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« La moquerie est souvent indigence d'esprit. » (La Bruyère) - Séra

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Lauren A. Smith

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MessageSujet: « La moquerie est souvent indigence d'esprit. » (La Bruyère) - Séra Sam 2 Mar - 0:39

Poudlard. Rien que ce nom sonnait, aux oreilles de Lauren, comme synonyme de réconfort. C’était l’endroit que Lauren préférait au monde. Celui où elle se sentait vraiment en sécurité. Et entourée de gens qui veillaient vraiment sur elle. Et non de tueurs qui craignaient à chaque parole qu’elle prononçait qu’elle allait trahir leur plus sombre secret. Ici, Lauren bénéficiait de l’attention d’adultes qui l’appréciaient vraiment, ou pas, par ailleurs, mais dont leur opinion se basait sur ce qu’elle faisait, au jour le jour, et non sur ce qu’elle savait d’eux. Et, croyez-en l’expérience de Lauren, ça changeait. Tout ! Sans oublier que c’était ici que se trouvait la plus grande majorité des personnes qui comptaient le plus dans sa vie. Alors certes, pour l’heure, la situation avec Adrian n’était pas réglée, le jeune homme continuait à draguer à tout va juste sous le nez de la rouquine, mais la Serdaigle préférait nettement être ici qu’avec ses parents. Même si c’était loin d’être facile tous les jours ! Car entre Adrian et ses pimbêches, et Charlotte accompagnée de son troupeau de moutons qui semblait prendre un malin plaisir à tourmenter la jeune sorcière, on ne pouvait pas dire que Lauren n’avait pas régulièrement envie de tout plaquer. Faire ses valises pour les prochaines vacances en faisant croire qu’elle allait les passer chez ses parents. Et tenter en réalité de vivre seule, à Londres ou ailleurs. Voyager pourrait lui changer les idées. Alors oui, parfois, elle se surprenait à rêver à ce que pourrait être sa vie si elle en avait le courage. Ou la lâcheté, tout dépend du point de vue. A vrai dire, elle-même oscillait entre les deux termes pour qualifier ses envies, et c’était bien évidemment au fil des ses pensées et au gré des jours. Et, aujourd’hui, l’état d’esprit de Lauren ne cessait d’osciller entre les deux modes de pensées. La rouquine était en ce moment même assise sur les marches qui permettaient d’accéder au hall d’entrée, adossée contre la marche derrière elle, un livre sur les genoux. Contrairement à certaines de ses camarades, elle n’était pas réputée pour être constamment entourée, et ça ne la dérangeait vraiment pas, bien au contraire. Elle avait besoin de moments de solitude pour se retrouver en tête à tête avec elle-même. Son esprit était du genre à fourmiller de mille et une idée à chaque instant, alors ses moments de solitude lui étaient utiles pour qu’elle mette de l’ordre dans son esprit. De plus, elle avait grandit en tant que fille unique, et n’avait été que très peu entourée d’autres enfants de son âge. Alors être toujours entouré ne lui plaisait guère, lui donnant au contraire l’impression d’étouffer. N’allez toutefois pas croire qu’elle n’aimait pas avoir du monde à ses côtés. Disons juste qu’elle appréciait cela, mais pas en permanence. Car oui, elle aimait être avec ses amis, qu’elle adorait plus que tout, et pour qui elle serait prête à tout !

Tournant délicatement les pages, la jolie rousse tâcha de se concentrer sur sa lecture. Et pour une fois, ça n’était pas un manuel scolaire. Même s’il s’agissait d’un livre qu’un professeur avait suggérer à ses élèves de lire pour leur année. Mais ça n’était pas une lecture obligatoire. Et Lauren aimait lire. Bon, OK, elle était du genre à dévorer tous les livres qu’elle trouvait, et encore plus lorsqu’ils étaient conseillés par ses enseignants ! Mais ne la blâmez pas : Lauren fait partie des intellos qui assument, et qui aiment étudier ! Et c’était d’ailleurs son goût pour les études qui parvenait bien souvent à la convaincre de rester ici (avec, entre autre, son peu de désir à quitter ses amis !) Se passant une main dans sa longue crinière flamboyante, son attention fut alors détournée par des rumeurs qui s’élevaient, dans le parc. Intriguée, elle leva les yeux de son livre, pour voir, non loin d’elle, un petit cercle de sorciers discuter entre eux. Ils étaient assez près pour qu’elle les reconnaisse, mais trop loin pour qu’elle entende clairement ce qu’ils disaient, ne captant que quelques mots, à cause du vent qui soufflait... Elle parvint à reconnaître Charlotte, avec quelques fidèles de sa cour. Ils étaient regroupés autour de 3 sorciers (2 filles et un garçon), qui n’excédaient pas la 4ème année. Au centre du cercle, avec les trois jeunes, se trouvait donc Charlotte, souriante. Mais son sourire n’avait rien d’amical. Lauren le savait, pour l’avoir déjà vu il y avait quelques jours seulement. Certes, le sourire qu’elle faisait actuellement était plus chaud que celui que Lauren avait pu avoir l’autre jour, mais elle voyait bien les fissures derrière le masque de Charlotte. Et parce qu’elle avait conscience de la noirceur qui habitait l’âme de la Serpentarde, la Serdaigle ne put retenir un frisson de crainte, qui glissa le long de son échine, telle une bête rampante. Elle secoua la tête pour faire disparaître ce frisson désagréable, tout en veillant à ne pas perdre sa page, glissant un index entre les feuilles pour ce faire.

Son regard ne pouvait quitter la scène, comme si elle n’était qu’une moldue assistant à une corrida, tandis que la mise à mort approchait. Fronçant les sourcils, elle en vint à se demander pourquoi les enseignants se laissaient-ils berner par Charlotte ? N’étaient-ils pas plus intelligents que cela pour ne pas constater la noirceur qui brillant dans son regard ? Le venin qui résidait dans ses paroles ? La folie qui guidait chacun de ses pas ? Que les élèves aient pu se faire dupé était une chose : ils n’avaient pas forcément les armes pour déchiffrer les comportements des autres. Mais les adultes devaient être en mesure de le faire, non ? Penchant la tête sur le côté, alors que le petit jeu malsain continuait en face d’elle, elle ne pût s’empêcher de souffler, pour elle-même : « Mais pourquoi est-ce qu’elle fait ça ? » C’était sans doute la plus grande interrogation de Lauren au propos d’une de ses camarades de classe. Et dire que les amis de Charlotte semblaient tous s’amuser de la scène, aucun ne cherchant à intervenir. Pire, même, s’ils s’y mêlaient, c’était pour en rajouter une couche !

Mais si Lauren avait été plus attentive, elle aurait remarquée qu’il manquait une fidèle à Charlotte parmi son entourage. Et la plus fidèle de toute : Séraphina, la meilleure amie. Et manque de chance pour Lauren, la jolie blonde était en ce moment même derrière elle, et avait de ce fait pu entendre ce qu’elle venait de dire. Et s’apprêtait, de ce fait, à répondre à la Serdaigle... Non sans moquerie, c’est à parier... Lauren avait jouée de malchance : jusqu’à il y a quelques courtes minutes seulement, elle était seule sur les marches. Mais la Serpentarde était arrivée à l’instant. Silencieusement. Et ce, intentionnellement ou non, allez savoir, avec les Serpents, tout est possible...
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Séraphina C. Black

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MessageSujet: Re: « La moquerie est souvent indigence d'esprit. » (La Bruyère) - Séra Mar 5 Mar - 1:40

Lauren&Séraphina
J’avais l’impression que cela faisait une éternité que j’étais là. Installée à la bibliothèque, les yeux mi-clos, j’avais trouvé une place parfaite. Celle, dans un coin, dans laquelle vous pouvez voir tout le monde mais où vous êtes difficilement visible. A la base, si j’étais venue ici, c’était pour travailler bien sûr. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que j’étais fière de moi. Je n’avais pas cours cette après-midi et dehors il faisait super beau, cela faisait des semaines que ça n’était pas arrivé. J’aurais aisément pu sortir dans le parc faire une petite balade, comme Charlotte me l’avait proposé d’ailleurs, mais j’étais d’humeur travailleuse, et plutôt solitaire également. Je ne disais pas ça en pensant à ma meilleure amie bien sûr. Le lien qui nous unissait était tellement fort, tellement incompréhensible pour le commun des mortels, qu’avec elle, j’aurais pu rester éternellement sans que cela ne me pose aucuns soucis. C’est plutôt mes autres camarades que je n’avais pas envie de voir pour le moment. J’avais donc passé plusieurs heures dans l’antre des Serdaigle, me déplaçant de manière assez régulière entre la table où j’étais installée et les nombreux étalages de livre pour trouver mon bonheur. Deux grosses pochettes posées devant moi, des parchemins noircis d’encres un peu partout sur ma table, j’avais travaillé, cela était certain. J’avais d’ailleurs remarqué à plusieurs reprises que les rares personnes ayant réussi à découvrir mon petit coin me lançaient des regards interloqués. C'est vrai, à Poudlard je n’étais pas vraiment réputée pour être une élève studieuse, loin de là. C’était plutôt tout l’inverse en fait. Mais les ASPICS approchaient à grand pas, je m’en rendais de plus en plus compte, il avait donc été grand temps de me faire des fiches qui me serviraient à réviser d’ici quelques mois. Oh, bien sûr, je ne m’inquiétais pas le moins du monde pour mon avenir ne vous méprenez pas. Quelque soient les résultats obtenus aux examens, je faisais confiance à mon père pour me dénicher une place de choix au ministère. Mais j’avais pour objectif de les réussir brillamment, pour faire la fierté de mes parents, et la mienne par la même occasion. De plus, rentrer dans les rangs en travaillant au ministère comme tous les Black avaient pu le faire avant moi ne m’intéressait pas vraiment, il faut l’avouer. J’aurais aimé casser un peu les traditions, et surtout exercer un métier dans lequel je serais performante, et un métier que j’apprécierais réellement par la même occasion. Pour cela, je ne me faisais pas trop de soucis. L’idée lumineuse qui me manquait pour le moment arriverait en temps voulu, et surtout ça n’était pas vraiment le genre de tradition à laquelle mon paternel était réellement attaché. Du moment que je respectais les préceptes enseignés sur la pureté du sang, tout devrait très bien se passer pour moi. Etant donné la valeur que j’apportais audits préceptes, il n’y avait pas d’inquiétude à avoir de ce côté-là.

J’avais donc travaillée une bonne partie de l’après-midi, sans m’accorder ne serais-ce qu’un moment de détente, et cela m’avait été plutôt bénéfique. Mes devoirs pour les semaines à venir étaient largement avancés, et mes fiches de révision aussi.

Depuis ce matin, je sentais la migraine qui menaçait de m’assaillir arriver, mais je l’avais ignoré royalement, songeant que travailler était certainement la meilleure solution pour éviter qu’elle n’arrive. Cependant, cela c’était bien produit. Heureusement, j’avais connu pire et j’en avais profité pour tenter à nouveau l’une des quelques méthodes que l’on m’avait donné pour contrôler mon don au mieux. J’étais comparable à une éponge en fait, absorbant continuellement toutes les émotions et toutes les énergies qu’il y avait autour de moi sans aucuns moyens durables pour y remédier. Parfois, ces émotions étaient positives et cela était bénéfique pour moi. Mais cela durait rarement. Car nous oscillons à longueur de temps entre des sentiments positifs et des sentiments négatifs. Et ces oscillations étaient généralement ce qui entrainait la migraine. Pour la calmer, la seule solution était alors de se fermer au monde extérieur, tout simplement. Tenter de se retrouver seule avec soi-même. Facile, en théorie. Car cela demandait un état de concentration que j’étais rarement capable d’atteindre. Pourtant, à l’instant où les maux de tête étaient arrivés, je m’étais juré d’y arriver, quel que soit le temps que ça prendrait. J’étais restée plus d’une heure les yeux fermés, tentant de faire le vide dans mon esprit et de respirer profondément, tout simplement. Le fait de penser seulement « inspirez », « expirez » m’avait beaucoup aidé. D’émotions particulièrement forte que je ressentais, venant à chaque fois d’un individu en particulier que j’arrivais à identifier sans problème, j’étais passée à un méli-mélo de sentiment venant d’un groupe. Cette étape n’était pas vraiment agréable à franchir, car elle faisait la plupart du temps apparaitre une légère nausée, mais j’avais tenu bon. Maintenant ? Je souriais. Pas d’un sourire hypocrite, pas d’un sourire sadique comme il était coutumier d’en voir sur mon visage, mais d’un vrai sourire. Un sourire témoignant du profond bien être qui m’habitait. Parce que pour la première fois depuis des semaines, seules mes propres émotions étaient en moi. Celle des autres ? Elles semblaient bien loin pour une fois. Cette sensation était très étrange pour moi. C’était comme une renaissance. Une renaissance particulièrement agréable à vivre. Mon don je l’aimais bien sûr. Il faisait partie entièrement de ma personne. Mais si j’arrivais à le mettre en « pause » comme je l’avais fait cette après-midi dès que je le souhaitais, les choses seraient vraiment plus faciles à gérer pour moi. Malheureusement, ça n’était pas encore possible, et ma concentration ne tenait qu’à un fil. Un évènement vint me le prouver : j’entendis un groupe d’élève rire non loin de moi, et je sursautai violemment. Le bouclier protecteur que j’avais érigé autour de moi disparut brusquement, me donnant l’impression d’un boomerang me revenant violemment en pleine face. La sensation était loin d’être agréable, car, au lieu de revenir petit à petit en moi, les émotions de mes camarades se bousculèrent de toute part. Mais étrangement, je n’étais pas en colère. Au contraire, mission réussi, j’avais réussi au moins durant un petit temps. Mon visage souriant laissant de nouveau place à mon masque de froideur habituel, je rangeais mes affaires et quittai la bibliothèque sans plus de cérémonie.

Sur le seuil, j’hésitais durant quelques instants : que faire désormais ? Je pensai sérieusement à retourner dans ma salle commune et à y rester. Mais maintenant que j’étais plus détendue, sortir me ferait le plus grand bien, et surtout je pourrais retrouver ma meilleure amie avec qui j’avais vraiment envie de passer du temps. Décidée, je repassai par l’antre des Serpentard pour déposer mes affaires et prendre des vêtements plus chaud aussi. Il faisait peut-être beau dehors, mais nous restions en hiver tout de même. Une épaisse couche de neige recouvrait l’extérieur, autant se vêtir en conséquence. J’enlevai mon collant que je remplaçai par un legging noir. Plus chaud, mais aussi beaucoup plus pratique pour marcher. En plus de pull en cachemire gris que je portai – avec une jupe bien sûr, hors de question de me balader avec un simple jean – j’emportai une cape noire bien épaisse et super agréable à porter. Mes chaussures à talon commençant à me faire un peu mal au pied, je les remplaçai par des bottes. Toujours aussi féminin, mais beaucoup plus confortable. Fin prête, je pris mon sac à main et quittai la salle commune pour rejoindre l’extérieur du château. L’avantage, c’est que je n’eus pas à chercher Charlotte durant des heures comme je le craignais. Dès les lourdes portes du château poussé, je la sentis à proximité. Mon don, avec C., était très développé, sans que je ne comprenne vraiment pourquoi. Peut-être le fait que l’on se connaisse depuis l’enfance et que l’on sache tant de chose l’une sur l’autre ? Une chose était certaine : j’adorais cela. Parce que ça me permettait de la comprendre, presque autant que Lawrence, dont elle était pourtant si complice. Pour le coup, son humeur était sadique, et elle avait des envies de vengeances et de pouvoir. Je n’eus donc même pas à regarder en face de moi pour savoir ce qu’elle faisait. Queen C. s’en prenait à certains de ses sujets. Innocents ou pas totalement, cela n’avait aucune importance à mes yeux. Je soupirai. Pas parce que l’acte de ma meilleure amie m’horrifiait, loin de là, mais juste parce que je n’allais pas pouvoir allé la rejoindre pour le moment. J’arrivais à sentir la peur et l’angoisse des élèves persécutés de là où je me trouvais, et bien que pour le moment ça ne m’atteigne pas vraiment, je savais que si je m’approchais, cela allait être particulièrement désagréable à endurer.

« Mais pourquoi est-ce qu’elle fait ça ? »

Ces paroles, prononcées pourtant doucement, me parvinrent de manière très distincte. Surprise, je baissai la tête pour découvrir qui venait de parler. Placée quelques marches en dessous de moi j’aperçus Lauren Smith, Serdaigle, de sixième année à ce qu’il me semblait. Je ne savais pas vraiment depuis combien de temps elle était là. Ce qui était sûr, c’est que je ne l’avais absolument pas remarquée. Elle devait être particulièrement concentrée sur quelque chose, pour qu’aucune de ses émotions ne soient arrivés jusqu’à moi jusque-là. Ou alors, celles de Charlotte m’avait tellement obnubilé que je n’y avais guère prêté attention. Désormais, je sentais de l’incompréhension, en accord avec l’interrogation qu’elle venait de formuler, mais aussi, et cela était compréhensible vu la situation, de la peur. Pire que cela, une réelle crainte envers ma meilleure amie. Un sourire apparut sur mes lèvres suite à cette découverte. Normal, à ce que C. m’avait dit, la jeune Smith s’était mise en travers de sa route il y a de cela un petit moment désormais. Si elle avait si peur maintenant, c’est qu’elle devait craindre les représailles qui risquaient d’arriver, si ça ne s’était pas déjà produit d’ailleurs. On ne s’imposait pas comme cela face à Queen C. sans en payer les conséquences de toute façon. Un rire glacial m’échappa, rire qui servit par la même occasion à signaler ma présence à Lauren d’ailleurs. Elle était si naïve et innocence ! Pourquoi Charlotte faisait cela ? C’était logique non ? Le pouvoir bien sûr. Nous adorions cela toutes les deux, j’étais donc particulièrement bien placée pour le comprendre. D’autant que son ambition à elle dépassait la mienne, et de loin même. C’est pour cela que de nous deux, c’était elle qui avait naturellement été préposé au rôle de Reine de Poudlard. Nous n’avions jamais eu à en discuter très sérieusement d’ailleurs. Pas de dispute à cause de cela. Déjà parce qu’il était très rare, voire même improbable que nous nous disputions, et aussi car cela m’avait toujours paru logique que ce soit elle qui s’empare du pouvoir. Mon rôle de Princesse me convenait à la perfection, pour ma part. Il me permettait de jouir d’un statut privilégié, supérieur à celui de la plupart de mes camarades. Statut qui me donnait un certain pouvoir sur les autres élèves, et qui me rendait quasiment intouchable des professeurs. Tout cela sans avoir à subir les responsabilités et les contraintes qu’engendrait le rôle de Reine : je n’étais pas obligé d’être totalement inaccessible pour les autres. Je pouvais donc m’amuser, faire la fête et draguer de charmants jeunes hommes sans aucuns soucis. Surtout, les humiliations quotidiennes que faisait subir Charlotte à ses opposantes m’étaient épargnées. Bien sûr, je la soutenais entièrement dans ses actes, et durant mes meilleurs jours il m’arrivait même de l’y accompagner, mais mon don ne me permettait pas vraiment de m’y adonner très souvent. Car de pauvres élèves persécutés ont peur, ils angoissent. Et cette angoisse, elle se répercute forcément sur moi, quoi que je fasse pour y remédier. Arrêtant là le cours de mes pensées, je reportai mon attention sur la jeune fille en dessous de moi. L’envie de lui faire payer une fois de plus le fait de s’être opposé à ma meilleure amie me traversa l’esprit un instant. Tentant… Cela faisait un moment que je n’avais pas traumatisé un élève, et rappelé par la même occasion à tout le monde de quoi j’étais capable. D’un autre côté, mon don ne me faisait pas souffrir pour le moment, et s’en prendre à Lauren serait une mauvaise idée à cause de cela. Sa peur était déjà assez présente en l’instant, pas besoin de l’exacerber. Sa naïveté me faisait un peu pitié, je devais l’avouer, c’est pour cela que je décidée de « l’aider », à comprendre un peu mieux C.

« Je te croyais un peu plus maligne que cela, Smith, déclarais-je d’un ton narquois. Après tout, chez les Aigles, vous êtes réputés être les plus intelligents non ? Alors à ton avis, pourquoi se comporte-t-elle de cette façon ? »
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MessageSujet: Re: « La moquerie est souvent indigence d'esprit. » (La Bruyère) - Séra Mar 2 Avr - 0:28

Si auparavant, Lauren ne se souciait guère de Charlotte, ça n’était plus le cas à présent. Autrefois, elle se souciait juste d’éviter d’attirer son attention, ne tenant guère à devenir sa proie. Et dire qu’elle avait habilement réussit à éviter de s’attirer les foudres de la reine Serpent... Il avait fallu quelques courtes secondes pour qu’elle mette toutes ces années à soigneusement se fondre dans la masse pour que tout s’envole en fumée. Ce qui n’était pas très malin en soi, mais ça avait été plus fort qu’elle... C’est ainsi qu’à présent, elle avait découvert un nouveau mystère à Poudlard : le cas Charlotte... Mystère qui, à son sens, relevait de la psychiatrie, parce que pour être aussi sadique qu’elle, on devait avoir rencontré pas mal de problèmes dans son passé... Ou alors être simplement tombé du berceau, mais c’était peut-être trop simple comme explication pour justifier l’attitude de la préfète-loin-d’être-parfaite.... La rouquine tâchait donc de comprendre les raisons de l’attitude de sa comparse, qui l’intriguait tout autant qu’elle lui faisait peur. Curieux mélange, mais indéniable mélange pourtant... C’est ainsi que Lauren en vint à s’interroger à voix haute, même si elle ne réalisa pas qu’elle avait parlé tout haut.... Et manque de chance pour elle, ses mots furent entendus par Séraphina, la meilleure amie de Charlotte. En effet, parfois, Lauren a de la chance... Sa bonne étoile est joueuse, que voulez-vous... « Je te croyais un peu plus maligne que cela, Smith. » Quelques mots qui parvinrent cependant à faire sursauter Lauren, et à lui faire accélérer au passage son rythme cardiaque. Cela peut paraître stupide et démesuré comme réaction, mais elle n’avait que trop bien reconnu la voix de l’inséparable de Charlotte : Séraphina. Pourtant, elle ne lui parlait jamais, cela est vrai, mais elle avait souvent entendu les deux amies parlées ensemble, aussi la Serdaigle était en mesure de reconnaître leur voix sans les voir. Il existe des élèves qui se font clairement plus remarqués que d’autres. Et les moins populaires ainsi que les invisibles connaissent presque tout d’eux, alors qu’en face, ils ne savent rien, ou presque, de ces élèves moins célèbres... Resserrant son emprise autour de son livre, comme pour tâcher de trouver du réconfort par ce simple contact, le corps tendu par l’amer certitude que la Vert & Argent ait entendu ce qu’elle venait de dire, elle se contenta d’écouter la blondinette, sans esquisser le moindre mouvement pour la voir. Il était plus sage de lui tourner le dos... « Après tout, chez les Aigles, vous êtes réputés être les plus intelligents non ? Alors à ton avis, pourquoi se comporte-t-elle de cette façon ? » Pourquoi ne trouvait-elle-même pas étonnant que les langues de serpents se ruent tout de suite sur son appartenance à la maison de Serdaigle pour s’étonner qu’elle ne comprenne pas à quel point ils étaient tous fêlés ? Etait-ce vraiment de sa faute à elle s’ils étaient tous plus dérangés les uns que les autres, au point de devenir des mystères vivants pour leurs comparses ? (Ou plutôt, des cas intéressants d’études de psychiatries !) Certes, elle savait que tous n’étaient pas aussi sombres et tarés, mais majoritairement, c’était le cas... Cependant, Lauren, s’abstint de répondre à Séraphina ce qui venait de lui traverser l’esprit. Justement parce qu’elle était chez les Aigles, et dotée d’une intelligence qui, à défaut de leur permettre de comprendre les défaillances mentales, lui faisaient prendre conscience que dire cela tout haut lui coûterait la vie... Déjà qu’elle avait été torturée par Charlotte, juste pour s’être interposée entre elle et l’une de ses proies, voir ce qu’elle risquait pour exprimer le fond de ses pensées relevait du suicidaire... Et Lauren n’était pas une Serpy, n’ayant aucune déficiences mentales... Secouant la tête, la rouquine tâcha de faire partir ses pensées, un brin trop ironique sans nul doute sur ses congénères, avant de réfléchir à la question. Ainsi, ça lui donnerait le temps de calmer un peu son rythme cardiaque, et de se remettre de sa surprise. Et de la honte, mêlée à la peur, que cela avait engendrée en elle. Honte d’avoir été ainsi surprise par la Serpentarde à essayer de comprendre Charlotte, et peur que la blondinette ne finisse par décider à se montrer détestable avec elle, à l’instar de son adorable meilleure amie. En dépit de ses efforts, cependant, elle ne parvint pas à dissimuler le fait qu’elle était mal à l’aise, ce que l’on pouvait aisément remarquer, lorsqu’on la voyait se tortiller légèrement, bien que toujours assise, et prendre un soin tout particulier à ne pas se tourner pour voir son interlocutrice. Mais on pouvait aussi le percevoir dans sa voix... « Pour asseoir son autorité, je dirais », finit-elle par déclarer alors. Après tout, c’était la seule explication qu’elle voyait. En continuant à se montrer détestable, Charlotte faisait en sorte que tous la craignent, et redoutent de ce fait de se dresser face à elle. Sans doute craignait-elle de se voir un jour détrôner, si elle cessait de sa la jouer sale peste ? Même si ça n’était que pour une heure ? Cependant, la rouquine ne pût s’empêcher d’ajouter à la suite : « Même si je n’en vois pas l’intérêt. Tout le monde la craint ici », souffla-t-elle, visiblement déçue de cette triste réalité dans laquelle aucun de ses comparses ne semblaient vraiment courageux pour se dresser contre elle. Et pourtant, s’ils s’unissaient, ils devraient bien être en mesure de la traîner dans la boue, non ? « La preuve : personne ne s’interpose, et pourtant, il y a du monde autour du groupe ! », déclara-t-elle, d’une voix aussi acerbe que ses yeux semblaient agacés. Curieux, n’est-ce pas, de constater qu’au fond de cette frêle rouquine sommeillait une sorcière qui méprisait l’injustice et la violence autant que cela. Même si elle ne se sentait pas forte, pour l’instant, au point de se révolter haut et fort, alors qu’intérieurement, le feu commençait à couver... Qui sait, ses rencontres avec Bubble allaient peut-être finir par changer les choses ? Cela allait peut-être l’aider à avoir plus de cran pour assumer ses idéaux ? Mais, pour l’heure, il est trop tôt pour en parler... Aussi termina-t-elle dans un soupir : « Tôt ou tard, le pouvoir finit par vous éclater au visage... Regarde ce qui est arrivé au mage noir... ». La jeune sorcière poussa un soupir. Elle n’avait guère aimé que l’on remette en doute ses capacités intellectuelles, ce qui s’était sans nul doute ressentit dans ses propos, même si ceux-ci étaient imbibés de peur... Elle attendait à présent avec impatience que le retour de bâton de Charlotte fasse son apparition. En un sens, elle en avait désespérément besoin, il fallait bien que quelque chose lui prouve que les actes injustes finissaient tôt ou tard par être puni. Que ses parents seraient un jour punis pour les crimes qu’ils avaient commis... Car, pour Lauren, même si ça n’était pas comparables, les trois sorciers méritaient d’être puni pour le mal qu’ils avaient fais, certes pas punis de la même façon, mais puni tout de même... Quoique, elle en venait presque à se demander si Charlotte ne pourrait pas commettre, à l’extérieur du château, les mêmes atrocités que ses parents, au vu de ce qu’elle lui avait fait subir l’autre matin dans les couloirs.... Préférant ne plus contempler le spectacle désolant de la cruauté de Charlotte, et de la lâcheté des témoins, elle fixa son regard sur les marches, en dessous d’elle, attendant avec appréhension la réponse de Séraphina.
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MessageSujet: Re: « La moquerie est souvent indigence d'esprit. » (La Bruyère) - Séra Dim 26 Oct - 11:45

Lauren&Séraphina

Il fait beau, c’est la première pensée qui m’avait traversé l’esprit quand j’avais poussé les lourdes portes du château avec en tête l’idée d’aller faire une petite ballade, et éventuellement si elle était dans les parages, de retrouver ma meilleure amie. Il me semblait qu’elle avait prévu de sortir cette après-midi, c’est d’ailleurs pourquoi ma première idée avait été d’allé la chercher dans le parc et non à la bibliothèque ou dans le château comme je l’aurais fais d’ordinaire. Il ne m’avait fallu qu’une seconde pour la voir, entourée de sa cour royale et d’un grand nombre de spectateur, en train de régler son compte à un élève. Malgré la légère déception que cela avait fait naitre en moi, car je n’allais pas pouvoir aller la rejoindre tout de suite comme je l’aurais aimé, un sourire naquit sur mes lèvres quand je la vis ainsi, parfaitement dans son élément, maitre d’elle-même, comme toujours. D’autre part, malgré les apparences et le visage parfaitement fermé qu’affichait C., elle était d’humeur joueuse et elle passait plutôt un bon moment, les choses se déroulant parfaitement comme elle avait prévu. Bien entendu, les élèves auxquels elle était en train de donner une bonne leçon étaient terrorisés, et c’était bien le but, ce qui ne faisait qu’accentuer la jubilation de ma meilleure amie.

Le cours de mes pensées avait été interrompu par une voix qui avait résonné non loin de moi, quelques marches plus basses. Surprise dans un premier temps, j’avais ensuite immédiatement reconnu Lauren Smith, dont C. avait eu l’occasion de me parler ces derniers jours. Elle avait eu la mauvaise idée de s’interposer entre elle et l’une de ses proies, et cela lui avait valut, ou lui vaudrait dans le futur j’en étais certaine, une belle correction. C’était totalement stupide d’agir ainsi, surtout quand on avait comme elle réussi à se fondre dans la masse durant si longtemps. Jamais auparavant je n’avais entendu parler d’elle et c’était plutôt une bonne chose: elle se tenait tranquille, elle jouait son rôle de sujet sans embêter personne et se faisait discrète, c’est tout ce que l’on attendait d’elle. Elle semblait très sérieusement effrayée en regardant Charlotte et je voulais bien la comprendre: désormais, la vie qu’elle avait connu et mené à Poudlard ne serait plus la même, elle avait attiré les foudres de ma meilleure amie en s’interposant de la sorte. C’était… dommage pour elle, mais elle avait bien mérité ce qui l’attendait. Elle n’était plus une anonyme mais une épine, légèrement dérangeante à qui il fallait faire comprendre que la meilleure manière pour elle d’être bien ici, c’était de se faire à nouveau discrète et de ne plus jamais tenter d’intervenir de la sorte. Ainsi peut-être retrouverait d’elle un jour la tranquillité à laquelle elle devait tant aspirer aujourd’hui. C’est ainsi que le système fonctionnait, et c’était très bien comme cela.

D’assez bonne humeur pour une fois, et certainement quelque peu atteinte par la lueur joueuse que je sentais chez Cha’, je décidais de m’amuser avec Smith moi aussi, mais à ma façon. Même si l’idée m’avait traversé l’esprit quelques instants, je n’avais nullement envie de m’en prendre à elle pour lui faire payer son affront. Son compte avait de toute manière certainement déjà été réglé ou il le serait dans l’avenir, je ne m’inquiétais pas pour cela. Cependant, j’avais tout de même envie de « m’intéresser » à elle en quelque sorte, en voyant ce que son comportement soudainement rebelle avait bien pu cacher. Il était en effet rare que des élèves comme elle qui avait pris tant soin de s’intégrer au système dérapent de la sorte, et j’avoue que cela m’intriguais dans une certaine mesure. Mon don me permettrait de la cerner, j’en étais certaine.

C’est dans cette optique que je m’étais adressée à elle, répétant la question qu’elle avait posé quelques instants plus tôt, à savoir le fondement du comportement de C en lui demandant à mon tour ce que, selon elle, ce comportement montrait. J’étais curieuse d’entendre sa réponse, de voir ce qu’elle avait pu s’imaginer et comment elle imaginait Charlotte dans son esprit. Comme je m’y attendais plus ou moins, je la vis, et la sentit même, considérablement paniquer en entendant le son de ma voix. Dans d’autres circonstances cela m’aurait dérangé, mais aujourd’hui j’allais bien, aussi, et ce bien que mon visage soit totalement fermé et que je n’en montrais rien, je me contentais seulement de jubiler intérieurement. J’aimais voir la crainte que j’inspirais chez les autres élèves et je n’avais pas forcément l’occasion de le constater très souvent ces derniers temps. Aussi en profitais-je un maximum, d’autant que pour le coup cela ne m’atteignait pas réellement, j’étais trop détendue pour cela. Smith serra le livre qu’elle avait dans les bras contre elle, comme si cela allait pouvoir la sauver de quoi que ce soit, ou la protéger de moi. Cela me fit légèrement sourire tandis que je restais statique sur les marches, mon regard posé sur elle en attendant la réponse à la question que je lui avais posé. Je la sentais considérablement mal à l’aise, mais cela ne m’importait que très peu en l’instant, j’attendais simplement qu’elle se décide à parler. Ce qu’elle finit par faire, répondant que ce qui motivait Charlotte dans ses actes, c’était d’asseoir son autorité, mais qu’elle n’en voyait pas nécessairement l’utilité dans le sens où tout le monde la respectait déjà ici. Cette réalité la décevait visiblement, vu le ton avec lequel elle avait prononcé ces dernières paroles. C’était peut-être triste pour certains, mais c’était ainsi et ça n’était pas près de changer. Le système marchait très bien comme il était, j’en étais intimement persuadée. Smith voyait comme preuve au respect que C. avait réussi a inspiré chez les gens le fait que dans le groupe qui se trouvait autour d’elle, personne n’intervenait. Je fronçais les sourcils, quelque peu contrarié par le ton sur lequel elle osait prononcer ces paroles mais aussi par l’agacement que je pouvais clairement percevoir chez elle.

« Tôt ou tard, le pouvoir finit par vous éclater au visage... Regarde ce qui est arrivé au mage noir... » conclut-elle.

Ces paroles, en même temps qu’elles achevèrent de me mettre totalement en rogne contre la Serdaigle, me firent devenir songeuse. Père m’avait très souvent parlé du règne du Mage, nécessairement, puisque c’était pour lui et tous ses autres amis une sorte de « grande époque » révolu, dans laquelle il était possible de se montrer tel que l’on était sans que cela soit mal perçu par qui que ce soit. Haïr les traitres à leurs sangs, les sang-mêlés et les sangs de bourbe étaient alors parfaitement normal et les torturer ne faisait qu’impliquer de suivre les ordres donnés par le maitre. C’était le reflet de la façon de penser d’une grande partie de la population, ou du moins, ceux qui n’étaient pas d’accord avec cela étaient bien trop effrayés pour y redire quoi que ce soit. Les imbéciles au service du vieux fou et les quelques aurors encore non-converti à la cause du ministère avaient bien d’autres hippogriffes à fouetter plutôt que de s’occuper de cela. Leur préoccupation principale étant d’ailleurs tout simplement de sauver leur vie et de protéger leur famille, grandement mise en danger par leur folie. J’avais toujours vu cette époque comme une sorte d’idéal pour des gens comme nous, un idéal qui avait été complètement anéanti par Potter et ses sbires. Ça n’était, selon moi, pas le pouvoir du mage qui lui avait « éclaté au visage » comme le disait Smith, mais plus un manque de chance considérable pour lui. Sans cet imbécile qui se faisait désormais appeler le sauveur du monde sorcier, le mage noir serait toujours bien en place et très certainement au sommet de sa puissance à l’heure qu’il était. Mais un jour ou l’autre, quelqu’un viendrait prendre sa suite, c’était dans la logique des choses selon moi.

« Lâches ce livre veux-tu, je ne vais pas te manger et il ne te protège en rien, il te rend seulement plus ridicule que tu ne l’es déjà » ordonnais-je d’une voix glaciale.

Le livre s’échappa d’ailleurs de ses mains pour atterir au sol, suite à un sortilège informulé de ma part. Cette attitude visait simplement à lui rappeler à qui elle s’adressait et à lui faire comprendre que je n’étais pas son amie et que j’étais largement supérieure à elle, en tout point. Sans cela, pourquoi se sentirait-elle aussi mal à l’aise face à moi et pourquoi serait-elle toujours tournée dos à moi alors qu’elle savait très bien que j’étais juste derrière elle ? Il n’y avait pas d’autre explication. Elle avait peur et elle me respectait parce que j’étais supérieure, parce que j’étais la Princesse de ces lieux et qu’elle le savait très bien. D’ailleurs la princesse que j’étais n’avais pas du tout apprécié le ton sur lequel la jeune femme c’était adressé à elle et avait bien pour objectif de le lui faire comprendre.

« Je dois avouer que tu me déçois réellement, j’ai certainement été beaucoup trop optimiste mais je m’attendais à mieux de ta part » ma voix était faussement triste, comme si cela avait réellement une quelconque importance à mes yeux. « Cependant, la première partie de ta réponse est juste: pour asseoir son autorité et pour être respectée de tous, c’est bien cela. Là où ta pensée est erroné, c’est que ce n’est pas parce que tout le monde respecte Queen C. aujourd’hui qu’elle doit s’arrêter là. Oh, et je suis désolé de te l’apprendre, je suppose que c’est très difficile à réaliser pour une personne de ta… condition, mais c’est ainsi que le monde a toujours fonctionner et fonctionnera toujours ».

Je pris une pause pour reprendre ma respiration. Les paroles que je prononçais étaient certes le reflet de mon éducation mais aussi le reflet de ce que je pensais sincèrement et le fruit de mes réflexions. Pour moi, le monde était construit de la manière suivante: il y avait les dominants et les dominés, ou la classe la plus élevé de la population, à savoir les sangs-purs et les autres. Les dominants se devaient de faire comprendre aux dominés comment le monde marchait, et ce afin qu’une sorte de « paix sociale » et d’harmonie perdure. La « paix » dans une moindre mesure, bien évidemment. Un monde où tout le monde vivraient égaux et exactement à la même place était selon moi impossible à construire, dans la mesure où une tête dominante chercherait nécessairement à prendre le dessus à un moment ou à un autre. Le monde et notre société en général était construite ainsi et plus vite on le comprenait, plus vite on se comportait et on apprenait à rester à la place qui était sienne.

« Crois-tu que les plus grands de ce monde restent bien sagement derrière leur bureau sous peine qu’ils sont au pouvoir ? Non, ils cherchent à se faire respecter, et la seule manière d’y parvenir, c’est la peur ma chère, je suis désolé de te décevoir. Il n’y a pas de « méchants » et de « gentils » comme tu dois le penser, il y a juste ceux qui ont le pouvoir et… les autres. Et bien entendu, tu auras remarqué que chez certains, comme chez C., c’est plus naturel que pour d’autre que de s’emparer du pouvoir. Mais c’est ainsi que cela fonctionne ».

Sur ces dernières paroles, mon regard sur elle se fit plus insistant. J’étais plutôt fière de ma tirade, ayant l’impression d’avoir à la fois plutôt bien traduit ma pensée sans pour autant trop lui en révéler. Je n’étais pas là pour l’aider, mais seulement pour m’amuser un peu avec elle, quitte à lui délivrer quelques informations réelles au passage. D’autre part, détruire ou du moins peut-être remettre les idéaux qu’elle semblait s’être fondé en question n’était pas pour me déplaire. Décidée à ce que cette conversation dure encore quelques temps, je décidais de prendre mes aises, m’asseyant à mon tour sur les marches, au dessus de Smith bien évidemment, assez curieuse à nouveau de savoir ce qu’elle allait pouvoir répondre à tout cela.

Spoiler:
 

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