avec une rapidité désarmante. Après sept années consécutives dans cette école, elle semblait dans son élément.

Le monde alentour n’était maintenant qu’un décor de théâtre. Plus rien n’avait d’importance. L’espace d’un instant, elle se sentit idiote, idiote d’être en mauvais termes avec sa cousine. Sa cousine qu’elle…aime ? Elle grimaça. Non, elle voulait juste mettre les choses au clair. Elles se détestaient de toute façon. Jamais, ça ne marcherait entre elles, elles étaient bien trop différentes. Elle arriva devant le heurtoir et répondit à la question. Elle entra ensuite dans la grande pièce et y trouva…Bubble. Le hasard faisait bien les choses. Un deuxième année lisait, assis sur un fauteuil. Lorsqu’il vit Charlie, son regard se balada d’une cousine à l’autre et il sembla prendre peur soudainement. Il se leva d’un bond, lâchant le livre qui tomba sur le sol dans un bruit sourd. Il partit rapidement dans son dortoir laissant les deux jeunes filles seules. La brunette ne put s’empêcher d’être amusée par cette situation. Surtout que c’était le jour où elles ne se disputeraient pas. Enfin, elle l’espérait. Elle s’approcha de la jeune fille d’une démarche incertaine puis s’assit à côté d’elle. Elle la fixa longuement avant de lancer un peu brutalement. « On parle. » Ce n’était pas une question, plutôt une affirmation que Bubble était censée confirmer.
FICHE ET CODES PAR RIVENDELL
Revenir en haut Aller en bas

I fly like a Raven !

avatar
I am
Bubble C. Wellington

ㄨ Messages : 94
ㄨ Date d'inscription : 06/03/2013


MessageSujet: Re: You can count on me like one, two, three, I'll be there ☆ Bubble Dim 12 Mai - 15:58





You can count on me like one, two, three, I'll be there



Charlie & Bubble
Je me tortillai dans mon lit, pour la millième fois de la nuit, au moins. Je ramenai mon épaisse couette sur moi et m’y enfouissais toute entière, glissant ma tête sous mon coussin, comme si cela pouvait calmer le flot incessant de pensée qui envahissait mon esprit. Je n’arrivais pas à dormir. A chaque fois que je fermais les yeux, le visage de ma cousine s’imposait à moi et je secouai la tête, comme pour chasser cette mauvaise pensée. *C’était une dispute comme les autres* n’arrêtais-je pas de me répéter, *une dispute comme les centaines d’autres qu’il y a eu avant celle-là*. Aucune raison de s’inquiéter comme cela après tout. Oui mais non. Si cette dispute était si banale que cela, comme je voulais tenter de m’en convaincre, elle ne me poursuivrait pas jusque dans mon lit, allant jusqu’à m’empêcher ne serais-ce que de fermer les yeux sans me revenir en mémoire. J’étais allée trop loin. Beaucoup trop loin même. Et pour l’une des premières fois depuis que nous étions en première année, je regrettai les paroles que j’avais dîtes à Charlie. Pourtant, il y en avait eu d’autres que j’avais proféré avant, blessantes également, mais jamais à ce point. La réaction qu’avait eue ma cousine le prouvait bien. Elle n’avait jamais fuis jusque-là, elle m’avait toujours répondu, attaquée, encore et encore.

Nous nous détestions peut-être. Ou en tout cas, c’est ce dont nous tentions de nous persuader toutes les deux. Mais j’avais de l’honneur et malgré tout ce que je pouvais lui reprocher, Charlie en avait aussi. Nous étions de la même famille. Nous avions été proche toutes notre enfance, nous nous connaissions par cœur, durant cette période. Nous savons donc parfaitement toutes les deux qu’elles étaient les faiblesses de l’autre. Nous aurions jouer dessus, mais d’un accord silencieux, comme si cela était évident, nous avions décidé de ne jamais converger vers ces sujets, qui risquaient de faire vraiment mal. Lors de notre dernière dispute, j’avais glissé vers l’un d’entre eux, sans même m’en rendre compte. J’avais abordé la famille, alors que nous nous refusions d’en parler d’ordinaire. Dès lors que j’avais commencé à parler, impossible de m’arrêter, même si j’avais conscience de dépasser les limites.

**********

Flashback – La veille au soir

Ouf ! Enfin, la journée de cours est terminée ! Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais elle m’a paru particulièrement longue. En Sortilège, matière que j’apprécie pourtant énormément d’habitude, les minutes se sont vites transformées en heures, c’était tout simplement horrible, un véritable supplice. Le professeur parlait, mais sa voix me semblait lointaine, comme si j’étais ailleurs, très loin de cette salle. Il était vraiment rare que cela m’arrive mais j’avais vraiment hâte de sortir de cours. Peut-être pour aller voir Noah, Rory et James ? Nous n’avions pas eu de cours en commun cet après-midi, je n’avais donc pu les voir qu’au déjeuner du midi, mais seulement brièvement. Il m’arrivait de temps en temps d’aller m’assoir à la table des Gryffondor pour manger, afin de pouvoir passer un peu plus de temps avec eux, mais pas ce jour-là. Une de mes amies n’allait pas bien, je m’étais donc appliquée à lui remonter le moral et à l’écouter. Cela avait eu l’air de fonctionner puisque lorsque nous nous étions quitté, au début de l’après-midi, elle souriait légèrement. J’en étais vraiment, vraiment soulagée. Voir mon entourage souffrir, c’est quelque chose que je déteste. Je suis tout simplement incapable de rester passive devant le malheur des autres, c’est plus fort que moi.

La cloche sonne enfin, et je ne peux empêcher un soupir de soulagement de quitter mes lèvres. Heureusement, le professeur ne semble rien avoir entendu, ou alors, il fait comme si de rien n’était. Je trépigne sur ma chaise, mais il nous retient une ou deux minutes supplémentaires pour nous donner les devoirs, puis, il est temps de partir. Je suis une des premières à quitter la salle, ce qui est vraiment rare venant de moi. Je suis plutôt du genre à trainer afin de poser des questions. Je me tourne afin de voir ce que font mes amis : elles discutent avec l’enseignant. Après leur avoir fait signe, leur faisant ainsi comprendre que nous nous retrouverions plus tard, je m’aventure à travers les couloirs. Ma démarche est assurée : je sais où je vais et surtout, je connais le château comme ma poche. Je remonte ainsi jusqu’à ma salle commune. J’aimerais me changer, avant de rendre visite à mes camarades de Gryffondor. Enfiler des vêtements un peu plus confortable que mon uniforme scolaire.

Mais le destin en a décidé autrement apparemment, puisque je tombe sur Charlie, en plein milieu d’un couloir. Boum. Plus rien n’a d’importance autour de nous. Rien. Non, rien du tout. Ni le lieu dans lequel nous nous trouvons, ni les élèves qui s’arrêtent brutalement, curieux et peut-être même impatient d’assister à une nouvelle dispute des cousines infernales, comme ils nous appellent parfois. Nous, nous ne bougeons pas. Je ne vois même pas qu’ils ont formé un cercle autour de nous, murmurant entres eux, pronostiquant laquelle des deux prendrait l’avantage sur l’autre pour cette fois-ci. Tout ce que je vois, c’est elle. C’est ses yeux noisette plantés dans les miens. J’ai croisé les bras, ma mâchoire s’est crispée toute seule. Elle me toise de haut. Elle doit avoir trois, peut-être cinq centimètres de plus que moi, mais elle se permet quand même d’en jouer. Mes poings se serrent, je sens les jointures de mes doigts blanchir tandis qu’une colère sourde monte en moi, m’envahit de toute part.

« Tiens, mais voilà la Grande et Magnifique Charlie Asphodel Wellington en personne » attaquais-je, mauvaise.

L’art de commencer une dispute en bonne et due forme. Aucun doute là-dessus : les cris raisonnent dans le couloir. Ils montent de plus en plus, prennent de l’ampleur, du volume. Les gens nous regardent, leurs yeux vont de l’une à l’autre, sans interruption. Mais cela n’a aucune importance. Ce que je veux, c’est remettre ma cousine à sa place. Lui faire comprendre qu’elle ne m’impressionne pas. Qu’elle n’a pas à agir comme cela, à se prendre pour ce qu’elle n’est pas. Surtout pour des raisons aussi futiles que la soi-disant pureté du sang. Une belle connerie oui.

« « Je sais pas pour qui tu te prends ! Qui te donne le droit d’humilier les gens comme cela ? Tu… tu es comme ta mère. »

Je m’arrête, net. Charlie n’a pas changée de position. Elle me regarde toujours, droite comme un i, fière. Mais une ombre passe dans ses yeux. Je sais qu’elle est surprise, choquée même que je parle de sa mère. Jamais, ô grand jamais je ne l’avais fait auparavant. Mais je suis en colère. Elle m’aveugle, littéralement, et je reprends, toujours plus haineuse, toujours plus dure envers mon interlocutrice.

« « Tu es aussi hautaine et manipulatrice qu’elle ! Et le pire c’est que tu trouves le moyen de dire que c’est faux. » Je me dégoûte moi-même, vraiment. Ces paroles sont simplement destinées à faire mal, et je sais que ça marche. Je sais que je la blesse en plein cœur, mais je ne suis plus vraiment moi. Impossible de m’arrêter maintenant que je suis lancée. Peut-être la pleine lune qui approche à grand pas ? Toujours est-il que j’ai vraiment l’impression qu’un autre a pris possession de moi pour sortir de telles paroles. « Tu penses que vous êtes différentes ? Eh bien, pas du tout. T’es une peste et elle l’était aussi. Tu le sais aussi bien que moi. La seule chose qui t’empêche de te l’avouer c’est… »

Non. Non, non et non. Je n’ai pas pu dire ça. Impossible. Non. Je n’ai pas pu être d’une telle cruauté, même envers Charlie. Je n’ai pas terminé ma phrase, mais nous savons toutes les deux où je veux en venir : sa mère se fiche de son existence, elle voulait un garçon qu’elle n’a pas pu avoir suite à la naissance de ma cousine. Je sais à quel point elle en a souffert durant toute son enfance. Je sais à quel point cette présence maternelle lui a manqué. J’ai appuyé un bon coup, fort, là où ça fait bien mal. Je m’en veux, vraiment. Je ne sais pas ce qui m’a pris d’en arriver là. Je ne voulais pas, je n’ai jamais voulu la blesser à ce point. Pourtant elle souffre de ma remarque, je m’en rends compte lorsqu’elle baisse les yeux. Charlie Wellignton. Baisser le regard. Ça ne lui arrive quasiment jamais. Et pourtant, elle vient bien de faillir, elle vient bien de fermer les yeux afin que personne ne voit à quel point ils se sont embuées de larmes. Les gens autour de nous sont dans l’attente. Ils n’ont absolument aucune idée de ce qui vient de se jouer sous leurs yeux. Ils attendent, simplement. Ils attendent que ma cousine réplique. Mais je sais qu’elle ne le fera pas, pas aujourd’hui. Pas après ce que je viens de dire. Je sais qu’elle n’en a plus la force, désormais. Je ne me suis pas trompée : elle relève la tête et avance, sans un mot, sans une parole, sans un regard pour personne, moi y comprise.

Un grand blanc envahit alors le couloir, mais je ne m’en rends même pas compte. Je fixe l’endroit où Charlie vient de disparaitre, le regard vide, incapable de bouger ou encore moins de parler. Une main me tapote l’épaule, quelqu’un me félicite de l’avoir remise à sa place. Il me dit que j’ai bien fait, que c’est tant pis pour elle. Je me force à sourire, mais le cœur n’y est pas. Je reste encore immobile quelques minutes, tandis que les curieux s’éloignent, comprenant que le spectacle est maintenant terminé. J’ai honte, horriblement honte. C’est la tête basse que je rejoints notre salle commune.

**********

Nous ne nous sommes pas revue de la soirée. Lorsque je suis montée dans notre dortoir afin de dormir, elle n’y était pas. De toute façon, je ne crois pas que je serais allé lui parler. A quoi bon ? Je n’avais pas envie de déclencher une autre dispute, surtout après ce qu’il venait de se passer. Pourtant je n’en menais pas large. J’avais conscience d’avoir dépassé les bornes et cela m’attristais vraiment. Comment en étions-nous arrivés là au juste ? Pourquoi nous disputions nous comme cela tout le temps ? Quelquefois, je me disais que cela n’avait vraiment aucun sens. Nous étions de la même famille. Nous nous connaissions depuis toujours. Rien que pour cela, nous aurions dû faire des efforts. A d’autres moments, je me disais que tout était de la faute de Charlie. Ça n’était qu’une peste après tout. Quelqu’un qui prenait les gens de haut, qui se donnait le droit de les humilier pour des raisons stupides. Tout ce que je détestais, tout ce contre quoi je me battais jour après jour. Cependant, cette pensée quittait vite mon esprit : j’étais peut-être bornée, mais j’arrivais, en mon fort intérieur uniquement, il ne faut pas trop m’en demander non plus, à reconnaître que j’avais mes torts dans cette histoire. J’étais tellement butée lorsqu’il s’agissait de ma cousine que j’avais tendance à voir uniquement ses mauvais côtés, jamais les bons. Alors qu’il était certains qu’elle en avait.

J’avais retourné le problème dans ma tête pratiquement toute la nuit sans m’arrêter, me tortillant dans tous les sens lorsque ça devenait trop désagréable d’y songer. J’avais dû dormir une, peut-être deux heures à tout casser. Mais impossible de trouver le sommeil. Même si j’étais épuisée. A bout de nerf, j’avais d’ailleurs fini par me lever, enfiler une robe de chambre bien épaisse et descendre dans la salle commune, m’installant bien confortablement devant la cheminée. Voir le feu brûler dans l’antre m’avait apaisée, un peu. J’étais restée des heures entières à observer ce spectacle, comme hypnotisée. Au moins, même si je n’avais pas dormie, je n’étais pas devenue complètement dingue à force de penser à Charlie. Puis, l’aube avait enfin pointée le bout de son nez. J’étais donc remontée dans le dortoir afin de me préparer. Ma cousine n’était déjà plus là, elle venait tout juste de quitter la salle de bain, d’après mes camarades de dortoir. Je me préparai assez rapidement, n’ayant pas vraiment à cœur de me faire belle aujourd’hui. Au lieu de laisser mes cheveux lâchés comme je le faisais d’ordinaire, je les avais attachés en une queue de cheval bien haute, qui, si j’en croyais le miroir, ne me donnait pas une allure trop moche. Les autres septièmes années de Serdaigle me regardèrent sortir de la salle de bain, particulièrement étonnées. Je n’étais pas réputée pour y passer des heures, mais il était tout de même rare que j’y reste moins de demi-heure comme je l’avais fait ce matin.

Il avait ensuite fallut petit déjeuner, puis se rendre en cours. Mais je n’avais vraiment pas le cœur à discuter, ou même à écouter. J’étais préoccupée par cette dispute, et j’espérais vraiment avoir l’occasion d’en reparler avec Charlie. Cependant, j’étais bien trop fière pour faire le premier pas et surtout, même si cette pensée m’était étrange, je ne voulais pas la blesser plus qu’elle devait déjà l’être. La matinée s’écoula lentement, très lentement, trop lentement même. Au moment du déjeuner, je ne pris même pas le temps de me rendre dans la Grande Salle. Je n’avais pas faim. Ou plutôt plus. Une grosse boule d’angoisse s’était insinué en moi et ne me lâchait plus depuis la veille au soir. Je retournai donc au niveau des Tours, heureuse de trouver la salle commune des Bleus et Bronzes pratiquement déserte. Seul un deuxième année était installé sur un fauteuil, j’eu donc tout le loisir de me mettre près du feu, à ma place habituelle. J’avais emportée avec moi un ouvrage traitant de la vieille magie blanche, j’avais donc de quoi me distraire. Je m’y plongeais entièrement, espérant sincèrement que cela allait me permettre d’oublier un peu ma cousine, au moins l’espace de quelques heures.

Cependant, c’était sans compter sur cette dernière qui choisit ce moment-là pour faire son entrée. Absorbée par mon bouquin, je n’y fis tout d’abord même pas attention. C’est un bruit sourd, celui d’un livre tombant au sol qui me ramena à la réalité : le deuxième année se dirigeait d’une démarche rapide vers son dortoir lorsque je relevais les yeux, quelques secondes plus tard. Dans d’autres circonstances, j’aurais presque ris de cette situation. Etions-nous si effrayante que ça ? Au point de faire fuir ce pauvre garçon ? Mais là, je n’en avais vraiment que faire. Charlie s’approcha de moi, avec une démarche, qui, pour une des premières fois depuis bien longtemps, semblait incertaine. Elle s’assit à mes côtés et je me poussai pour lui faire un peu plus de place sans broncher. Nous nous fixâmes un long moment sans parler. Cela amorçait une dispute d’ordinaire, mais je savais qu’aujourd’hui, les choses seraient différentes. « On parle. » Ça n’était pas une question, comme ça aurait certainement dû l’être. C’était une affirmation, lancée d’une voix un peu brutale, peut-être. Je ne m’en rendis même pas compte. En temps normal, cela aurait largement suffit à déclencher ma colère. Je me serais levée d’un bond, pestant contre ma cousine qui se prenait pour une cheftaine. Mais pas là. Parce qu’elle avait entièrement raison, il fallait que nous parlions, vraiment. Les cernes que je parvenais à devenir sous son maquillage laissait entendre qu’elle aussi, avait passé une nuit exécrable. J’en fus presque soulagée. Je n’étais pas la seule des deux que notre dispute avait préoccupée. « On parle », confirmais-je, sans plus de cérémonie. Le silence s’imposa à nouveau. Parler. Oui, mais comment, de quoi ? Sachant qu’il était déjà extrêmement rare que nous puissions rester dans la même pièce plus de cinq minute sans nous engueuler, parler calmement, assise face à face comme nous l’étions en l’instant relevait carrément du miracle. C’était surréaliste. Mais j’allais faire cet effort, j’allais oublier le ressentiment et la colère accumulée contre ma cousine l’espace de cette conversation. Je pouvais le faire. J’en étais certaine. Enfin, quasiment certaine en tout cas. Je pris une profonde inspiration, sans cesser de la fixer. C’était à moi de lancer cette discussion je le savais, je le sentais au plus profond de moi-même. C’était évident. Je voulais, et je devais, m’excuser pour mon comportement, vraiment. Mais les mots ne voulaient pas quitter mes lèvres. Ils restaient comme bloqués dans ma gorge alors que je tentais désespérément de les prononcer. Après nous être déchirées pendant tout ce temps, étions-nous simplement capable de nous parler normalement comme nous tentions de le faire ? De nous pardonner ? De faire des choses gentilles l’une envers l’autre ?

« Je… » commençais-je, hésitante à mon tour. Je détournai les yeux, visiblement mal à l’aise. Mon regard se promena en direction de la fenêtre, puis du fauteuil, pour finalement terminer sur la cheminée, juste devant moi. Elle semblait loin, toute ma belle assurance. Toute la colère, voire même la haine que j’éprouvais à l’égard de Charlie d’ordinaire. J’avais en l’instant l’impression de retomber en enfance. Petite, il m’arrivait souvent de douter. De moi, de mon comportement, de la façon dont je devais agir, ou ne pas agir. D’un peu tout et rien, en fait. Dans ces moments-là, ma seule envie, non, mon seul besoin même, c’était d’aller demande conseil à ma cousine. Parce qu’elle avait toujours le mot juste ou même simplement le geste qui pourrait me rassurer, me faire comprendre que j’avais bien agis, que j’étais sur le droit chemin. Si je ne l’étais pas, elle me le faisait remarquer avec douceur, jamais dans le but de me froisser. Nous étions tellement proche… Les choses avaient bien changés entres nous, depuis. J’en arrivais aujourd’hui à regretter cette période. Tout était tellement plus simple, quand notre principale préoccupation était de savoir avec quelle poupée nous allions bien pouvoir jouer. « Je… » repris-je une nouvelle fois. Je me mordis la lèvre avec violence. Tout cela devait cesser maintenant, vraiment. Elle était ma cousine. Mon sang, ma famille. Comment pouvais-je avoir autant de difficulté à lui parler normalement. « J’suis vraiment… dé… désolée pour… hier, vraiment » lâchais-je enfin. Je soupirai doucement de soulagement. Maintenant que j’avais dit cela, que j’avais fait le premier pas, je savais que les choses allaient devenir beaucoup plus faciles. De mon côté, tout du moins. « J’aurais jamais dû parler de ta mère comme ça. J’sais même pas ce qui m’a pris. J’voulais pas… j’voulais pas en arriver là. » Voilà, tout était dit maintenant. La couleur de la discussion était annoncée. Mes yeux toujours fixées sur la cheminée vinrent à nouveau se planter dans ce de ma cousine, scrutant avec attention, et peut-être même avec un peu de crainte, sans que je n'ose me l'avouer cependant, la réaction qu’elle allait avoir.

« La famille est un ensemble de gens qui se défendent en bloc et s'attaquent en particulier. »



© Méphi.




Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas

Close your eyes and I'll kiss you

avatar
I am
Charlie A. Wellington

ㄨ Messages : 309
ㄨ Date d'inscription : 28/12/2011


Histoire
Age du personnage: 17 ans
Liens:

MessageSujet: Re: You can count on me like one, two, three, I'll be there ☆ Bubble Ven 5 Juil - 16:07



we’re gonna stick together, know we’ll get through it all
Pour beaucoup, la famille est essentielle. Elle est la chose la plus importante de votre vie parce que vous partagez des liens indéniables avec chacun de ses membres. Mais quelquefois votre famille ne vous accepte pas ou c’est vous qui ne vous sentez à votre place. Charlie a toujours voulu rendre ses parents fiers d’elle et mériter de porter le nom des Welington, mais aux yeux de sa mère ce n’était pas suffisant et la Bleue et Bronze n’a jamais su pourquoi. Heureusement qu’elle pouvait compter sur son père. Qu’il la considérait comme sa princesse, qu’il lui montrait à quel point elle lui était chère. Voilà pourquoi elle en faisait toujours plus pour montrer à quel point elle était parfaite. Pour qu’il ne l’abandonne pas lui aussi et qu’il ne trouve aucune raison de ne pas l’aimer. Peut-être qu’elle agissait comme une peste avec certaines personnes et que peu de nés-moldus pouvaient l’approcher. C’était de cette façon que devait se comporter une sang pur, c’était comme ça que son père devait la voir. Elle n’a jamais remis en question son comportement, qu’elle trouve tout à fait approprié. Les sangs impurs étaient inférieurs, leurs noms de famille n’étaient pas nobles et ils considéraient les moldus comme des égaux. C’était ainsi. Pourquoi Bubble ne le comprenait-elle pas ? Pourquoi s’acharnait-elle à se lier d’amitié avec eux et à empêcher sa cousine de les humilier ? Pour Charlie, c’était simple : c’était la faute de Bubble. Mais depuis quelques temps, il lui arrivait de se poser des questions, très brièvement. Elle essayait de ne pas s’attarder sur ses pensées et de réfléchir à un cours ou à la tenue qu’elle porterait à la prochaine sortie à Pré-au-lard. Néanmoins, elle allait maintenant affronter sa cousine et sans cris de préférence. Peut-être qu’ainsi elles trouveront un terrain d’entente et qu’elles redeviendront aussi proches qu’avant ?

« On parle. » C’était le moment où elles étaient censées commencer à parler, mais Charlie n’en était pas capable. Pas encore. Bubble fut donc la première à s’exprimer, mais elle avait du mal. Elle n’arrivait pas à terminer sa phrase. Elle finit par réussir à s’excuser. C’était un bon début. Bubble continua et avoua qu’elle n’aurait pas dû parler de la mère de sa cousine. Cette-dernière hocha la tête affirmativement. « C’est vrai. » Charlie se reprit rapidement, elle ne voulait pas dire ça de cette façon. Bubble était déjà assez mal, elle n’allait pas en rajouter. « Non, je veux dire…Enfin, c’est pas ce que je veux dire. » Cela faisait tellement longtemps qu’elles ne s’étaient pas parlées calmement que discuter à nouveau toutes les deux était difficile. Elle ne savait quoi dire, ni comment le dire. « Enfin, c’est juste que c’était bizarre qu’on parle de la famille…de notre famille pendant une dispute. D’habitude on se contente de s’insulter. » Elle laissa échapper un petit rire. Elles s’étaient fait beaucoup de mal, mais dit de cette façon, ça pouvait presque paraître drôle. Elle baissa le regard, un peu gênée. La situation était tellement étrange. On aurait dit qu’elle parlait à une étrangère, une personne qui ne s’exprimait qu'en japonais et qu’elle cherchait les mots pour s’adresser à elle. Bubble et elle parlaient-elles une langue différente maintenant ? Etaient-elles encore capables de se comprendre ? Charlie l’espérait. Elle releva la tête. Il fallait qu’elle dise quelque chose. « Tu te souviens quand on avait huit ans et qu’on avait enterré la théière de grand-mère dans le jardin. Les parents l’avaient cherchée partout et on a fait semblant de l’avoir trouvée chez les voisins pour pas se faire gronder. » Ce souvenir l’a fit sourire. Elle ne savait pas si sa cousine s’en rappelait. Si ce n’était pas le cas, ce serait un peu dur. Contrairement à leurs souvenirs d’enfance elles ne pouvaient pas se remémorer leurs disputes avec nostalgie.

Elle prit le pendentif de son collier entre les doigts. Il avait la forme d’une goutte d’eau. On le lui avait offert pour Noël. Elle se demandait si elle et Bubble auraient été en meilleurs termes si elle avait pensé à lui acheter un cadeau. Cela faisait trois ans qu’elle ne lui avait pas souhaité un joyeux anniversaire, du moins en le pensant réellement. Elle était épuisée de devoir détester sa cousine, elle n’avait plus le courage de se disputer avec elle tous les jours. En la voyant en face d’elle, en se rappelant leur enfance, elle ne pouvait plus. Elle se sentait faible et lamentable. Elle passa sa main dans ses cheveux pour éloigner sa mèche de son visage. Il ne fallait pas qu’elle laisse transparaitre ce qu’elle ressentait. Elle voulait montrer qu’elle était forte et fière, que c’était une Wellington. Qu’elle ne baisserait pas les bras et que s’il fallait encore haïr Bubble elle le ferait. Elle prit un coussin qu’elle posa sur ses cuisses et qu’elle fixa, sa tête appuyée contre le dossier du fauteuil. La fatigue commençait à se faire sentir et elle bailla silencieusement. « J’ai mal dormi cette nuit. » Elle ne pensait pas dire ça. Elle ne voulait pas dire ça. Elle était idiote, ou elle ne savait pas quoi dire. « Quand je dors mal, le matin je suis obligée de m’être plus de maquillage pour pas que ça se voit. Je me sens comme une tête de Barbie sur qui on a dessiné avec du feutre. » Elle aurait pu trouver mieux, qu’est-ce qu’on pouvait répondre à ça ? Elle avait du mal à imaginer Bubble lui dire qu’elle avait totalement raison et lui donner des conseils sur comment avoir l’air naturelle.

Charlie se rendit compte qu’elle, elle ne s’était pas excusée. Après toutes les méchancetés qu’elle lui avait dites. « Et je voulais…je voulais te dire pardon parce que j’ai pas été tendre avec toi non plus. Voilà, pardon. » Même ça, elle n’y arrivait pas très bien. Pourtant, elle voulait que ça marche, qu’elles se réconcilient. Néanmoins, pour ça, il fallait d’abord parler de ce que l’une reproche à l’autre et d’une façon de se supporter mutuellement. Oui ça n’allait pas être évident et peut-être que ça ne marcherait pas, mais elles avaient le temps. Et il fallait que Bubble soit d’accord. « Hum euh…Bubby ? » Cela faisait tellement longtemps qu’elle ne l’avait pas appelée comme ça ! « Tu as envie qu’on redevienne…proches ? » Le dernier mot eut beaucoup de mal à sortir de sa bouche. Au moins, elle lui avait demandé, maintenant la balle était dans le camp de sa cousine.
FICHE ET CODES PAR RIVENDELL
Revenir en haut Aller en bas

I fly like a Raven !

avatar
I am
Bubble C. Wellington

ㄨ Messages : 94
ㄨ Date d'inscription : 06/03/2013


MessageSujet: Re: You can count on me like one, two, three, I'll be there ☆ Bubble Mer 31 Juil - 14:50





You can count on me like one, two, three, I'll be there





Charlie & Bubble
J’ai toujours été d’accord avec l’expression qui dit que, contrairement à ses amis, nous ne pouvons pas choisir notre famille. On nait à l’intérieur et puis c’est tout, rien à faire, impossible de changer. La seule chose que nous puissions faire, c’est s’adapter. S’adapter pour survivre, s’adapter pour grandir et surtout s’adapter pour vivre heureux, ou du moins en toute tranquillité. Respecter les règles, faire ce que nos parents nous demandent afin qu’ils soient fier de nous, afin qu’ils nous laissent nous épanouir. Je n’ai jamais été d’accord avec les principes que me demandaient de respecter les Wellington. Par conséquent, je n’ai jamais été intégré, dans ma famille. Enfant, et encore maintenant, j’ai toujours été le mouton noir. La petite brebis galeuse, la rebelle de la famille, celle qu’il valait mieux ignorer, ou pire, recadrer le plus rapidement possible, la honte, en fait. Cela explique en grande partie que ma relation avec Charlie aujourd’hui soit aussi chaotique. Parce que, petite, quoi que je fasse, ça n’était jamais à la hauteur de ce qu’elle aurait fait. Tandis que je restais bien sagement dans ma chambre pour lire un roman, elle partait étudier à la bibliothèque du manoir. Tandis que je sortais m’amuser, elle posait des questions très intelligente à nos parents. Lorsque je me battais avec ma mère pour porter un pantalon, elle s’habillait avec toutes les robes de petite fille modèle que les adultes lui imposaient, et ce avec le sourire en plus. Charlie, l’enfant prodige, l’enfant attentive, toujours encline à écouter, la Parfaite, comme je m’amusais bien souvent à l’appeler pour la taquiner à cette époque. C’est sûr que moi, Bubble, si vive d’esprit, si souriante, l’amie des elfes de maisons, je ne faisais pas le poids, à côté. Gamine, je crois que j’étais un peu jalouse de ma cousine. Jalouse de cette capacité qu’elle avait à écouter, ou plutôt à gober ce qu’on lui disait sans douter une seule seconde du bien fondée de ce qu’on cherchait à nous apprendre. Les sangs-purs sont les meilleurs, les plus forts. Ils doivent dominer les sang-mêlé, haïr les nés-moldus et les moldus, les mépriser. Point à la ligne. Fini, on obéi. Puis, j’ai grandi. J’ai grandi et j’ai compris que je n’avais pas tort, bien au contraire, que ce qu’avait choisi Charlie, c’était la solution de facilité. Parce que croire sans réfléchir, ça lui permettait de s’attirer les faveurs de son père et de mes parents en un claquement de doigt. A mon exact opposé, moi qui est toujours été en conflit avec mon père, en froid avec ma mère et ne parlons même pas du reste de la famille. Pourtant, avant, cela ne m’a jamais empêché d’être proche de ma cousine. Parce que malgré ce point qui nous éloignait considérablement, nous nous ressemblions beaucoup. Elle ne venait peut-être pas à mon secours lorsque j’avais fait une bêtise, comme l’aurait fait une enfant de mon âge dans une famille normale, mais je ne pouvais pas lui en tenir rigueur. C’est à Poudlard que les choses ont vraiment changé entre nous, je crois. Nous n’étions plus proche, au moment où nous avons fait nos baguages, direction le château, mais nous continuions au moins de nous adresser la parole. Son comportement ici, ses allures de cheftaine, je n’ai pas pu le supporter. J’ai défendu les nés-moldus qu’elle persécutait et cela a déclenché une dispute, puis deux, puis trois, jusqu’au moment où nous n’avons su nous exprimer que par les cris et les insultes.

On voit bien où tout ça nous a mené, aujourd’hui. Assise l’une à côté de l’autre sur le canapé de la salle commune des Serdaigle à se regarder dans le blanc des yeux sans savoir quoi se dire exactement. C’est tellement difficile, de faire un pas vers elle après tout ce qu’il a pu se passer entre nous. J’ai eu tort et je le sais, mais au fond, le pire, c’est que je ne parviens pas à vouloir retirer les paroles que j’ai prononcées la veille. Je regrette de l’avoir blessé, c’est un fait, surtout que je sais que j’ai appuyé bien fort et en plein sur la corde sensible en parlant de sa mère, mais ce que j’ai dit, même sous le coup de la colère, je le pensais au plus profond de moi-même, sinon ça ne serait jamais sorti. Charlie ressemble de plus en plus à sa génitrice. Elle n’est pas encore comme elle, mais si elle continue comme cela, elle le deviendra. Avec le comportement qu’elle adopte, elle en prend vraiment le chemin en tous les cas. Et cela, ça me fait très peur. Parce qu’en dépit de tout ce qu’il a pu se passer entre nous ces dernières années, Charlie reste ma cousine, et je tiens à elle. Oui, même si cela me semble fou, lorsque j’y pense. Alors oui, j’essaie de m’excuser et non, les choses sont loin d’être facile. J’aimerais vraiment qu’elles le soient, pourtant. Là, en cet instant, j’aimerais tout effacer d’un claquement de doigt. Effacer les disputes, effacer les cris, effacer la rivalité qu’il y a eu, et qu’il y aura peut-être encore, entre nous. Mais c’est impossible. Cela ne règlerait pas notre problème, en somme. Nous sommes tellement différente l’une de l’autre ! C’est presque impensable, lorsqu’on sait que nous avons été élevées de la même façon. Pourtant, c’est comme cela. Pour que les choses marchent, si nous le voulons toutes les deux, bien sûr, il va peut-être falloir que nous apprenions à faire avec le caractère et la personnalité de chacune. Faire fit de nos discordes seraient totalement inutile. D’abord parce qu’il s’est passé beaucoup trop ce chose pour que nous puissions oublier et surtout parce que les choses finiraient forcément par exploser à nouveau au visage de l’une ou de l’autre à un moment donné. C’est triste, mais c’est comme cela. Je m’excuse enfin et j’en suis vraiment soulagée, tellement j’avais peur que les mots ne parviennent pas à franchir mes lèvres, tellement ils m’écorchent la bouche lorsqu’ils y parviennent enfin. Oui, ça me fait mal, de m’excuser. Pas que je sois de nature particulièrement fière d’ordinaire, loin de là. Je n’hésite pas à dire pardon, lorsqu’il le faut, mais avec Charlie, les choses ont toujours été différente.

Mon regard azur a enfin trouvé le sien, noisette, et ne le quitte plus. Je suis dans l’attente. Je crois que je crains même un peu sa réaction, sans pour autant que je n’ose me l’avouer. Oui, aujourd’hui, j’ai envie que les choses se passent bien entre nous et j’en suis arrivée à un point où j’ai peur que mes paroles puissent la froisser, alors que, pourtant, je viens de m’excuser. Je n’ai pas envie de m’emporter. Pas de cri, juste pour une fois. Pourtant, lorsque Charlie me répond enfin, nette, tranchante, mes yeux s’écarquillent sous le coup de la surprise. « C’est vrai. » C’est tout ce qu’elle trouve à dire. Jamais je n’aurais cru qu’elle puisse me faire cela. Oui, je suis blessée parce que, mine de rien, je viens de faire un effort considérable en lui présentant mes excuses. C’est sûrement bête à dire, mais j’attendais un minimum de considération de sa part, et par cette phrase, tous mes efforts pour rester calme depuis le début de cette conversation, si l’on peut appeler cela ainsi, viennent de s’envoler. Une ombre passe dans mon regard tandis que je me lève brusquement, prête à protester. Tant pis, une nouvelle dispute va éclater, nous n’en sommes pas à notre coup d’essai en la matière, après tout. « Non mais tu es vraiment sérieuse ? Je m’excuse et… » commençais-je, tentant de maîtriser ma voix montant toujours de volume lorsque la colère la fait vibrer. Ma cousine me coupe, se reprenant. Ça n’est pas ce qu’elle a voulu dire. Je rougis un peu, honteuse de m’être emportée de la sorte. Oui, j’ai démarré au quart de tour comme bien souvent avec elle, je m’en rends compte. Mais c’est plus fort que moi. J’inspire un bon coup tout en me mordant l’intérieur des joues. Puis, les yeux baissés, je m’installe à nouveau à ses côtés sur le fauteuil.

Sa réplique suivante nous fait rire toutes les deux. Ça n’est pas encore des grands fous-rires comme nous avons pu en connaître autrefois, mais disons que c’est déjà ça. Ça doit faire environs quatre ans, que nous n’avions pas plaisanté ensemble, rit, même légèrement, comme nous venons de le faire.  Charlie parle de nos disputes, du fait que l’on s’insulte comme si c’était banal, presque léger, alors qu’au fond, nous savons toutes les deux que ça n’est pas le cas. La famille, ou du moins l’idée que je m’en fais, la plupart du temps, ça s’entraide. Les parents sont là pour les enfants, les sœurs pour les frères et inversement, et les cousines s’entendent bien, elles se confient les unes aux autres. Ou du moins, même si ça n’est pas le grand amour, personne ne se déchire comme nous le faisons. Parce que même si j’ai toujours fais comme si cela ne me touchait pas, comme si j’étais indifférente, me disputer avec ma cousine, ça me demande beaucoup d’énergie. C’est dur et j’en souffre, je souffre des remarques, des choses, parfois vraiment dures, qu’elle a pu me lancer. C’est pour cela, que nous ne parlions pas de la famille. Parce que pour se blesser, pour se fâcher définitivement, c’est la meilleure chose à faire. C’est privé et nous le gardons pour nous. Du moins, c’est ce que nous avons toujours fait jusqu’à hier. Jusqu’à ce que moi, j’aborde ce sujet. Je me suis excusée, maintenant, et même si je regrette je sais que je ne ferais rien de plus. C’est désolant mais c’est comme ça. De toute façon ce qui est fait est fait.

Charlie parle à nouveau et cela me semble nécessaire. Je n’aurais rien pu rajouter d’autre, là. Je suis surprise qu’elle évoque un de nos vieux souvenirs, mais, tout comme elle, je souris. En un sens, j’en ai besoin et ça me fait vraiment plaisir, qu’elle aussi se souvienne de cela. C’est dans des moments comme ceux-ci que je me rappelle qu’elle n’est pas une ennemie, qu’elle est bel et bien ma cousine et qu’ensemble nous avons vécu des tas de choses formidables. C’est aussi là où je me rappelle que ces deux petites filles si semblables et si différentes à la fois qui jouaient à se courir après autour du manoir familial et qui faisaient les quatre cent coups ensemble, ces deux petites filles dont je me souviens encore parfaitement aujourd’hui, c’est nous. En l’occurrence, le souvenir évoqué par Charlie me saute aux yeux et je me rends compte que je n’oublie rien. Nous avions beau être enfant lorsque cela s’est déroulé, je m’en souviens comme si c’était hier. Nous, mortes de rire en enfouissant sous terre cette fameuse tellière, qui, entre parenthèse, était tout simplement horrible, puis nous, jouant les innocentes devant nos parents, prétextant que nous allions essayer de la trouver pour les aider. Enfin, Charlie et moi, chacune tenant une anse de l’objet, des expressions de parfaits petits anges peintes sur nos visages, le ramenant, prétextant l’avoir trouvé chez les voisins. Tout était tellement plus facile, à cette époque. Plus beau, plus simple, aussi. Nous n’avions pas conscience de toutes les épreuves qu’engendreraient la vie, de tout ce que nous allions devoir faire, pour être celle que nous voulions être, et de toutes les choses qui nous sépareraient, surtout. « Bien sûr que je m’en souviens répondis-je à ma grande surprise d’une voix enrouée par l’émotion. Gênée, je toussotais légèrement espérant que ma cousine n’est rien remarquée. Nos conneries, je ne les aie pas oublié tu sais. On en a fait tellement toutes les deux ! ».

Charlie prend son pendentif entre ses mains. Celui qui a la forme d’une goutte d’eau. C’est un cadeau qu’elle a reçu, je crois. Pendant ce temps, je tente de comprendre pourquoi je suis émue à ce point, pourquoi me remémorer le passé me met dans un tel état. J’arrive à comprendre, je crois. Ma précédente observation m’y aide. Elle est ma cousine, je la connais et même en la détestant, je ne peux m’empêcher de la regarder, de la « surveiller » du coin de l’œil. Juste pour savoir si tout va bien, si ses amis sont là pour elle. C’est bête, con, même, je dirais. Un peu triste aussi. Parce qu’arriver à la haïr serait peut-être beaucoup plus facile, je l’oublierais, définitivement, et nous arrêterions peut-être de nous disputer comme nous le faisons depuis toutes ces années. Mais même durant ces années de froid, si jamais elle avait eu besoin de moi, j’aurais accouru. Ma famille, toujours. Ma cousine, mine de rien, c’est la seule Wellington à qui je tiens un minimum. C’est pour ça que ça me fait si mal, de voir comment elle est aujourd’hui, de voir tout ce qui nous oppose. Mais je ne veux pas la perdre définitivement, cette dispute m’en a fait prendre conscience avec brutalité. Et puis de toute façon, me remémorer le passé, ça me ramène inévitablement à quelque chose. Mon enfance, cette période que je juge aujourd’hui bénite, car ça n’était pas encore là, ça n’était pas arrivé. Devoir le cacher à Charlie c’est très dur. Parce que je ne peux m’empêcher de me dire que si elle était au courant, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Parler normalement ne nous semblerait pas aussi étrange, nous pourrions nous confier l’une à l’autre, comme avant. Et puis plus que cela, j’ai besoin de dire cela à quelqu’un. Plus les années passent, plus c’est un horrible boulet, de plus en plus lourd à porter toute seule.

Charlie baille et ça me ramène brusquement à la réalité. Elle m’avoue qu’elle a mal dormi et, bizarrement, cela me fait sourire. Au moins, nous sommes deux. Sa déclaration suivante me surprend, encore une fois, mais j’y réponds, plus par automatisme que pour y avoir véritablement réfléchi, d’ailleurs. Oui, parler chiffon avec ma cousine détesté est définitivement étrange, mais tant pis. Au point où nous en sommes, de toute façon, cette journée ne pourrait pas être plus étonnante. « Ouais, moi aussi j’ai super mal dormi… Te maquille pas comme ça, au pire. C’est joli hein, mais par exemple, aujourd’hui, je trouve que ça fait un peu trop. T’as déjà essayé les baumes qu’on passe sous les yeux ? Juste sur les cernes de sommeil. Franchement je fais ça tout le temps, et c’est juste magique quoi. Après, un trait de mascara et le tour est joué. Les lendemains de… ». Aie. Non non non. Non. Je n’ai pas dit ça. Je n’ai rien dit. Ma main se porte à ma bouche, comme pour arrêter le flot de parole qui menaçait de la franchir. Les lendemains de Pleine Lune. C’est ça, la bombe que j’ai failli lâcher. Je reste choquée, devant l’énormité que j’aurais pu sortir, sans même m’en rendre compte. Pourquoi ? Je ne comprends pas. Jamais je n’ai été aussi proche de révéler mon secret. D’habitude, c’est comme une seconde nature de le préserver. Tellement que je n’y fais même plus attention, maintenant. Je ne pense pas à le cacher, jamais. C’est juste naturel, normal. Jamais je n’en parlerais à personne. Jamais je ne lâcherais des paroles qui risqueraient de me trahir. Et pourtant. La fatigue, peut-être ? Non, même pas. C’est juste que j’ai envie, de le révéler à ma cousine. Tellement que mon inconscient m’y pousse. Un bref instant, je réfléchi, pour trouver comment me rattraper. Mais il est trop tard maintenant de toute façon, je le sais bien au fond de moi. Elle sait que quelque chose n’est pas normal. « Fin’ je veux dire… Euh… Les lendemains de fête, c’est juste parfait quoi. ». J’ai envie de rire devant mes paroles qui sont tellement peu convaincantes mais je m’en abstiens. Déjà parce que cela ne ferait qu’aggraver mon cas, et ensuite parce que Charlie me prendrait définitivement pour une folle, si ça n’était pas déjà fait d’ailleurs. Je me passe une main dans les cheveux, horriblement gênée ne sachant pas comment passer à autre chose, maintenant. Est-ce trop tard ?

Mais non. Peut-être par gentillesse, peut-être par pitié ou encore sans vraiment s’en rendre compte, elle vient à mon secours. Elle enchaine. En s’excusant qui plus est. Tout comme pour moi, c’est laborieux, difficile mais ma cousine y parvint et ses paroles me touchent en plein cœur. Non, c’est vrai qu’elle n’a pas été tendre. Tout comme moi j’ai très bien su la blesser lorsque je le voulais. Nous sommes très forte pour cela, se faire du mal. Pour le reste, c’est plus compliqué par contre. Mais bon, on peut toujours s’améliorer non ? La preuve, il y a deux semaines de cela si on m’avait dit que je me trouverais sur le canapé de la salle commune des Serdaigle à discuter calmement et même à rire, ne serais-ce qu’un peu, avec Charlie, je ne l’aurais jamais cru. Personne ne l’aurait cru, de toute façon. Impensable mais vrai. Nous, les cousines infernales qui passons notre temps à nous chamailler sommes là, face à face et les choses ne se passent pas si mal que cela, jusque-là du moins. Je vais répondre aux excuses de Charlie, lui dire que je la remercie, que je suis vraiment touchée, et que moi aussi, je n’ai pas été douce avec elle mais elle ne m’en laisse pas le temps. Ce surnom, Bubby. Cela fait tellement de temps qu’il n’a pas franchi sa bouche ! Seuls mes plus proches amies m’appellent ainsi, elle n’utilisait ce diminutif que lorsque nous étions gamine. Mes réactions me semblent vraiment exagérés, mais les larmes me montent à nouveau aux yeux, sans que je ne comprenne pourquoi. Je suis fatiguée. Vidée même, je dirais, et je suis toujours à fleur de peau dans ces moments-là de toute façon. Si je voulais qu’on redevienne proche ? Je n’ai aucune réaction, sur le coup, tellement j’étais loin de m’attendre à cela. La journée des surprises, définitivement. Proches, Charlie et moi. Les mots résonnent dans mon cerveau. Ils s’y fraie un chemin, un peu lentement, peut-être, mais en tous les cas, ils ne me semblent pas désagréable, bien au contraire.

Une larme roule sur ma joue avant même que je n’ai eu le temps de la voir venir. Proche. Pour moi, ce mot rime indéniablement avec honnêteté. Parce que je sais qu’avec ma cousine, les choses ont toujours étés différentes. Notre relation, avant, était vraiment fusionnelle, entière, et, lorsque nous étions proches, justement, j’étais incapable de lui mentir, de lui cacher quoi que ce soit. Hors, honnête, je peux difficilement l’être avec elle. Voire pas du tout. « Je… ». Bien sûr, encore, je bafouille. Les larmes envahissent mon champ de vision et je sais que je ne vais pas pouvoir les retenir longtemps. Oui, je suis faible. Mais je n’en peux plus. Devoir me cacher, me préserver à longueur de temps c’est beaucoup trop dur. Je ne peux plus. Je n’y arrive plus, soudainement et je me rends compte que cela fait un moment que ça me guette. « Pardon Charlie, pardon… » Et je me lève. Je fuis, parce que c’est encore la seule chose que je puisse faire. Pour qu’elle ne me voit pas aussi faible, pour garder le peu de dignité qu’il me reste encore. Pour que je ne vois pas dans son regard à quel point je la dégoute, à quel point elle me trouve nulle, vulnérable. Pour qu’elle ne me dise pas encore une fois que je déshonore les Wellington, en étant comme je suis. Non, je ne suis pas comme elle. Sa force de caractère, je la lui envie, quelque part. Parce que le fameux masque, il ne me va pas. Il me colle à la peau mais il me brûle. Je ne sais plus le porter. Je n’ai jamais su, en vérité. Je n’ai pas eu le choix. Il m’a sauté au visage, s’y est agrippé. Mais là, c’est comme s’il venait de se fracasser au sol, s’y briser en mille morceau. Un dernier regard vers la salle commune puis je monte vers les dortoirs. C’est notre dortoir commun, à ma cousine et à moi, mais je ne pense pas une seule seconde qu’elle viendra m’y rejoindre. Elle doit être tellement déçue, là. Je n’ai pas réussi à lui répondre. Pas parce que l’envie m’en manquait, mais simplement parce que je ne pouvais pas. Lui dire non, c’était la perdre et lui dire oui, ça revenait à lui avouer mon secret. Je ne sais pas quoi faire. Définitivement, je suis égarée, enfermée dans ma propre prison. Et tout ce que je peux faire, c’est m’effondrer sur mon lit et fondre en larme, parce que j’en ai besoin, tellement besoin…


« Vie de famille ou de bureau, on se hait mais on ne se quitte pas.  »



© Méphi et Tumblr pour les gifs.


Revenir en haut Aller en bas

Close your eyes and I'll kiss you

avatar
I am
Charlie A. Wellington

ㄨ Messages : 309
ㄨ Date d'inscription : 28/12/2011


Histoire
Age du personnage: 17 ans
Liens:

MessageSujet: Re: You can count on me like one, two, three, I'll be there ☆ Bubble Ven 9 Aoû - 10:42



we’re gonna stick together, know we’ll get through it all
La famille est une richesse, une richesse qu’il faut préserver. Vous partagez avec votre famille les meilleurs comme les pires moments de votre vie. Votre famille vous soutient et vous aime quoi que vous fassiez. Malheureusement cela ne s’appliquait pas aux Wellington et les deux cousines en étaient la preuve. Charlie pouvait être la parfaite petite Sang-Pur que son père voulait qu’elle soit, elle pouvait prouver qu’elle était digne de porter son nom, pourtant sa mère trouvait toujours quelque chose à redire. Elle semblait attendre patiemment que sa fille fasse une erreur pour la rabaisser et lui rappeler qu’elle n’était rien. Lorsque la jolie brune fut répartie à Serdaigle, ce fut une raison de plus pour lui montrer moins d’intérêt. Pas à Serpentard ? Une honte ! Pourquoi tant de haine ? Parce que Mrs Wellington désirait avoir un fils mais malheureusement après avoir accouché de Charlie, le médecin lui annonça qu’elle ne pourrait plus avoir d’enfants. Jusqu’à ce jour sa fille n’en sait rien et ne connait donc pas les motifs de cette inattention. Néanmoins, à la place de la croire et de perdre toute confiance en elle, elle a continué à tout faire pour être à la hauteur. Peut-être que sa mère l’ignorait royalement, mais la prévenance de son père lui suffisait amplement. D’autre part, elle était respectée et même crainte à Poudlard. Elle avait aussi le don de se mettre sous le feu des projecteurs et elle a pris la mauvaise habitude de haïr toutes celles qui sortaient de l’ombre en faisant tout son possible pour qu’elles refassent partie du décor. Elle voulait que tous les regards se posent sur elle, qu’elle obtienne enfin l’attention qu’elle attendait à la base de sa mère.  Quant à Bubble, elle, avait choisi de s’éloigner de sa famille et de leurs idéaux. Elle s’était rebellée, sachant pertinemment qu’elle serait laissée de côté et que sa parfaite cousine serait la fierté de la famille. Eh bien, la fierté de la famille admirait secrètement le courage de Bubble, un courage qu’elle n’avait pas, un courage qu’elle enviait. La fierté de la famille était jalouse de la joie de vivre de sa cousine rebelle. Une jalousie qui s’est accentuée une fois à Poudlard. La rebelle appréciait tout le monde et tout le monde l’appréciait tandis que la fierté de la famille était haïe par les élèves qu’elle humiliait et crainte par d’autres. La fierté de la famille avait bien sûr des amis –minutieusement choisis pour la majorité– mais bien moins que la rebelle. Ensuite Bubble s’est liée d’amitié avec les mauvaises personnes, avec les élèves indignes de l’attention d’une Sang-Pur et les a défendus alors que Charlie se moquait d’eux. Eux désignaient la plupart du temps les nés-moldus. Il y en avait bien peu qu’elle ne persécutait pas et peut-être deux ou trois qu’elle appréciait. Alexander par exemple, ce petit cinquième qu’elle trouvait adorable et à qui elle donnait des cours. Et Lùbelle aussi, néanmoins, elle cachait le mieux possible son amitié avec elle. Devant ses amis, elle lui lançait des regards noirs et méprisants, mais dès qu’elles se trouvaient loin des regards, elles pouvaient parler. La Bleue et Bronze lui avait vaguement parlé de ses parents et de la relation qu’elle entretenait avec eux et a décidé de l’endurcir. Cependant, elle tenait à sa réputation. Contrairement à sa cousine qui traînait avec eux et riaient à leurs blagues affichant sa scandaleuse tolérance envers ces sangs-de-bourbe.

Après s’être remémorés leurs souvenirs d’enfance, qui aurait pensé qu’un jour Bubble et Charlie parleraient d’apparence ? Personne en l’occurrence pourtant c’était bien le cas à cet instant. « Ouais, moi aussi j’ai super mal dormi. » Au moins elles étaient deux ! « Te maquille pas comme ça, au pire. C’est joli hein, mais par exemple, aujourd’hui, je trouve que ça fait un peu trop. T’as déjà essayé les baumes qu’on passe sous les yeux ? Juste sur les cernes de sommeil. Franchement je fais ça tout le temps, et c’est juste magique quoi. Après, un trait de mascara et le tour est joué. Les lendemains de… » Charlie croisa les bras autour de sa poitrine, n’appréciant pas particulièrement que ce soit Bubble qui lui donne des conseils de beauté. Surtout si elle avait raison. Mais, elle ne s’attarda pas sur le sujet car sa cousine ne termina pas sa phrase et porta sa main à sa bouche. Qu’allait-elle dire ? Les lendemains de quoi ? Qu’est-ce qui pouvait être important au point de perturber autant la jeune fille ? Sans vouloir se l’avouer, la belle brune s’inquiétait. Elle s’inquiétait depuis que Bubble avait abandonné le Quidditch. Un sport que petites elles adoraient pratiquer ensemble. Elles s’étaient promis d’intégrer toutes deux l’équipe de leur maison, mais cela ne s’était pas passé comme elles l’espéraient. Elles s’étaient éloignées. Charlie occupait le poste de batteuse, quant à Bubble elle semblait avoir perdu sa passion. Si Charlie était au courant que cette-dernière était un loup-garou ! Tout serait bien sûr plus clair et peut-être que cette révélation les rapprocherait ? Bubble termina sa phrase après un moment de réflexion. Les lendemains de fête… La belle brune lui lança un regard interrogateur puisque même son interlocutrice n’avait pas l’air convaincue par ses paroles. Néanmoins, elles n’étaient pas prêtes à se confier alors qu’elles arrivaient à peine à discuter du beau et du mauvais temps. Charlie tenta donc de changer de sujet, ce qui apparemment soulagea Bubble. Elle s’excusa tout d’abord puis prononça le surnom de sa cousine. Bubby. Depuis combien de temps ce mot n’avait pas franchi ses lèvres ? Huit ans ? Mais ce qu’elle exprima après fut encore plus difficile à dire. Elle demanda à Bubble si elle voulait qu’elles redeviennent proches. Elle s’en voulut presque immédiatement. Elle détestait laisser son côté sentimental prendre le dessus et avait toujours montré l’image d’une jeune femme forte. Une image à laquelle elle se raccrochait tant bien que mal. Ses faiblesses étaient dissimulées sous une couche de superficialité et de mépris. Elle ne les laissait transparaître que très rarement, la veille par exemple. Lorsque Bubble parla de sa mère. Pouvait-elle réellement rester de marbre ? Lui lancer un regard noir et transperçant et l’insulter comme si de rien n’était ? Non, elle en était incapable. De plus, si elle l’avait fait elles ne seraient pas là à parler calmement toutes les deux et elle ne lui aurait jamais posé LA question. D’autre part, elle ne cessait de se demander si c’était vrai, si elle avait quelque chose à voir avec cette femme, si leur ressemblance n’était pas que physique. Elle détourna un instant le regard, pour éloigner cette pensée de son esprit. C’était le seul sujet de discussion qu’elle abordait mais qu’elle était incapable de traiter, même avec ses amis les plus proches –sauf Kyra qui elle aussi avait manqué de l’affection d’une mère. Elle avait peur de reconnaître qu’elles n’étaient pas si différentes que ça. En tous cas, jamais elle ne se comportera de la sorte avec ses enfants. Elle fut touchée en voyant une larme couler sur la joue de sa cousine. Un sourire glissa sur son visage. Un sourire témoignant d’un attendrissement qu’elle essaya de cacher rapidement. Sa cousine allait-elle accepter ? La réponse lui fit peur. Si Bubble refusait, elle serait blessée mais sa fierté en prendrait un coup. Surtout qu’elle venait de mettre la dite fierté de côté pour poser LA question (elle l’appellerait comme ça sûrement longtemps). Son interlocutrice se mit à pleurer. Charlie tendit le bras pour serrer la main de cousine dans la sienne, mais elle s’en voulut aussitôt. Elle avait fait le premier pas et c’était à Bubble de réagir maintenant pas à elle ! Pourtant son cœur se serrait de plus en plus. Elle baissa son regard pour ne pas avoir à assister aux pleurs de cette personne autrefois si chère à son cœur. Cette-dernière s’excusa. Pourquoi ? Charlie le comprit quelques secondes plus tard en voyant Bubble partir. Elle se leva d’un bond, prête à la suivre, mais elle s’arrêta. Elle n’avait pas eu de réponse et se demandait si elle la voulait réellement. Si elle partait, si elle sortait, si elle s’enfuyait pour rester avec ses amis, cet épisode de leur vie serait sûrement effacé. Elle regarda la porte de la sortie puis celle de son dortoir. Elle se laissa bêtement emportée par ses émotions et rejoignit sa cousine. Elle l’observa un moment sans rien dire. Elle désirait la prendre dans ses bras, la serrer contre elle, lui assurer qu’elle pouvait tout lui dire. Mais, était-elle prête à entendre les confidences ? Et ne cessait de se répéter que sa question restait sans réponse et elle ne pouvait se détacher de cette pensée. Une chance que la pièce soit vide, c’était assez dur comme ça. Comment expliquer la situation aux regards stupéfaits de leurs camarades ?

Charlie s’approcha lentement et s’assit dans le lit voisin à celui de sa cousine. Elle voulait être là, mais préférait rester éloignée. Elle sentit quelque chose d’humide sur sa joue. Non, elle n’avait pas le droit. Il ne fallait pas qu’elle pleure, il fallait qu’elle soit forte pour son elle, pour son image…pour Bubble. Elle respirait difficilement et se détesta pour ce qu’elle allait faire avant même de l’avoir fait. Elle aida la jeune fille en larmes à se redresser et lui offrit son épaule pour pleurer. Elle passa maladroitement le bras autour des épaules de la jeune fille en larmes et s’en voulut. Elle s’en voulait toujours de ne pas être assez forte pour laisser les gens se noyer dans l’eau salée qui coulait de leurs yeux. Elle hésita à lui caresser les cheveux, mais abandonner cette idée qu’elle jugea idiote. « Arrête de pleurer. » Elle s’obligeait à prendre un ton froid, mais la dernière syllabe trahissait une tristesse et une tendresse qu’elle ressentait envers la jeune fille en larmes. Sa cousine. Une partie essentielle de sa vie. Tout d’abord parce qu’elles avaient grandi ensemble, et qu’aussi dur que cela pouvait être de l’admettre, leurs disputes étaient presque essentielles. Elles se défoulaient l’une sur l’autre, se disaient tout ce qu’elles avaient sur le cœur, se parlaient. Même si c’était avec des cris. « S’il te plait, arrête. » Là, elle était presque suppliante. Elle était incapable de supporter les sanglots et les larmes chaudes qu’elle sentait dans son cou. Elle aurait pu imiter à la perfection la respiration saccadée de Bubble. Elle ne tiendra pas longtemps. Pas longtemps du tout. « C’est dur pour moi aussi, OK ? Tu dois arrêter de pleurer parce que...parce que t'es forte, d'accord ? Parce que tu peux pas te permettre de montrer tes faiblesses à tes ennemis. Là c'est moi en l'occurrence, mais sèche tes larmes quand même. Et faut que tu me répondes pour que je sache. Je peux pas te consoler pour qu’au final tu me dises que tu veux pas qu’on redevienne amies. Si c’est le cas, dis-moi. Ne t’inquiète pas, je ne vais pas te laisser seule. Je peux chercher une de tes amies pour qu’elle vienne. Tu en as tellement ça va pas être dur d’en trouver une. » Il y avait une pointe de jalousie et peut-être même de reproche dans sa voix. « Mais après, je… » Elle ne finit pas sa phrase. Même elle ne savait pas exactement ce qu’elle voulait dire. Qu’elle ne fera plus partie de sa vie ? Que même leurs disputes ne seraient qu’un souvenir ? Parce qu’elle n’était plus capable de la détester, pas après ça. Elle s’éloigna un peu, pour regarder Bubble dans les yeux. Il fallait qu’elle lui réponde, elle avait besoin qu’elle lui réponde.
FICHE ET CODES PAR RIVENDELL
Revenir en haut Aller en bas

I fly like a Raven !

avatar
I am
Bubble C. Wellington

ㄨ Messages : 94
ㄨ Date d'inscription : 06/03/2013


MessageSujet: Re: You can count on me like one, two, three, I'll be there ☆ Bubble Sam 18 Juil - 0:04





You can count on me like one, two, three, I'll be there





Charlie & Bubble
Pour mes amies, et même pour la plupart des élèves de Poudlard qui m’avaient vu évoluer au fil des années, j’étais plutôt quelqu’un d’ouvert. Je n’allais pas révéler ma vie au premier venu, loin de là, mais j’avais tendance à accorder ma confiance assez facilement à ce qu’il me semblait. Je partais toujours du principe qu’il valait mieux laisser une chance à quelqu’un et tenter de bien s’entendre avec lui que de se méfier ou de ne rien tenter du tout. Cela pourrait certainement, dans le futur, entraîner des déceptions mais je n’en avais cure. Au moins, je pourrais dire que j’avais essayé. À mes plus proches amies, je n’avais aucune difficulté à me confier. Je paraissais quelqu’un d’entière, de droite. Je paraissais n’avoir aucuns secrets, je le savais. Et pourtant. Pourtant, comment réagiraient-ils, tous, s’ils savaient ? Comment vivraient-t-ils le fait de savoir que j’étais un tel monstre ? Certes, la société sorcière avait évolué depuis la dernière guerre et ce notamment à propos des opinions sur la pureté du sang. Du moins, c’est toujours ce que j’avais pensé avant d’arriver à Poudlard et de voir la hiérarchie qui s’était petit à petit installé ici ; au final, malgré les années, c’est toujours eux – nous, devrais-je dire étant donné que je faisais moi aussi partie des sang-purs, à mon plus grand damne – qui cherchaient à prendre le pouvoir sur les autres. Cependant, malgré les actes héroïques dont avait fait preuve Remus Lupin, décoré à titre posthume de l’ordre de Merlin, les sorciers n’avaient pas réellement changé d’avis sur les loups-garous, je m’en rendais bien compte. Pour la plupart des gens, les loups étaient des monstres, des atrocités de la nature qui n’aurait jamais dû pouvoir exister. Les plus extrêmes pensaient même qu’il fallait les tuer dès qu’ils avaient été mordus afin d’éviter que la maladie se répandent comme une trainé de poudre. La preuve en était que même si les temps étaient censé avoir évolué, je me retrouvais tout de même à devoir cacher ma condition au reste du monde. À avoir honte d’être telle que j’étais, parce que je savais que je serais rejeté par la plupart des habitants de ce château si quiconque l’apprenait. D’autre part, et dans le fond c’était certainement ça le pire, je ne parvenais pas à donner totalement tort à l’opinion générale. Il n’y avait rien de glorieux à se voir pousser des poils et des canines une fois par mois, rien de glorieux à savoir que si jamais je ne prenais pas ma potion, je pourrais tuer le premier pauvre type qui aurait le malheur de se trouver sur ma route, voire pire, lui faire endurer le même calvaire que moi. J’étais heureuse. Du moins, je tentais réellement de l’être. Mais ma condition qui se rappelait à moi sans cesse, à travers la marque que je portais mais aussi mes humeurs changeantes et mes transformations, était une réelle entrave, une épée de Damoclès qui planait sans cesse au-dessus de ma tête.

Pourtant, malgré cette réalité, malgré le fait que pour rien au monde je n’aurais voulu que quelqu’un soit au courant de ma condition, j’avais gaffé devant Charlie. J’avais gaffé comme jamais je n’aurais cru qu’il me soit possible de le faire. Protéger mon secret était comme une seconde nature pour moi, alors pourquoi avoir failli le lui révéler de manière aussi ridicule ? Je ne comprenais pas. Ça me faisait extrêmement peur de réaliser qu’en réalité tout ne tenait qu’à ça : un mot de ma part, une parole de travers et j’étais grillée. Heureusement pour moi, malgré un regard interrogateur, ma cousine ne m’interrogea pas outre mesure. Elle s’excuse à son tour, ce qui je le sais lui demande beaucoup, et me demande si je veux que nous redevenions proche. Naturellement, cette question me surprend. Nous mettons et l’une et l’autre tellement d’énergie dans nos disputes qu’il semble presque impossible que nous parvenions à nous entendre. Mais l’espace d’un instant, je réalise que j’ai envie d’essayer, réellement. Que nos cris, notre haine permanente me fatigue bien plus que je n’ai bien voulu l’admettre jusque-là. Faire semblant de se détester, c’était la solution de facilité, pour elle comme pour moi. C’était le moyen le plus évident de contourner toute nos différences. Dans un sens, peut-être en avions-nous simplement besoin ? Peut-être que nous hurler dessus avait tout de même été un moyen de communication ? Un moyen peu conventionnel, certes, mais un moyen quand même. Nous n’avions pas cessé purement et simplement de nous adresser la parole. À aucun moment en sept ans passés ensemble à Poudlard. Si nos querelles étaient devenues mémorable, il y avait bien une raison. Cela faisait partie de ma vie quotidienne que de me disputer avec Charlie, au même titre que toutes les autres activités que je menais au château.

La tristesse et l’angoisse me submergèrent de toute part sans que je n’aie le temps de les voir venir. Très vite, trop vite à mon goût, je réalise ce que pourrait impliquer le fait de redevenir proche de ma cousine, comme avant, en quelque sorte. Je serais incapable de lui mentir, de lui cacher quoi que ce soit. Ne pas lui révéler mon secret avait déjà été difficile, alors que nous étions supposées nous détester. Alors pourrais-je le lui cacher si nous venions à déjeuner ensemble, à faire des sortis ensemble, à passer des heures à discuter ensemble ? Bien sûr que non. J’en étais absolument convaincue. Si j’acceptais sa demande, j’allais flancher, à un moment ou à un autre, et elle allait me détester réellement cette fois-ci. Pas pour mon prétendu caractère ou mes idéaux mais pour ce que j’étais devenue malgré moi. Une larme roula sur ma joue à cette idée, puis une autre et bientôt ma vue se brouilla. Plutôt que d’exploser en sanglot au milieu de la salle commune, je parvins à m’excuser maladroitement avant de partir à grandes enjambées vers mon dortoir. Elle allait me haïr maintenant, mais c’est tout ce que j’avais été capable de faire ; fuir, comme une lâche.

Laissant libre cours à ma tristesse, je me jette sur mon lit et ne fait rien pour arrêter les perles salées qui roulent sans interruption sur mon visage. Pleurer, c’est encore la seule chose que je puisse faire dans cette situation. La seule et unique chose qui me soulagera un tant soit peu. Ça ne règlera rien, certes, mais j’en ai besoin. Je me rends compte de la présence de Charlie uniquement lorsque je sens sa main secourable venir m’aider à me redresser. Elle m’enlace maladroitement, m’offrant ainsi son épaule pour pleurer. Je n’ai pas le moindre mouvement de recul. Je suis bien trop triste, j’ai bien trop mal pour penser ne serait-ce qu’un seul instant à la repousser. De toute façon, en y réfléchissant je me rends compte qu’égoïstement certainement, je n’en ai pas la moindre envie. J’ai besoin qu’elle soit là à ce moment précis, elle et personne d’autre. Pas une amie, pas même Nicholas dont je suis pourtant si proche. Elle, mon sang, ma famille. La seule des Wellington qui compte encore à mes yeux. Certes, nous ne sommes pas les meilleures amies du monde, loin de là. Elle n’a aucune idée de ce qui se joue en moi actuellement, mais je m’en moque. J’ai… besoin d’elle. Oui. Sa voix si dure lorsqu’elle me demande, m’ordonne sans doute, de m’arrêter de pleurer me fait grimacer. Je me sens tellement faible, là, à sangloter sur son épaule. N’est-ce pas avec elle que je me disputais encore la veille ? Malgré l’incertitude qu’à provoquer ce moment pour nous deux, parce que j’ai franchi une ligne invisible en parlant de la famille, il me semble à des années-lumière de moi maintenant. Elle me le redemanda, d’une voix plus douce, presque suppliante cette fois-ci. Est-ce aussi dur que cela pour elle de m’entendre pleurer ? Elle devrait ‘en moquer pourtant non ? Cela me semble fou qu’elle soit encore là alors que je l’ai planté sans répondre à la question qui est si importante pour nous deux quelques instants plus tôt. Elle est certainement là pour ça d’ailleurs. Pour avoir une réponse. Une réponse que je suis, pour l’heure, totalement incapable de lui donner.

Sa voix raisonne à nouveau et je tente de me concentrer dessus pour me calmer. Elle me dit que c’est dur pour elle aussi. Si seulement elle savait… Ce n’est pas seulement dur pour moi. C’est douloureux. Physiquement, parce que ma marque, dissimulée pour l’heure sous un foulard, me fait atrocement souffrir. Et mentalement, bien sûr. Parce qu’elle me demande quelque chose que je suis incapable de lui donner, que je ne peux pas lui donner sans trahir mon secret. Elle m’explique que mes pleurs doivent cesser, parce que je suis forte. Que je ne peux pas montrer mes faiblesses à mon ennemi. Qu’en l’occurrence il ne s’agit que d’elle, mais que je dois quand même sécher mes larmes. Bien entendu, elle ajoute qu’elle veut une réponse. Que je la lui dois, et elle a raison. Qu’elle ne peut pas me consoler pour qu’au final je lui réponde que je ne veux pas que nous redevenions amies. Elle me promet que si je refuse sa proposition, elle ne me laissera pas seule, qu’elle ira chercher quelqu’un pour m’aider. Je suis surprise de la pointe de jalousie que je sens dans sa voix, lorsqu’elle remarque que ce ne sera pas difficile, parce qu’il y a beaucoup de personnes qui sont là pour moi. Pas réellement en fait. Je m’entends bien avec tout le monde, certes, mais je n’ai pas tant d’amis proche que cela. Nous comprenons toutes les deux très bien ce qu’elle dit ensuite, même si elle ne finit pas sa phrase. Si je fais ça, si je l’envoie chercher quelqu’un d’autre, elle ne sera plus là du tout, même à travers nos disputes. De toute façon, il semble impensable que les choses redeviennent normale, après la conversation que nous venons d’avoir. Après les excuses que nous nous sommes mutuellement faîte. Je ne sais pas ce que je peux lui répondre, mais je sais que je ne veux plus me disputer avec elle. Je ne veux plus la haïr. Nos différences sont et restes bien présentes, certes, mais je veux que nous tentions de les surmonter. Je veux lui accorder le bénéfice du doute. Je crois que j’ai vraiment besoin que les choses marchent entre nous. Mais comment, alors que je ne pourrais pas être honnête avec elle ?

« Ne… Ne pars pas… » Je suis surprise moi-même par le son de ma voix. Je ne sais pas encore ce que je veux faire, mais j’ai besoin qu’elle reste. J’ai parlé doucement, c’est presque un murmure qui s’est échappée de mes lèvres. Mais surtout, je la supplie, vraiment. Ma belle assurance est partie, le masque s’est brisé. « Ne pars pas s’il te plait… » je lui répètes, l’angoisse me tordant l’estomac à l’idée qu’elle puisse m’abandonner maintenant. Reprenant doucement ma respiration, je parviens enfin à me redresser et à sécher un peu mes larmes. Elles continuent de couler doucement, mais je peux me maitriser. Du moins, je crois en être capable. « Je dois être forte tu as raison. Mais je n’y arrive pas, je n’y arrive plus… » Mes paroles ne doivent avoir aucuns sens à ses yeux. Ça fait tellement longtemps que je tente d’être forte. Tellement longtemps que je réprime les cauchemars qui me réveille en sursaut la nuit, que je fais comme si ma vie était normale et comme si je ne souffrais pas de la situation. Je suis lasse, je n’ai plus envie de mentir. J’ai juré à mon père que je ne révèlerais cela à personne, mais pour la première fois j’ai envie de rompre mon serment. Après tout, pourquoi devrais-je lui obéir ? Pour mon bien, certes. Ce n’est pas tellement ma promesse qui me retient, mais bel et bien la réaction que pourrait avoir Charlie si elle savait. Agirais-t-elle comme le lui avait inculqué son cher père ? Me haïrait-elle ? Aurait-elle envie de me voir mourir ? Je ne l’en crois pas capable. Mais j’ai tellement honte de ce que je suis qu’il me semblerait presque logique qu’elle puisse avoir honte de moi, elle aussi. Elle aurait une bonne raison, cette fois-ci. Je prends une grande inspiration, plongeant mon regard dans le sien afin de pouvoir au mieux jauger de sa réaction. « Je… veux te répondre, vraiment. Je ne veux pas que tu partes, je ne veux pas que nous ne soyons plus rien, l’une pour l’autre. J’ai… » Besoin de toi ? Oui, mais ça je ne suis peut-être pas encore prête à le lui avouer, du moins pas comme ça. « … envie que ça marche. » C’est déjà un bon début, au moins, elle sait que je ne songe pas du tout à refuser sa proposition. Ce n’est pas ça le problème. C’est tellement compliqué, en réalité. « Mais… » Je marque une pause, tentant de rassembler mes idées. Comment faire, comment lui faire comprendre ? Je suis totalement perdue et même si une part de moi meurt d’envie de lui dire la vérité, l’autre redoute bien trop sa réaction pour la lui avouer de but en blanc de cette manière. « Il y a quelque chose que je cache depuis longtemps. Et je sais que si on arrive à s’entendre je ne pourrais pas te mentir, pas à toi aussi… » Je baisse les yeux. J’aimerais tant être capable de tout lui dire mais je n’en ai pas la force. Je ne sais pas comment m’y prendre et la peur me paralyse littéralement. Cependant, lui avoir avoué que j’avais un secret est certainement un bon début. Pas le genre de secret que tout le monde a, bien évidemment, et j’espère qu’elle le comprendra à travers mes paroles.


« Dans la famille, on doit se supporter ; chacun a ses défauts. Il ne faut pas trouver des injustices partout. La faiblesse humaine est toujours là. »



© Méphi et Tumblr pour les gifs.


Revenir en haut Aller en bas


I am
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: You can count on me like one, two, three, I'll be there ☆ Bubble

Revenir en haut Aller en bas

You can count on me like one, two, three, I'll be there ☆ Bubble

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

Sujets similaires

-
» Des idées pour un model "count as jokaero weaponsmith"?
» can you whisper as it crumbles and breaks, as you shiver, count up all your mistakes (10/04, 9h21)
» If you play, you play for keep. Take the gun and count to three. x Alys
» you can count on me like 1, 2, 3 and I'll be there || Evan
» You can count on me like one, two, three [feat. Jaemin]
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Hogwarts, magic castle of wizards :: Tour de Serdaigle.-