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Juliet Liz Matthews • « They will not force us, they will stop degrading us, they will not control us, we will be victorious ! »

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J. Liz Matthews

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MessageSujet: Juliet Liz Matthews • « They will not force us, they will stop degrading us, they will not control us, we will be victorious ! » Sam 5 Jan - 22:03

Juliet Liz Matthews

Je m'appelle Juliet Liz Matthews de mon nom complet, mais depuis mes onze ans on m'appelle seulement Liz, mon deuxième prénom. D'ailleurs la plupart des élèves de Poudlard, excepté mes plus proches amis, ne connaissent pas mon premier prénom et croient que Liz est le seul. J'ai montré le bout de mon nez le 1er février 2005, il y a maintenant 16 ans. Étant un(e) sorcier(ière) de sang mêlé et métamorphomage je possède une baguette magique en bois de chêne, contenant un ventricule de dragon, et mesurant 32,7 centimètres. Elle est très rigide mais efficace, surtout pour la Défense Contre les Forces du Mal. Elle appartenait à mon grand-père, ce qui explique pourquoi c'est une baguette aussi masculine. Je suis élève de Poufsouffle en sixième année et malgré tout ce qu'on peut dire, je garde les pieds sur terre. D'ailleurs beaucoup de personnes disent que je ressemble à Kate Mara. Oh avant que j'oublie ou que tu entendes des rumeurs à mon sujet je suis célibataire mais mon coeur est indéniablement pris et je l'assume pleinement (ou pas).
Who I am
Sociable. Certainement le premier mot qui vient à l'esprit lorsqu'on pense à Liz. Cette fille s'entend vraiment avec tout le monde. Elle n'a pas de préjugé sur qui que ce soit; elle attend de rencontrer la personne avant de se forger une opinion. Et c'est quelque chose d'essentiel pour toute fêtarde qui se respecte. Liz fait la fête avec tout le monde sans distinction, des Gryffondors, comme des Serdaigles, des Poufsouffles, et même des Serpentards. Franchement, on est jeunes, on s'amuse, quel besoin d'aller se compliquer la vie avec d'autres facteurs indépendants de notre volonté ? On est comme on est, un point c'est tout; et il faut profiter de la vie avant d'avoir des regrets. Telle est la philosophie de Liz. C'est une fille honnête aussi, et loyale. Elle a vraiment été répartie à Poufsouffle pour ces qualités-là, c'est une pure Jaune&Noire. Pas du tout menteuse ou intéressée, vénale; tout sauf ça. Elle déteste les injustices. Mais le problème est qu'elle n'est pas très courageuse face aux autres; elle aura du mal à s'interposer dans une situations où un élève plus âgé maltraite un autre plus jeune par exemple. Raison pour laquelle elle a plutôt peur de Queen C., la maléfique Reine de Poudlard. Mais elle a un coeur tellement sincère et généreux que voir ce genre de chose lui fait très mal, comme si c'était elle qui souffrait. Juliet a déjà vécu des drames dans sa jeune vie, que beaucoup d'autres n'ont jamais eu à subir et ne subiront jamais, alors qu'ils sont largement plus âgés qu'elle. Mais ça, elle ne le dit pas. Très peu de personnes sont au courant de ce qu’elle a vécu, la longue agonie puis le décès de son père à onze ans, suivis de la défection de sa mère. Deux piliers d'une vie qui s'écroulent. Liz n'aime pas montrer qu’elle souffre. Personne, ou presque, ne le sait. Elle refuse qu'on s’inquiète pour elle, alors elle cache sa souffrance par tous les moyens. Et elle a peur de s'attacher, elle en est terrifiée, parce que pour elle, il y a toujours un risque que la personne meure et la laisse, comme son père l'a fait. Et que cette fois, elle ne s'en relève pas. Alors sa confiance est difficile à gagner. Elle a tout un tas de potes de beuverie, mais des vrais amis, fidèles et qui connaissent son histoire et l’acceptent malgré tout, très peu. Et franchement, qui se douterait de tout ce qui lui est arrivé en la voyant si joyeuse, détendue, riant aux éclats dans la Salle sur demande décorée pour une soirée ? Qui pourrait croire en la voyant danser sur le bar avec ses amis, qu'une fois rentrée chez elle, l'été, en dehors de Poudlard, les choses sont si différentes ? Qu'elle passe parfois des journées entières au cimetière, à pleurer sur une tombe ? Que ses cheveux deviennent tellement ternes, parfois même gris, à cause de sa tristesse, qu’elle est parfois obligée de les colorer avant la rentrée, pour ne pas qu'on le voie ? C'est une partie d’elle profondément enterrée, tout au fond. Mais qui existe quand même, même si personne ne la voit. L'autre partie d’elle, qui domine et qui saute aux yeux de n'importe qui, c'est sa joie de vivre. Elle a toujours le sourire aux lèvres. Souvent en train de rire, de raconter des blagues et de faire marrer tout le monde avec elle au détour d'un couloir, emportant les gens dans sa bonne humeur contagieuse. C'est un vrai pitre, et elle est très appréciée; en l'invitant aux soirées on est toujours sûrs de passer un bon moment. Elle ne fume pas, boit de temps en temps, mais ne juge pas les autres. On fait ce qu'on veut tant qu'on ne nuit pas à autrui; libre arbitre est le maître mot.

Patiente est un autre trait de caractère qui domine chez Juliet. Par exemple, elle ne forcera jamais ses amies à se confier à elle; elle attendra qu'elles viennent d'elles-même. Elle accepte que chacun ait ses secrets, que ses proches ne lui disent pas tout; parce qu'elle-même a ses blessures qui sont profondément ancrées en elle, et dont elle n'aime pas parler. On peut lui reprocher d'être trop secrète, d'ailleurs. À l'exception de June et Kyra et quelques autres, personne ne connait son passé. Soit elle élude la question en en posant une autre, soit elle dit un truc très vague. On pourrait penser aussi qu’elle est menteuse, mais ce n'est pas le cas; elle cherche juste à se protéger et n'y recourt qu'en cas d'extrême urgence, quand son secret est en danger.
Fragile, c'est le mot qui caractérise certainement le mieux Juliet, pas Liz. Juliet, c'est la vraie, celle qui est en-dessous, qui a souffert et qui continue de souffrir. Liz, c'est la fêtarde super drôle et sympa qui aime s'amuser, mais qui sait aussi être sérieuse quand il le faut, avec ses amis. Ce n'est pas vraiment une double personnalité, juste un passé et un présent, mêlés dans une seule personne. Et tellement différents qu'ils se dissocient. Mais les fantômes du passé sont toujours présent, ce qui rend la personnalité de Juliet Liz assez complexe.

Travailleuse, parce que c'est une Poufsouffle, Liz sait doser entre les sorties et les devoirs. Elle n'a pas vraiment de facilité, n'est pas particulièrement passionnée par les cours et l'école en général; et la théorie n'est pas son truc. Elle se débrouille plutôt bien en pratique, mais elle n'obtient pas des notes exceptionnelles. Elle n'a pas un QI sur-développé non plus, dans la moyenne. Mais surtout, Liz culpabilise. Elle culpabilise que son père ne soit plus de ce monde; elle culpabilise que sa mère n'arrive pas à surmonter son chagrin; elle culpabilise que ses grands-parents soient obligés de s'occuper d'elle à sa place; elle culpabilise de n'être pas brillante; elle culpabilise de faire du mal aux autres en refusant de trop s'attacher car peur de souffrir encore; elle culpabilise de ne pas pouvoir rendre sa famille fière d'elle; elle culpabilise de ne jamais faire les choses assez bien. Elle a parfois l'impression que tout ce qu’elle fera, malgré tous ses efforts, ne sera jamais à la hauteur des espérances des autres. Qu’elle n'est jamais à la hauteur. Elle manque terriblement de confiance en elle, et elle est fragile, malgré son honnêteté, sa patience et sa gentillesse. Et elle cache trop de choses, elle porte un fardeau trop lourd à elle seule. Peut-être pourrez-vous l'aider à s'en décharger ?
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Liz est une jeune fille de petite taille. Un mètre soixante tout pile qu'elle atteint en se tenant bien droite, colonne vertébrale hyper tendue, menton bien relevé, épaules en arrière. C'est sans conteste un de ses plus gros complexes, en plus de ses taches de rousseur. Mais l'avantage, c'est qu’elle peut pallier à cette nainitude avec des talons. Elle en met régulièrement, pas trop hauts, pas trop petits non plus, de l'ordre de 8 centimètres généralement. Sinon, ce sont les ballerines de l'uniforme, tout simplement. Elle possède un visage ovale, avec des oreilles peut-être légèrement pointues, qui lui donnent un faux air d'elfe. Ses yeux, d'un marron clair brillant, sont très expressifs, et souvent illuminés d'une lueur de joie, car Liz respire la bonne humeur la plupart du temps. Rehaussés par ses fins sourcils, elle a de longs cils recourbés, couleur châtain. Elle a un petit nez en trompette légèrement retroussé, et des lèvres plutôt charnues, rose pâle. Des taches de rousseur assez claires parsèment son nez et le dessous de ses yeux. Une des choses que l'on va remarquer en premier chez Liz est certainement ses longs cheveux roux. Longs et bouclés, il lui arrivent au niveau de la poitrine, même légèrement en dessous. Ils sont normalement roux orangé, avec des reflets plutôt rouges. Mais lorsqu'elle se met en colère, ce qui arrive tout de même extrêmement rarement, ils deviennent alors rouge foncé, de la même couleur qu'un rubis. À l'inverse, lorsque est triste, ils prennent un reflet terne, orange rembruni. Métamorphomage depuis sa naissance, Juliet a appris à vivre avec cette particularité. Elle peut changer les traits de son visage lorsqu'elle se concentre et ferme les yeux : la couleur de ses cheveux et leur coupe, ses yeux, la forme de son nez, de ses lèvres, de son visage. C'est le pouvoir de devenir tout à fait quelqu'un d'autre. Beaucoup lui envient cela; après tout, qui ne rêverait pas de pouvoir changer d'identité à tout moment ? Devenir blonde, ou brune, avoir les yeux bleus, gris, verts, au gré de ses envies. Mais Liz tient beaucoup à ses cheveux roux, les mêmes que ceux de sa mère, et à la couleur de ses yeux, les mêmes que son père. Elle possède une jolie poitrine, d'une taille tout à fait honorable, 90B. Et un poids normal pour sa taille, ni trop, ni pas assez; elle n'est ni grosse ni maigre.

Niveau vestimentaire, Liz porte bien évidemment l'uniforme la semaine. Jupe noire ou grise plissée, chemisier blanc jamais trop ouvert, cravate jaune et noire de Poufsouffle, pull noir ou gris en laine en V par-dessus, collants en laine et bien sûr robe de sorcière. Contrairement à d'autres, elle ne se permet pas vraiment d'excentricités dans ce domaine. Elle n'a aucun tatouage, et aucun piercing, excepté les oreilles; et elle porte toujours une coiffure simple, soit ses longs cheveux roux sont lisses, soit bouclés, ou encore en chignon ou queue de cheval dont s'échappent souvent des mèches folles. De même, son maquillage est généralement très léger, un peu de fond de teint, mascara et gloss, parfois un peu de crayon, d'eye liner ou de fard à paupière dans les tons marron clair/doré, mais c'est plus rare. Par ailleurs, elle privilégie le vernis à ongles transparents ou rose clair aux tons sombres.
Lorsqu'elle n'est pas en cours, Juliet porte des pantalons. Ce n'est pas qu'elle est un garçon manqué, c'est juste qu'elle se sent plus à l'aise ainsi. Elle aime bien les pantalons coupe cigarette, ou bien slim, noir ou en jean brut, avec des hauts simples, et parfois une veste cintrée courte par-dessus. Les talons lui sont salutaires, donc elle en porte très souvent la semaine, et le week-end.
Pour faire court, Liz a un style simple, mais joli. Les accessoires, bijoux clinquants et couleurs flash ne sont vraiment pas son truc; elle préférera toujours le sobre élégant à l'excentrique branché.

En ce qui concerne ses habitudes, on ne peut pas dire que Liz soit une fille extrêmement douée à l'école. C'est une Poufsouffle, donc elle a le goût du travail, et elle sait doser le temps consacré aux sorties et aux devoirs. Ainsi, elle sait quand elle doit s'y mettre pour boucler un travail important, afin de pouvoir sortir ensuite. Elle n'aime pas travailler dans l'urgence, c'est trop de stress et elle n'a vraiment pas besoin de ça. Elle travaille un peu partout dans le château, la bibliothèque, mais plus généralement la salle commune des Jaunes & Noirs, et surtout le parc, quand il fait bon. Elle aime beaucoup la nature, et sa saison préférée est le printemps, car la nature revit à ce moment de l'année, après une lente agonie durant l'hiver. Enfant, elle aidait son père à s'occuper de leur jardin, mais depuis qu'il est décédé, le jardin est à l'abandon, toutes les fleurs fanées et les mauvaises herbes ont envahi les lieux. Liz lit assez, mais ce n'est pas vraiment sa tasse de thé; elle préfère sortir et discuter avec ses amies. Elle s'amuse beaucoup en soirées, et ce n'est pas une fille grincheuse à l'idée de se coucher tard dans la nuit, ou plutôt aux aurores. Sinon, elle est assez gourmande, et se trouve parfaitement heureuse d'avoir sa salle commune juste à côté des cuisines. Les elfes la connaissent bien à force de la voir fréquemment débarquer, et la laissent toujours le temps qu'elle veut.
PSEUDO :Rose.PRÉNOM : Charlotte Smile ÂGE, PAYS : 18 ans, France Very Happy VOTRE AVIS SUR WIZ : C'est mon bébééééééé Love Même que c'est moi qui l'ai fait (a) OÙ L'AVEZ-VOUS CONNU : Je suis sa môman ♥️ CODE RÈGLEMENT : Validé par Queen C. Cool CRÉDIT : Crédit bann. UN DERNIER MOT? : Je vous aimeeeeee ♥️ Special thanks to Caleb Love Cool

©️Maat


Dernière édition par J. Liz Matthews le Dim 31 Mar - 22:03, édité 9 fois
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MessageSujet: Re: Juliet Liz Matthews • « They will not force us, they will stop degrading us, they will not control us, we will be victorious ! » Sam 5 Jan - 22:04

Années 2005-2020




CHAPITRE I

Tout commença un jour de juillet 2002. Le quinze juillet, précisément. Une belle journée d'été, au milieu des vacances scolaires, dans la capitale anglaise, Londres. Le ciel était bleu, éblouissant, sans aucun nuage à l'horizon, pour une fois. La température avoisinait les trente degrés, une telle chaleur était plus que rare au Royaume-Uni, et c'était certainement ce temps magnifique qui rendait les sourires des passants aussi radieux et la ville si rayonnante, comme couronnée d'une aura de lumière. En cette splendide journée, deux jeunes gens marchaient chacun de leur côté dans les rues londoniennes. Chacun absorbé par quelque chose, l'un par son très pesant et volumineux téléphone portable, où il consultait ses appels en absence, et l'autre par des gros manuels de sortilèges qu'elle essayait de faire rentrer dans son sac. Madailéin O'Carroll, grande et belle rousse d'une vingtaine d'années à peine, marchait en plein milieu du trottoir, perturbée par le poids des livres qui menaçaient de faire craquer son sac en toile qu’elle portait en bandoulière, et qu'elle tentait de caser dans ledit sac, ce qui n'était pas chose aisée avec le thé glacé de chez Starbucks qu'elle tenait dans la main droite. Jonathan Matthews, lui, arrivait en sens inverse, perdu dans son monde de technologie.

Madailéin et Jonathan se percutèrent de plein fouet. Grimoires, sac, portable, thé glacé, tout tomba au sol dans un grand fracas, leurs deux propriétaires avec. Le thé glacé dans son intégralité se déversa sur la chemise blanche légère de Jonathan, et sur son jean bleu foncé. Chacun se releva de son côté tant bien que mal, se confondant en excuses, avant de plonger son regard dans celui de l'autre pour la première fois. Immédiatement, toute tentative de parole cessa. Le jeune homme, lèvres entrouvertes, fut incapable d'articuler le moindre mot en la voyant. Cette femme était si... Belle. Magnifique. Sublime. Son regard bleu-vert envoûtant le laissa sans voix. Et cette chevelure rousse flamboyante au soleil... Cet air profondément gentil, et maladroit à la fois, contrit en l'instant présent. Il était tombé sous le charme, immédiatement, à cette seconde même où il l'avait regardée. Madailéin, elle, le fixait sans mot dire, un petit sourire timide sur les lèvres, les yeux tout à coup illuminés d'une joie nouvelle. Ses joues avaient légèrement rougi, et ses mains devenaient moites en présence de cet homme, ce parfait inconnu qui venait de faire littéralement fondre son coeur avec ses yeux couleur chocolat et ses cheveux bruns brillants en bataille. Lui ne pouvait détacher son regard d'elle, de cette petite robe d'été à fines bretelles marron qui la rendait incroyablement belle, de cette silhouette frêle, cette bouille à croquer. Il fut le premier à se reprendre :

« Je... Je suis vraiment désolé ! Euh... Tenez, vos affaires ! » lança-t-il tout à coup, avisant les objets restés au sol. Il se baissa précipitamment pour les ramasser, et lui restitua les grimoires et le sac.

« Merci ! »répondit-elle aussitôt, rougissant de plus belle. « Je... Pardon, excusez-moi, je suis vraiment confuse pour votre chemise... » poursuivit-elle, réalisant l'énorme tâche claire qui décorait désormais le tissu blanc de la chemise de son interlocuteur. « Et votre téléphone ! » s'empressa-t-elle d'ajouter en voyant l'appareil qui heureusement, ne semblait pas trop avoir souffert du choc.

« Non non ! Je... C'est moi ! » dit-il rapidement.

Il se reprit immédiatement, secouant la tête pour montrer sa stupidité, et lui tendit la main :

« Pardon, je ne me suis pas présenté... Je m'appelle Jonathan ! Jonathan Matthews ! »

Elle dégagea tout de suite sa main droite pour lui serrer frénétiquement la main :

« Et moi Madailéin... Madailéin O'Carroll, enchantée !»

« Mais tout le plaisir est pour moi ! »

Ils gardèrent leurs mains liées peut-être un peu plus longtemps que ne le nécessitait une simple rencontre.

Hésitant un bref instant, un peu maladroit, il ajouta :

« C'est... C'est moi qui ai renversé votre thé... Laissez-moi vous en offrir un autre, pour me faire pardonner... »

« Oh ! » dit-elle surprise, en rabattant une mèche de cheveux derrière son oreille, un peu intimidée. « Eh bien... D'accord.... Je veux dire, pourquoi pas ? »

« Su... Super, allons-y » bégaya-t-il avec un grand sourire, n'arrivant pas à croire sa chance.

Elle lui rendit son sourire, sincèrement ravie. Puis ils se dirigèrent ensemble vers le Starbucks un peu plus loin, sous le regard bienveillant du soleil rieur, sans se douter une seconde que ce jour allait tout changer pour eux.


CHAPITRE II


Il s'avéra rapidement que Madailéin et Jonathan étaient faits l'un pour l'autre. Ils partageait beaucoup de points communs, car même si Madailéin était une sorcière de sang mêlé, un de ses parents était moldu, ce qui fait qu'elle avait côtoyé ce monde depuis toujours et pouvait donc se sentir proche de ce fait de quelqu'un comme Jonathan, qui n'avait aucune idée de l'existence du monde magique, à la fois si proche et si loin de lui. Dans leur cas, on pouvait vraiment parler de l'amour au premier regard, du coup de foudre des comédies romantiques. Il n'y avait pas de piège dans leur histoire, pas de faux-semblant, pas de revers de la médaille. Ils s'étaient rencontrés, ils étaient tombés fous amoureux l'un de l'autre à cet instant précis, et c'était tout. Madailéin avait fait ses études à Poudlard, et avait vécu la bataille finale contre le Lord de près, tandis que son compagnon ne s'était jamais douté de ne serait-ce que l'existence d'un tel affrontement. Dès le début de leur relation pourtant si prometteuse et idyllique, toutefois, Madailéin s’inquiéta. Elle avait peur de sa réaction lorsqu'elle lui apprendrait la vérité sur son identité. Lui qui avait toujours vécu sans connaitre les sorciers, comment réagirait-il lorsqu'il découvrirait que la femme qu'il aimait et qui vivait chaque jour à ses côtés en était une ?

Cette angoisse s'insinua dans leur vie quotidienne, empoisonnant peu à peu le lien pourtant si solide qui les liait. Jusqu'au jour où Jonathan lui fit finalement sa demande. Un genou en terre, au milieu d'une prairie, en plein été, il la demanda en mariage. Les yeux pleins de larmes, Madailéin accepta. De otute manière, pour elle, il n'y avait jamais eu de doute possible; depuis leur rencontre, elle avait toujours su que ce serait lui, l'homme de sa vie. Alors il était peut-être moldu, elle sorcière, lui anglais et elle irlandaise, lui cuisinier et peintre à ses heures perdues, et elle médicomage, cela ne changeait rien au fait que, peu importait la manière dont on retournait l'équation, Jonathan Matthew et Madailéin O'Carroll étaient deux âmes soeurs.

Mais au plus les mois les séparant de la date de l'union défilaient, au plus Madailéin paniquait, sujette à des crises d'angoisse de plus en plus fréquentes, des sanglots déchirants qu’elle tentait de cacher de son mieux à son fiancé. Jonathan ne comprenait pas, ne savait que faire pour la rassurer, craignait plus que tout sans le dire qu’elle souhaite rompre leurs fiançailles. Et elle l'aimait tellement qu'envisager sa vie sans lui lui était tout simplement impossible. Invivable, et pourtant, c'est bien ce qu'il risquait d'arriver si elle ne lui dévoilait pas son secret, et ce dans les plus brefs délais. Comment croire qu'un simple secret, qui pourtant était lourd à porter, concernait même une qualité essentielle de sa personne, pouvait détruire un amour aussi puissant ? À force de passer des nuits blanches à retourner le problème dans tous les sens, cherchant désespérant une issue à cette situation, un moyen d'éloigner pour de bon l'épée de Damoclès qui planait au-dessus de sa tête depuis un moment, Madailéin finit par se rendre à l'évidence : il fallait qu'elle lui dise.

Alors, deux semaines avant leur mariage, elle se prépara, s'habilla exactement comme le jour de leur rencontre, acheta même un thé glacé, et lui demanda de venir la rejoindre là où ils s'étaient percutés, trois ans auparavant. Faisant quelques pas près d'un pont, sous le soleil du mois de juin, elle lui avoua toute la vérité, du début à la fin. Il y eut des cris, des larmes, et finalement il la laissa plantée là, pour s'en aller, complètement sonné. La semaine qui suivit fut la plus horrible de toute leur existence. Séparés comme ça, ils avaient l'impression qu'un mur s'était dressé entre eux, infranchissable, insondable, les narguant telle une forteresse imprenable. Jonathan fut le premier à se reprendre. Il alla retrouver Madailéin chez ses parents, chez qui elle avait élu domicile le temps de la séparation, et lui dit qu'il ne pouvait pas vivre sans elle, tout simplement. Et que tant pis si elle était une sorcière, s'il n'avait appris l'existence pas son monde que la semaine précédente, s'ils étaient si différents; il était fou amoureux d’elle, et c'était comme ça. Et c'était largement suffisant.

Ils se marièrent donc la semaine suivante, comme prévu, et s'installèrent dans un petit cottage à Norwich, une ville médiévale qu'ils appréciaient tout les deux pour son histoire et son authenticité, à l'extrême Est de l'Angleterre. Là, Jonathan ouvrit un restaurant typique, qui devint rapidement apprécié des nombreux touristes qui visitaient Norwich au printemps et en été, surtout. Il s'avéra bientôt que le couple attendait un heureux évènement, et c'est ainsi que Juliet Liz Matthews vit le jour le 1er février 2005, à l’hôpital de Saint Mangouste.


CHAPITRE III


Juliet grandit dans une atmosphère on ne peut plus heureuse. Son prénom lui avait été donné en hommage à la célèbre Juliet de la pièce Romeo et Juliet de William Shakespeare, un écrivain moldu anglais du XVème siècle que son père, romantique dans l'âme, avait toujours apprécié. Chaque jour, alors qu'elle regardait ses parents, elle s'émerveillait qu'un tel amour puisse exister. Un amour heureux où tout était simple, lisse, tellement évident qu'il paraissait couler de source. Secrètement, elle rêvait de connaitre un amour pareil, un jour, quand elle serait grande. Mais pour l'heure, elle n'avait que sept ans, et déjà apprenait à se servir de son don, sa nature de métamorphomage. Car si ses parents étaient différents de ce point de vue, sa mère une sorcière et son père un moldu, et que Juliet fréquentait l'école primaire moldue de son quartier où elle côtoyait ses voisins « normaux », il n'en restait pas moins que ses parents ne lui avaient jamais caché sa véritable nature sorcière. De toute manière, il n'y avait jamais eu de doute de ce côté de toute sa courte existence; à la naissance elle avait une petite touffe rouge vif en guise de cheveux, qui s’était avérée devenir orange à un an, pour maintenant être rousse, brillante et flamboyante au soleil.

Quelques années après la naissance de Juliet, ses parents avaient essayé de concevoir un autre enfant. hélas, toutes les tentatives avaient échoué; et un médicomage avait confirmé à Madailéin et Jonathan Matthews la nouvelle qu'ils redoutaient : Madailéin ne pourrait plus avoir d'enfant après Juliet. elle avait toujours été cardiaque, et le premier accouchement ayant déjà été particulièrement difficile (huit heures de souffrance), les médicomages redoutaient qu'une deuxième grossesse ne l'emporte avec elle, pour toujours. Le couple, déçu, se consacra d'autant plus à sa fille, qui s'épanouit d'autant plus. Les Matthews formaient vraiment un noyau soudé, une famille heureuse, portant la joie de vivre en elle. Appréciés de leurs voisins, ils ne manquaient jamais une fête de quartier, où la petite rousse qu'était Juliet retrouvait ses amis moldus, jouait à chat avec eux des heures durant, riant aux éclats, sous le regard attendri au loin de ses parents.
Depuis que Madailéin lui avait avoué sa nature sorcière, Jonathan, loin d'occulter ce fait dans leur vie quotidienne, lui demandait des tas de choses sur la magie. Il s'allongeait à plat vendre sur le canapé, les mains sous le menton, coudes sur l'accoudoir, et buvait les paroles de sa femme, assise dans un fauteuil à côté. Ainsi, ils connaissait tout, ou presque; le fonctionnement des études à Poudlard, les grandes rues commerçantes sorcières, y compris le Chemin de Traverse à Londres, où trouver des sorciers, les bars célèbres comme le Chaudron Baveur, la presse, les librairies, confiseries... Tout un monde qui s'épanouissait près du sien, haut en couleurs, et discret à un tel point que les gens comme lui n'étaient pas sensés en connaitre l'existence. Mais l'amour franchit tous les obstacles...

La première fois que les pouvoirs magiques de Juliet se manifestèrent réellement, en dehors de sa métamorphomagie, gène hérité de son arrière-grand-mère, ce fût l'été 2012. Elle avait pile sept ans et demi, et lors d'une balade en ville avec une de ses copines du village, cette dernière avait traversé la rue sans regarder, alors qu'une voiture arrivait à toute allure sur le passage piéton. Il était indéniable que le conducteur n'avait pas vu la petite fille, puisqu'il n'amorça aucun freinage, mais Juliet, elle avait vu toute la scène. Les mots criant à son amie de faire attention moururent sur ses lèvres, tant le véhicule était proche, et impuissante, elle allait devoir assister à l’inévitable collision qui aurait lieu, quand soudain... Cela n'avait pas duré plus d'une seconde. Une seconde pendant laquelle le coeur de Liz se dilata, et où, muette de surprise, la bouche ouverte en un petit o, elle suivit le tracé de la voiture. Dix mètres, cinq mètres, deux mètres... Et tout à coup, plus rien. La voiture avait stoppé net devant Stacy, sans aucun freinage, comme par magie. Juliet venait de sauver une vie.

Évidemment, ses parents comprirent tout de suite de quoi il retournait. Heureusement pour elle, Juliet avait été la seule témoin de ce qui allait se produire sans l'intervention de la magie, les deux principaux intéressés n'ayant pas réalisé la présence de l'autre. Personne, donc, ne put s'étonner de ce freinage subit, sans bruit ni rien, et penser à une explication surnaturelle. Et la vie de Juliet reprit son cours, en paix.


CHAPITRE IV


Mais la vie réserve souvent de mauvais tours à ceux qui croient leur bonheur éternel. Elle trouve toujours un moyen de ramener à la réalité, de décevoir tous ces espoirs qui aspirent chaque jour à être heureux, tout simplement. Toutes ces âmes qui voguent, se croisent, se trouvent, se déchirent, se perdent. Dans ce monde où rien n'est tout blanc, ni tout noir, où le gris a élu résidence de manière durable, ce gris que seuls atteint les âmes qui ne pensent pas connaitre le malheur un jour, pour les laisser ensuite esseulées, privées de lumière, s'enfoncer dans les ténèbres dans une valse lente et mortuaire.
Vers les neuf ans de Juliet, son père tomba malade. C'était d'abord des quintes de toux soudaines, puis bientôt de plus en plus fortes et fréquentes. Des fatigues passagères, qui finalement ne le furent plus. Des évanouissements. Des maux de dos horribles, qui le conduisirent à quitter le restaurant malgré l'heure d'affluence, une fois de temps en temps, puis toutes les semaines. Madailéin, bien sûr, l'avait examiné, ne comprenait pas, ne trouvait pas d’explication logique. Incapable de soigner ce qu'il avait, cette maladie, qu'au début elle ne définissait pas comme telle, qui commençait à prendre possession de son mari, sous ses yeux, la narguant de sa force, lui renvoyant en pleine face sa propre impuissance.

Finalement, elle se décida à amener Jonathan voir un spécialiste moldu, malgré ses refus répétés, lui qui ne voulait être soigné que par elle, son infirmière personnelle. Madailéin avait insisté pour que Juliet ne vienne pas, et l'avait laissée à ses grands-parents maternels. Mais en rentrant à la maison, après le rendez-vous, ce n'était pas le visage de Jonathan, mais celui de Madailéin, qui était fermé. Ils décidèrent d'un commun accord de récupérer leur fille seulement trois jours plus tard, le temps de faire le point. Quand elle les retrouva enfin, Juliet nota immédiatement le sourire faible de sa mère, la joie pas complètement entière de son paternel. Assis dans la cuisine, Jonathan Matthews expliqua à sa fille qu'il était atteint d'un cancer du poumon, assez développé maintenant, qui selon l'éminent Professeur moldu qu'ils avaient consulté, était dû à l'amiante, une particule qui se retrouvait dans ses peintures, lorsqu'il peignait à la maison le week-end. D'une trop fréquente exposition à l'amiante, combinée à ses gènes assez faibles, avait résulté un cancer du poumon, à un stade malheureusement avancé, ce que se gardèrent bien de préciser ses parents, ne voulant pas inquiéter davantage leur petite fille rousse qui peinait déjà à concevoir l'idée d'un cancer, cette petite bête dangereuse qui s'était insinuée dans le corps de son père et allait peut-être l'éloigner d'elle.

Ainsi débuta la lente agonie du père de Juliet. Refusant de se prêter à la chimiothérapie, qui comportait trop de risques à son goût, il choisit de suivra un traitement basique. Des médicaments qui soulageait la douleur, mais de manière temporaire. Les potions que lui préparait avec application Madailéin fonctionnaient un temps, aussi, mais aucun sorcier n'avait pu découvrir un remède vraiment durable au cancer, ce cancer qui pouvait toucher moldus comme sorciers, pourtant, malgré une augmentation de risques flagrante chez les non-sorciers.
Tous les jours, Juliet voyait son père s'affaiblir de plus en plus, son sourire diminuer, un sommeil de plus en plus profond l'entraîner, loin, trop loin, à un endroit qui lui était de plus en plus difficile à atteindre. Il devint incapable de travailler, dût se résoudre à fermer le restaurant, au moins pour un moment, vu son état. Madailéin, elle devait effectuer des heures supplémentaires à Saint Mangouste, afin de pouvoir continuer à faire vivre le ménage, et payer la médicamentation très coûteuse de son mari. Juliet, de son côté, passait le plus de temps possible aux côtés de son père, ayant deviné malgré son âme d'enfant, qu'il n'y aurait peut-être plus tellement d'occasions. Elle désespérait de plus en plus chaque jour de le voir guérir, son état ne faisant que se détériorer encore et encore, lente agonie imperturbable, menée par le temps victorieux. Et dans le regard de sa mère, la lueur d'espoir qui brillait si fortement au début, s'affaissait chaque jour davantage, indéfinimment, jusqu'à finir par disparaître totalement.


CHAPITRE V

I shall believe - Sheryl Crow

Le soleil brillait, ce jour-là. Un soleil froid, glacé, inaccessible, contrastant avec la pâleur de la neige qu'il baignait dans son halo doré. Le cimetière était tout ensoleillé, et l'on aurait presque pu voir les importantes masses de neige entassées ici et là sur les pierres tombales fondre littéralement. Au milieu de tout ce spectacle mi-hivernal mi-printanier, une foule de personnes habillées en noir. Un cortège sombre, massé au centre, autour d'un prêtre occupé à lire quelques mot d'un recueil qu'il tient dans les mains. Il n'y avait que des expressions tristes, peinées, compatissantes. Rares étaient ceux dans l'assemblée réunie à oser regarder le cercueil de bois sombre derrière lequel se trouvait le prêtre. Ce cercueil perdu dans la neige, près d'une fosse irréelle, comme tout le reste. Tout ça était irréel. Ça n'existait pas. Tels étaient les pensées qui tournaient en boucle dans l'esprit de Juliet Matthews depuis soixante-douze heures. Certainement les plus horribles de sa vie entière.

Elle ne savait pas ce qui avait été le pire. Ce dix-neuf janvier 2016, à peine trois jours plus tôt, où sa vie avait basculé. Ce moment, cette seconde précise où tout s'était éteint. Il n'y avait plus rien; ça avait été les cris, les larmes, la souffrance, affreuse, horrible, qui l'avait prise aux entrailles, l'entraînant dans les ténèbres. Là où il ne ferait plus jamais jour. Où la lumière avait disparu pour toujours. Juliet avait senti son coeur se détacher de sa poitrine, tomber au sol avec fracas. Les larmes avaient ruisselé sur ses joues avant même qu’elle n'ait pu articuler le moindre mot. Puis les sanglots, les cris déchirants dans ce couloir d'hôpital, face à un médecin désolé, si habitué à annoncer des nouvelles qui brisent une vie. Ce jour-là, Juliet l'avait su, du haut de ses onze ans : elle était brisée. Son âme déchirée en deux à jamais.

Son père était décédé. Mort, plus de ce monde, parti pour toujours, dans un endroit qu'elle ne connaissait pas, et d'où il ne reviendrait pas. C'était comme tout s'était vidé d'un coup. L'espace d'un instant, telle une bourrasque de vent qui emporte tout sur son passage. Plus de père. Jamais plus Juliet ne reverrait son air amoureux lorsqu'il enlaçait sa mère et se penchait pour l'embrasser, cette lueur de malice qui brillait dans ses yeux quand il l'emmenait se promener avec lui, lui faisant découvrir mille et une choses, cet air fier d'elle lorsque, debout sur un tabouret pour atteindre les plaques de la cuisine, elle apprenait à cuisiner sous son égide. Juliet ne reverrait jamais plus son père.

Sa mère s'était complètement effondrée. Madailéin n'avait plus mangé depuis trois jours, les yeux emplis de toute la détresse du monde, que même sa fille unique, son rayon de soleil, n'aurait pu faire disparaître complètement en une vie entière. Car c'était cela qu’elle avait perdu, le bonheur et l'Amour d'une vie. La gorge serrée, dévastée par les larmes, Juliet avait suivi le médecin à l'intérieur de la chambre où reposait désormais son défunt père. Elle avait été la première à rentrer dans cette pièce où régnait une ambiance horriblement calme et morbide. Sa frêle silhouette secouée de sanglots, elle s'était avancée lentement vers le lit, contemplant le visage fermé de Jonathan Matthews, passant un doigt sur sa joue légèrement tiède. Le médecin l'avait laissée, elle ne l'avait même pas entendu quitter les lieux, de son pas feutré, la laissant seule avec son paternel. De toute manière, quand bien même aurait-il été là, cela ne l'aurait pas empêchée de s'effondrer au pied du lit, pleurant toutes les larmes de son corps, hurlant une douleur que rien ni personne n'aurait pu guérir, jamais.

Un long moment plus tard, elle s'était relevée, avait embrassé le front de son père pour la dernière fois, et d'une main tremblante, avait débranché les câbles qui le reliaient encore aux différents appareils médicaux. Des mois qu'il croupissait dans cet hôpital, son état se dégradant encore et encore. Des mois d'impuissance, passées à observer la personne qui lui était la plus chère s'affaiblir, touchée par ce cancer du poumon qui le dévorait, inlassablement. Son père l'avait quittée; désormais. Les infirmières avaient dû venir la chercher pour l'arracher à la chambre; les croques-morts devaient arriver et faire leur travail. La mère de Juliet l'avait rejointe à un moment, mais s'était effondrée elle aussi. Incapable de réconforter sa fille, de lui dire que tout allait bien se passer. Rien n'allait bien se passer, et elles le savaient toutes les deux. Il n'y avait plus de raison que tout aille bien de nouveau un jour.

Dans le cimetière, beaucoup de personnes étaient réunies. Très peu de famille, seulement les quatre grands-parent de Juliet et sa mère, ses parents n'ayant pas de frère et soeurs. Le reste constituait des amis proches, des connaissances, tout le personnel du restaurant de Jonathan, des commerçants de la ville. Juliet n'avait même pas le coeur de se dire que son père allait être regretté. Les larmes coulaient à flot sur son visage livide, sans qu’elle ne dise rien. Le tremblement progressif qui envahissait tout son corps dénotait sa souffrance. Elle était trop jeune, il était trop tôt; elle n'aurai pas dû perdre son père maintenant. C'était un ordre précipité des choses.

Tout à coup, elle entendit son prénom dans sa souffrance. Ses yeux larmoyants s'étaient fixés sur le cercueil depuis pratiquement le début de la cérémonie, et à présent la plupart des regards avaient convergé vers elle. Juliet finit par relever les yeux en direction de la voix qui l'avait appelée; le prêtre la regardait, lui souriant timidement. Il l'attendait. Elle réalisa, troublée, qu'elle tenait serrée une rose blanche dans sa main, si fort que les épines avaient transpercée sa peau, laissant quelques petites taches sanglantes sur sa paume. Déglutissant péniblement, elle s'avança lentement vers le prêtre, les larmes continuant de dévaler ses joues tandis qu’elle se dirigeait vers le cercueil qu'elle ne quittait plus des yeux. Un sanglot lui échappa tandis qu'elle enfonçait ses bottes noires dans la neige, et son manteau de la même couleur, trop long pour elle. Ses cheveux roux étaient détachés, mais ne brillaient plus. Leur éclat avait largement diminué depuis ces derniers jours, mais là ce fut l'apogée. Ils perdirent totalement leur couleur rousse. Alors qu'elle arrivait au cercueil de son père, ses cheveux se rembrunirent, perdirent tout volume, pour venir se plaquer misérablement dans son dos, lisses et fades. Envolées les boucles rousses flamboyantes qu'elle tenait de sa mère. Sans un regard pour personne, elle mit sa main tremblante au-dessus de la fosse où se trouvait à présent le cercueil, cette boîte qui renfermait son père, et lâcha la rose blanche, qui tomba profondément, avant d'heurter le bois. Puis ce fut le tour de ses grands-parents paternels, puis enfin celui de sa mère, qui déposa une rose rouge.

Les adieux étaient faits. Des visages inconnus se succédèrent à la sortie du cimetière pour présenter leurs condoléances, le prêtre les salua, puis ce fut fini. Avec la rose était tombé un morceau de son âme. Ce jour-là, quelque chose en Juliet s'était brisé pour toujours.


CHAPITRE VI

La semaine suivant le décès avait certainement été l'une des plus éprouvantes de la vie entière de Juliet, et a fortiori de celle de sa mère. Madailéin Matthews vivotait à peine, se nourrissant quand elle y pensait, un jour sur deux ou trois, restant la plupart du temps enfermée dans sa chambre, les yeux imprégnés du vide qu'elle ressentait, de celui qui avait totalement pris possession d'elle depuis que Jonathan n'était plus. Dans un moment de lucidité durant cette semaine, elle décida d'envoyer sa fille vivre chez ses grands-parents maternels, le temps que les choses se tassent, et malgré les protestations de la petite rouquine qui ne souhaitait pour rien au monde délaisser sa maman, alors que la seule chose dont elles avaient véritablement besoin, là, maintenant, était justement de se serrer les coudes et de rester ensemble, quoiqu'il arrive. Mais non, Madailéin Matthews n'était plus que le pâle reflet d'elle-même, de toute manière. Son sourire avait disparu, sa joie de vivre avec, le chagrin immense causé par la perte de l'Amour de sa vie dévastant tout sur son passage. C'est à partir de ce moment que les relations avec sa fille commencèrent à se dégrader sérieusement, un fossé de plus en plus profond se creusant entre elles deux. Juliet fit donc sa valise et partit vivre chez les O'Carroll Seniors. Les au revoir furent brefs et distants; elle prit le portoloin qui la conduisit à Canterbury, une petite cité dans le Kent qui comptait parmi les plus anciennes de toute l'Angleterre. Ses grands-parents habitaient dans le centre historique, dans une maison coquette et atypique, tout en bois et pierre, qui longeait le canal de la ville. Assez déstabilisés de l'arrivée imprévue de leur petite-fille unique dans leur vie quotidienne, ils tentèrent toutefois de s'occuper d’elle de leur mieux. Juliet ne manquait de rien, obtenait ce qu'elle désirait lorsqu'elle le voulait, du moins quand elle désirait quelque chose. Elle vivait depuis une semaine à peine chez eux lorsque son anniversaire arriva. Le onzième, le premier février deux mille seize. Certainement le pire de tous. Non seulement sa mère ne vint pas le fêter avec elle, dans ce qui ressemblait plus à un déjeuner amélioré qu'à une véritable fête d'anniversaire, compte tenu des circonstances, mais elle ne se manifesta pas de la journée. Aucune carte, pas de coup de cheminée, rien. À croire qu'elle avait oublié jusqu'à l'existence de sa propre fille. Juliet ne dit rien, ne manifesta absolument aucune émotion, bien qu'à l'intérieur, elle saignait abondamment. C'est certainement à partir de ce jour que tout changea. Avec ses onze ans arriva la lettre de Poudlard, celle qu’elle avait attendu tant d'années avec impatience, mais qui pourtant n'obtint même pas un sourire de sa part. Un froid sérieux, rien de plus. Ce serait l'attitude de Juliet, désormais. Elle ferait face, bravement, sourirait, comme son père aurait voulu qu'elle fasse. Elle ne montrerait plus sa souffrance.

Elle décida que ce jour devait marquer pour elle le début d'une nouvelle vie. Une vie dans laquelle son père n'existait plus en tant que mortel, mais uniquement dans son esprit et dans son coeur, là où nul ne pouvait le voir. Personne ne devait savoir ce qui lui était arrivé. Elle refusait catégoriquement qu'on la regarde avec pitié et compassion; elle n'avait pas besoin de cela, elle était forte. Raison pour laquelle personne ne devait savoir. À table, elle reprit sa grand-mère lorsque celle-ci l'appela Juliet. Elle corrigea immédiatement : « C'est Liz. » Ses grands-parents, abasourdis, échangèrent un regard, et voyant la véhémence avec laquelle Juliet, dès à présent Liz, défendait son changement de prénom, ils n'eurent d'autre choix que de l'accepter. Comprenant que Juliet était le prénom choisi par son père, et que prendre le deuxième comme prénom usuel faisait partie de son processus de deuil.

Un peu plus tard ce soir-là, le grand-père de Liz la prit à part pour l'emmener dans sa chambre. Là, il retira du tiroir de sa table de nuit un petit coffre en bois qu'il ouvrit, et dans lequel résidait une baguette magique. La sienne, en bois de chêne, contenant un ventricule de dragon, rigide et masculine, mais fiable et efficace, particulièrement en Défense Contre les Forces du Mal. Il l'offrit à sa petite-fille, lui assurant qu'à son âge avancé il n'utiliserait plus la magie, et que les sorts rudimentaires qu'exerçait son épouse de temps à autre suffisaient amplement à leur petite vie tranquille. Liz le remercia, un pâle sourire sur les lèvres (le premier depuis deux semaines), et le prit dans ses bras, avant de quitter la pièce de son petit pas d'enfant. Ce soir-là, elle pleura en silence dans son lit, mais personne ne l'entendit.


CHAPITRE VII

Liz rentra à Poudlard le premier septembre de la même année. L'été lui avait redonné des couleurs, effaçant sur son visage les traces des nombreuses insomnies et larmes qui l'avaient marquée les mois précédant. Sa chevelure était à nouveau rousse, orangée, mais ceux qui s'y intéressaient de près auraient pu voir son reflet terne et artificiel. En effet, Liz n'avait pas été en mesure d'utiliser sa métamorphomagie depuis le décès de son père, aussi sa couleur de cheveux, qui semblait ressembler à sa couleur naturelle mais ne l'était pas, ne résultait en fait que d'une coloration magique. Une semaine avant la rentée, elle avait attendu patiemment, la tête au-dessus de la baignoire, que sa grand-mère ait fini de lui appliquer la lotion magique qui redonnerait de l'éclat à ses cheveux. En effet, au plus le temps passait, au plus ces derniers devenaient gris, il serait donc impossible de ne pas deviner le don de métamorphomagie de la petite à son arrivée à l'école, ainsi que le chagrin immense qu’elle avait dû subir et qui avait provoqué cette perte de couleur de cheveux. Or, Liz tenait à garder tout cela sous clé. Elle ne comptait même pas en parler à qui que ce soit un jour, mais cette résolution s'envola avec la rencontre de ses deux meilleures amies, June Elder et Kyra Johnson.

Elles furent toutes les trois réparties à Poufsouffle à leur arrivée en première année, et dès lors, ne se quittèrent plus. Liz était en quelque sorte redevenue la personne qu’elle était avant : heureuse, portant la joie de vivre en elle, serviable, amie fidèle et loyale. Mais June et Kyra, elles, arrivèrent à la connaitre tellement bien qu'elles surent vite déceler ses failles, et Liz leur raconta son histoire, ce deuil si lourd qu’elle portait toujours avec elle, et garderait certainement à jamais.

Ses deux premières années à Poudlard se déroulèrent plutôt bien dans l'ensemble; elle formait les trois mousquetaires avec June et Kyra.
C'est en troisième année que le bouleversement arriva...


2 septembre 2019 ▬ « Si on m'avait dit qu'en moins d'une seconde, ma vie pouvait basculer à nouveau, je ne l'aurais sans doute pas cru »

Rentrée en troisième année. Rien de bien passionnant, a priori. La journée en train s'annonçait longue, dans la vieille locomotive rouge qui traverserait au cours de la journée toujours les mêmes paysages, sans arrêt. C'était à Poudlard que les choses changeraient. Car si elle avait passé deux années entières dans le château écossais, celui-ci ne perdait néanmoins pas sa valeur particulière dans le coeur de Juliet. Avec ses tours escarpées, et ses allures d'un autre temps, le vieux château paraissait toujours aussi magique à la rousse. Elle s'y sentait chez elle, et parfaitement à sa place parmi les Poufsouffles, les justes et loyaux à la patience proverbiale. Assise seule dans un compartiment avec sa meilleure amie June, elle regardait cette dernière, écoutant avec attention le discours de celle-ci, qui lui relatait avec une excitation certaine sur les traits et sans omettre aucun détail l'été divin qu'elle avait passé. Malgré la surveillance constante de son frère aîné, qu'elle et ses soeurs se plaisaient à surnommer l'Ours, June avait manifestement profité au maximum des beaux jours, et en faisait à présent le récit à Juliet, heureuse de la retrouver après deux mois de séparation. La rousse ne l'interrompait pas, passionnée par les aventures de June Elder qui encore une fois s'était débrouillée pour faire les 400 coups à la barbe de son frère. Kyra ne devrait pas tarder à présent, la blonde s'était absentée quelques instants plus tôt pour aller saluer de vagues connaissances et son arrivée dans le compartiment était désormais imminente. En tout cas, le trajet ne s'annonçait pas morne, le trio ayant comme toujours beaucoup de choses à se raconter, surtout après avoir passé plusieurs mois éloignées les unes des autres. Juliet écoutait donc, tranquillement assise avec June, pour ce qui semblait être une longue discussion sans interruption, jusqu'à ce que justement, on prouve aux deux jeunes filles qu’elles se trompaient éperdument en pensant être tranquilles un moment...

En effet, une interruption de taille eut lieu à peine quelques minutes plus tard. Tout à coup, la porte du compartiment coulissa d'un coup sec, laissant apparaître un grand garçon, blond, aux yeux bleus glacés, avec déjà une carrure d'homme malgré ses quatorze printemps : Caleb Anthony Elder. Le frère de June. L'Ours dans toute sa splendeur. Si Juliet n'avait pas encore eu le plaisir de faire sa connaissance - et souhaitait d'ailleurs retarder cette rencontre au plus tard possible, d'après les dires peu conciliants de June à ce propos- elle fut néanmoins surprise de cette rencontre inopinée. Elle avait bien évidemment entendu de nombreuses fois le prénom du jeune homme, dans la bouche de June, sa propre soeur, mais aussi dans d'autres, affolées de la plupart des élèves de son année. Le Serpentard répandait la crainte parmi les plus jeunes, et les plus âgés également. Sans doute cela était-il lié à son assurance qui semblait sans bornes, ou bien au fait qu'on le voyait toujours soit froid et impassible, soit dans une colère sans nom. Deux états qui correspondaient parfaitement à l'ours, et en cet instant où il était bel et bien énervé, Juliet ne put s'empêcher de penser que le surnom choisi par ses sœurs n’était décidément pas emprunté. Dès son entrée dans le compartiment, elle ne put s'empêcher de se sentir intimidée par lui, sa présence physique imposante autant que morale. Nul doute que quand il arrivait quelque part, tout le monde notait sa présence... Et la fuyait en catimini, sûrement aussi. Mais Caleb ne lui accorda pas un regard, se concentrant sur sa soeur, d'un an sa cadette, déversant sa rage sur elle et lui balançant au passage un sac qu’elle avait oublié au manoir. June, dans son habituelle attitude désinvolte qui avait visiblement le don de mettre son frère sur les nerfs, répondit qu'il n'y avait pas mort d'homme et se plut ainsi à montrer la faculté d’exagération extrême dont disposait son aîné. Le Serpentard, lui, paraissait furibond, tâchant de se contrôler de son mieux pour ne pas exploser. Liz en eut la chair de poule, mais peut-être pas réellement pour cette raison. Son cœur battait la chamade, mais elle ne le réalisa pas tout de suite.

Pendant toute la durée de l'intervention, la rousse était demeurée bouche bée, sans pouvoir se contrôler. Le fait est qu’elle se trouvait, une fois n’est pas coutume, complètement à court de mots. Sans doute que dans une telle situation, et vu l’état de fureur intense actuel du Serpentard, mieux valait pour elle ne rien dire, et rajouter ainsi de l’huile sur un feu qui semblait déjà bien avancé. Toutefois, elle aurait voulu dire quelque chose. N’importe quoi. Elle aurait voulu lui parler, laisser ses lèvres s’entrouvrir pour dire quelques mots, ne serait-ce que son prénom, pour se présenter formellement. Elle se doutait qu’il connaissait déjà son identité – s’il était aussi protecteur avec ses sœurs, sans doute s’était-il renseigné au maximum sur les fréquentations de celles-ci, et a fortiori n’avait-il pas trouvé chez Juliet un défaut nécessitant d’éloigner June d’elle à tout prix, du moins d’après les déductions de la rouquine – Mais à la vérité, elle en était incapable. Complètement prise au dépourvu. Par cette entrée terrifiante, cette carrure d’ours, cette rage sans nom, ces yeux bleus tranchants posés sur elle tout à coup, qui semblaient la poignarder de part en part. Juliet soutint son regard lorsque Caleb se tourna tout à coup vers elle, dans un mouvement pour quitter le compartiment, son élan de rage assouvi. Rien dans son regard ne semblait autre que méprisant et froid. Liz ne put s’empêcher de se dire qu’elle avait de la chance de ne pas faire l’objet de ses foudres à cet instant, comprenant enfin pourquoi tant de ses camarades le craignaient. Caleb Elder faisait vraiment peur, et même à ses sœurs, bien que ces dernières, et particulièrement June, aiment le nier et surtout le cacher.

Chocolat contre glace. Combat qui n’en était pas vraiment un. Juliet ne comprenait rien. Ni cette sensation de chaleur qui semblait s’être insinuée en elle tout à coup, ni son cœur qui battait la chamade, sa poitrine se soulevant à intervalles de plus en plus réguliers sous sa chemise d’uniforme heureusement boutonnée jusqu’au col et qui cachait ce trouble sinon trop apparent. Elle ne savait pas vraiment ce qui lui faisait soutenir le regard de Caleb, ses lèvres roses toujours entrouvertes. Comme s’il y avait rien d’autre autour. Stupide. Insensé. C’est certainement un élan de raison qui la fit baisser les yeux tout à coup, ne supportant plus la glace foudroyante du bleu des yeux de Caleb. Elle ne sut jamais si l’ours avait apprécié sa victoire dans ce combat visuel, puisque la seconde d’après il était parti, laissant la porte du compartiment claquer violemment. Liz pressa inconsciemment les paupières une brève seconde, sous le choc. Heureusement, June ne sembla pas le remarquer, toute occupée qu’elle était déjà à évacuer toutes les pensées négatives qui venaient de l’assaillir à nouveau, au sujet de son aîné. Kyra les rejoignit bientôt, et Juliet laissa June lui raconter l’épisode précédent. Puis l’atmosphère se détendit lorsque les vacances redevinrent le sujet de discussion principal. Liz discuta allègrement avec ses meilleures amies, mais sans qu’elle ne sache pourquoi ou en saisisse la portée, elle ne pouvait s’empêcher de ressentir un léger pincement au cœur. Caleb avait réussi à se faire un chemin dans son esprit et peut-être même déjà son cœur embrumé…


CHAPITRE VIII

La troisième année de Liz marqua un tournant considérable dans la vie de la jeune sorcière. Elle qui se laissait rarement surprendre par quoi que ce soit, ne s’attachait jamais réellement aux gens, par peur de souffrir venait de recevoir en pleine face les conséquences d’une telle décision, à l’instar d’un boomerang. Elle ne voulait pas souffrir par amour ? Très bien, elle allait aimer, et même follement. Vengeance du destin qui en d’autres temps l’auraient fait sourire, elle qui ne croyait pas à l’existence d’une telle chose, et se jugeait blasée au niveau des sentiments. En dehors de June et Kyra, elle n’avait pas vraiment d’amis à Poudlard, des gens qu’elle aimait réellement, et pour qui elle aurait sacrifié beaucoup s’il l’avait fallu. De nature sociable et sympathique, elle était appréciée, évidemment, invitée à toutes les soirées de son année et même des élèves plus âgés, mais tout ce tas de « potes de beuverie » ne constituaient au final rien d’autre que de vagues connaissances avec qui passer du bon temps. Aucune de ces têtes ne la connaissait vraiment, ne se doutait même de tout ce qui se trouvait sous cette surface fêtarde et drôle. Et à la vérité, personne n’y prêtait attention. Ce qui comptait c’était qu’elle ne résiste jamais à une occasion de faire la fête et compte parmi les premiers à s’élancer sur la piste de danse jusqu’au bout de la nuit, arrosant au passage toutes les raisons possibles et imaginables pouvant expliquer la tenue de la soirée. Pour sûr, Liz savait s’amuser. Un moyen comme un autre pour elle de dissimuler au plus profond sa souffrance, l’existence d’une Juliet quelque part. Personne ne l’appelait ainsi, jamais. Mais elle l’était pourtant pleinement et entièrement, et les seules à le savoir étaient June et Kyra. Meilleures amies, inséparables, toujours.

Et c’est cette amitié pour June surtout qui développa chez Liz une culpabilité, prenant progressivement plus de place à mesure que le temps passait. Depuis leur rencontre, la rousse pensait souvent à Caleb, le frère de sa meilleure amie. Bien malgré elle, d’autant plus qu’elle ne l’avait pas vu arriver. Grand, imposant, comme toujours, il renversait tout sur son passage, se glissant à une place vide de sa classe de métamorphose tout à coup, ou bien près d’elle dans sa salle commune, ou encore près du lac alors qu’elle se baladait seule dans le parc. Visions de son subconscient qui ne faisaient qu’embrouiller davantage le fil de ses pensées. Dès qu’elle avait les yeux dans le vague, son esprit se manifestait et faisait apparaitre l’objet de ses désirs, Caleb, à ses côtés. Si au début, elle ne s’en formalisa pas, se disant qu’elle devait être effrayée par l’ours – c’était forcément cela -, les apparitions cependant devinrent plus fréquentes. De véritables hallucinations, qui tourmentèrent de plus en plus la rousse. Elle ne comprenait pas, refusait de comprendre. Se posait des milliers de questions, sans trouver de réponse qui lui convienne. Mais toute vérité n’est pas bonne à dire, encore moins à assumer, et la rousse préférait donc se voiler la face plutôt que d’admettre quoi que ce soit. Cette présence de l’aîné des Elder dans son esprit était plus qu’incompréhensible. Complètement insensée, elle ne remplissait aucun critère pouvant l’expliquer. Caleb était juste là, dans ses pensées. Tout le temps. C’était un fait, et c’était tout. Bien évidemment, Liz ne le dit jamais à personne. Encore moins à ses meilleures amies, à qui pourtant elle ne cachait rien. Caleb devint bientôt son secret, son désir refoulé. Comment pouvait-elle être attirée par lui ? Certes, ses yeux bleus glacé, ses cheveux blonds un peu longs, ses muscles fermes et saillants qui ressortaient sur sa carrure de joueur de Quidditch pouvaient le rendre terriblement attirant… Et sa beauté le classait largement parmi les garçons les plus convoités de l’école, cela était indéniable. Mais tout les opposait tellement, qu’elle se demandait comment pouvait-il être seulement concevable qu’elle nourrisse une certaine attirance pour lui. Son caractère bien trempé, sa froideur désormais légendaire, de même que ses colères furieuses le classaient loin de toute tentative d’approche. Et Liz ne pouvait s’empêcher de se trouver ridicule à un point qui dépassait l’entendement : elle, si petite, de carrure si fragile –bien que ce ne soit qu’une apparence- à côté de lui, l’ours explosif ? Ne serait-ce que les trente-cinq centimètres qui les séparaient aurait dû suffire à l’enlever de ses pensées. Comme si lui, si grand et fort, si froid, intouchable, inaccessible, pouvait accorder un regard autre que méprisant à une petite chose insignifiante comme elle. Insignifiante, voilà sans doute ce qu’elle était pour lui. Et cette certitude sans nul doute convainquait Liz de rejeter au plus profond ses sentiments, et de nier leur existence même.

Seulement, la tâche se corsa au mois de novembre de sa troisième année. Période où elle commença à recevoir des lettres, pour le moins… Etranges. En effet, ce que l’on pouvait appeler un admirateur secret s’insinua peu à peu dans sa vie quotidienne, expéditeur de lettres qui devinrent bientôt fréquentes. Des lettres où il avouait son amour à Liz, mais aussi l’impossibilité de lui avouer son identité, ainsi que son assurance que jamais rien de concret ne pourrait un jour arriver entre eux. Dès le début, le jeune homme avait été clair : elle ne devait pas chercher un moyen de découvrir son identité. A la réception de la première lettre, Liz avait cru à une plaisanterie, certes de mauvais goût, et n’y avait pas prêté attention plus que cela, bien que gloussant avec June et Kyra à l’idée de découvrir qui était ce mystérieux admirateur… Mais les lettres s’étaient multipliées assez vite, et devinrent finalement le quotidien de la rousse. Il ne se passait pas une semaine sans qu’elle ne reçoive une lettre, et même, lorsque ce n’était pas le cas, elle ne pouvait s’empêcher de regarder, les yeux emplis d’espoir, les hiboux se poser dans la Grande Salle, dans l’attente d’une lettre pour elle. L’admirateur, qui semblait réellement l’aimer, elle, et profondément, lui réchauffait toujours le cœur par ses mots couchés sur le papier, toujours de cette même écriture fine et courbée. La Poufsouffle avait d’ailleurs de nombreuses fois tenté de trouver une personne qui possédât une telle écriture, se penchant avec intérêt sur les notes de ses camarades durant les classes, ou dans sa salle commune. Il lui paraissait après tout plus logique qu’il s’agisse d’un Jaune & Noir, puisque ceux-là étaient les personnes qui la voyaient le plus souvent, et pouvaient donc connaitre ses habitudes. A moins que l’admirateur l’observe vraiment beaucoup pour savoir toute cette foultitude de détails à son sujet. Si tel était le cas, c’était à la fois effrayant et… Flatteur. Cela prouvait que quelqu’un pouvait vraiment s’intéresser à elle, et pire que ça, l’aimer. Les années passant, Juliet n’avait pas eu de véritable relation amoureuse. Elle ne connaissait pas l’Amour avec un grand A, le vrai, celui puissant qui avait uni ses deux parents tant d’années. Et elle n’était d’ailleurs même pas sûre de vouloir le connaitre un jour. A quoi bon, de toute façon ? Aimer ne constituait qu’un poison pour le corps humain, mais aussi l’esprit et le cœur. Gangrenant peu à peu les veines, en veillant à s’attacher bien solidement pour pouvoir mieux détruire ensuite. Liz refusait de se faire avoir par ce qu’elle qualifiait d’artifice. Elle ne voulait pas ressembler à sa mère, dont les yeux paraissaient toujours vides, le teint terne, malgré ses efforts pour paraître heureuse –et qui se soldaient toujours lamentablement par un échec cuisant-, qui avait perdu le seul et unique amour de sa vie. Liz devait toujours se montrer forte, pour elle-même, et à la place de sa mère. Certes, elle avait toujours ses grands-parents, mais avait grandi beaucoup plus vite que prévu, brûlé les étapes suite à un deuil trop lourd à porter pour un si jeune âge. Si personne ne pouvait se gausser d’être prêt à enterrer ses parents un jour, à trente comme à quatre-vingt ans, il ne faisait aucun doute que dix battait tous les records.

Arrivée en cinquième année, ce n’était pas tant ses BUSES qui l’effrayaient mais plutôt ses relations avec sa mère, qui à présent complètement remise – du moins, autant que faire se pouvait dans sa situation – souhaitait renouer avec elle et s’occuper d’elle à nouveau. Liz était perturbée par cette prochaine réapparition de sa génitrice dans sa vie, ne sachant pas trop comment y réagir. Certes, Madailéin Matthews avait perdu son mari dans des circonstances tragiques, mais l’amour de sa fille unique ni même le besoin de cette dernière de sa maman n’avaient suffi à la convaincre de tenir le coup. A la place, elle s’était enfoncée dans son chagrin, confiant sa fille à ses grands-parents, se déconnectant du monde extérieur. Des problèmes médicaux à ajouter, et elle était disparue de la vie de Juliet pendant des années.

La jeune fille se demandait parfois si ce n’était pas à cause de cette souffrance de sa mère qu’elle ne parvenait pas à s’attacher réellement à un garçon, tomber vraiment amoureuse et se lancer dans une relation vraie et sincère. Sans doute l’était-ce. Elle avait vaguement flirté avec quelques garçons, parfois même eu le cran d’affirmer qu’elle « sortait avec » eux, mais cela n’excédait jamais les deux semaines. Un cap qui semblait infranchissable dans son esprit, une limite au-delà de laquelle les choses devenaient trop sérieuses, le risque d’attachement trop fort, d’autant plus qu’elle voyait alors ledit petit ami tous les jours. Si June et Kyra, au début de la série de ces très courtes relations, avaient tenté de raisonner leur meilleure amie, en lui assurant qu’un tel était pas mal, et qu’elle devrait rester avec un moment, voyant que la liste continuait, les deux filles avaient préféré se taire, comprenant bien que l’origine de cette incapacité d’être dans une relation était bien trop ancrée en Juliet pour que même elles puissent y faire quoi que ce soit.

Les deux seules choses intangibles dans la vie sentimentale de Liz étaient devenues les lettres de l’admirateur secret, et son attirance pour Caleb Elder. L’admirateur, dont le débit de lettres ne diminuait pas, qui continuait à lui écrire des mots d’amour, auxquels au plus profond d’elle, elle avait envie de croire. Mille fois elle s’était demandé l’effet que cela lui ferait de le rencontrer, d’enfin savoir qui se cachait derrière cette signature de « A » pendant tout ce temps, mais elle craignait que cela n’arrive malheureusement jamais. Ses recherches sur l’écriture n’avaient rien donné, de même que celles sur l’initiale, et la rousse avait dû se rendre à l’évidence : il s’agissait probablement de styles et signatures empruntées. Liz était même allé jusqu’à dénicher le sortilège permettant d’inverser un sort de changement d’écriture, mais cela n’avait rien changé, les courbes n’avaient pas bougé d’un pouce. Elle en était donc arrivée à la conclusion que quelqu’un, qui que ce soit dans tout Poudlard, avait écrit els lettres de sa main, et cela n’avait pas arrangé ses affaires. Au vu des milles élèves qui chaque jour traversaient les couloirs de l’école, elle en était pour ainsi dire revenue à la case départ. Décidant d’abandonner, elle s’était désintéressée de l’identité de l’admirateur, se contentant de le lire avec grand intérêt, chaque fois qu’il lui adressait des lettres, comme il le souhaitait. Malgré deux ans de correspondance intensive, les lettres défilaient toujours, chacune gardée précieusement dans une petite boite, agrandie par la magie, que Liz conservait dans un tiroir de sa table de nuit. Elle l’avait même ensorcelée pour la rendre invisible, de sorte que quiconque regarderait dans le tiroir n’y verrait qu’un livre et une brosse à cheveux. Elle ne voulait pas que quelqu’un découvre qu’elle conservait les lettres, pas même ses meilleures amies. A la vérité, elle aimait les garder près d’elle la nuit, les sachant dans son tiroir, et se plaisait à les relire dès qu’elle avait un coup de blues, à l’abri des regards, cachée par les rideaux de son lit à baldaquin. Savoir que quelqu’un était amoureux d’elle, même sans savoir qui c’était, et sans être sûre elle-même d’être capable de ce genre de sentiments un jour, lui donnait le sourire, un véritable sourire, qui l’aiderait à démarrer la journée, faire face. Car voilà comment elle voyait chaque jour passé dans l’enceinte de Poudlard : un combat contre elle-même, la partie Juliet en elle, pour sourire et paraître détendue, masquer de son mieux le trouble, l’absence, tout le vide qu’il y avait derrière. Et l’admirateur lui donnait l’impression de connaitre Liz comme Juliet, et de l’apprécier telle qu’elle était, sans mensonge ni artifice.

La deuxième chose intangible, était bel et bien Caleb. Du moins, ce qu’elle ressentait pour lui. L’aîné des Elder refusait manifestement obstinément de quitter son esprit, et le nombre de pensées pour lui chaque jour avaient augmenté ostensiblement, particulièrement depuis qu’elle avait pu l’apercevoir dans son « environnement naturel », durant les vacances d’été, au manoir Elder. En effet, après l’insistance évidente dont June et elle avaient fait preuve, l’Ours avait fini par craquer, et c’était ainsi que Liz s’était retrouvée au bord de la piscine du manoir de sa meilleure amie, sirotant avec elle des cocktails à longueur de journée, bronzant tranquillement, et discutant de tout et de rien. Cela avait été plus fort qu’elle ; pendant tout le temps passé au manoir, Liz n’avait pu s’empêcher de l’observer à la dérobée, à tel point qu’elle se demandait comment cela se faisait-il que personne n’ait rien remarqué. Ou du moins, n’ait semblé rien remarquer.

Certes, elle avait tenté de la cacher dans la limite du possible, mais le voir en maillot de bain, extrêmement seyant, moulant à la perfection ses courbes, ses muscles et… le reste, la torturait au-delà de la limite du raisonnable. Et elle n’était pas au bout de ses peines. En effet, l’année suivante déjà, elle s’était découvert un intérêt subit pour le Quidditch. D’ordinaire, elle n’assistait qu’aux matches incluant sa maison, et encore, mais cela changea du tout au tout au début de sa cinquième année. Elle fut attentive à ne rater aucun match opposant Serpentard à une autre maison, veillant bien à encourager les Serpentards lorsqu’ils jouaient. Bien que cela lui attire de nombreux regards ahuris voire courroucés, mais peu lui importait, après tout elle était une Poufsouffle, autrement dit tolérante, donc elle pouvait parler à qui elle voulait dans l’enceinte du château. Certainement la maison la plus passe-partout des quatre, qui s’entendait avec toutes les autres. Et puis de toute manière, les clivages entre elles s’étaient nettement atténués avec le temps, même s’ils perduraient encore malgré tout, surtout du fait des sangs purs respectueux de leurs idéologies et avides de reconnaissance. Avec les quinze ans arrivaient les hormones, oppressantes, rendant Liz plus encline à flirter encore, enchaînant les conquêtes en soirées, ne supportant même plus de croiser Caleb dans un couloir tellement l’envie se faisait pressante. Certainement qu’il devait la trouver bizarre, ou penser qu’elle avait peur de lui, puisqu’à chaque fois qu’elle le voyait apparaitre au détour d’un couloir, la surprise se lisait sur son visage, et elle fuyait dans un autre couloir pour éviter de se retrouver proche de lui. Inlassablement. Non, ce malaise face à lui ne s’atténuait pas. Et elle pensait toujours à lui. D’ailleurs, ses BUSES s’en ressentirent peut-être un peu : elle obtint des notes plutôt correctes dans l’ensemble, dont un Optimal en Défense Contre les Forces du Mal et Divination. Aussi étonnant que cela puisse paraître, elle adorait la divination, une matière que beaucoup qualifiaient pourtant d’inutile ou encore de gnognotte. E fait est que cette matière avait décidément gagné une place dans son cœur le jour où la prof, sans même la connaitre ou quoi que ce soit, avait deviné qu’elle avait vécu un drame dans sa vie en regardant seulement les marques de café au fond de sa tasse. Un peu plus tard, à la fin du cours, elle l’avait pris à part pour lui dire qu’elle savait pour son père. Et aussi pour son don de métamorphomagie. Depuis, Liz avait pris cette matière on ne peut plus au sérieux, et son application répétée avait finalement porté ses fruits, puisqu’elle y obtenait toujours d’excellentes notes. Au grand étonnement de certains, d’ailleurs. En revanche, les autres matières constituaient une autre paire de manches. Et si Liz travaillait quand il le fallait, elle n’était réellement ni bonne ni mauvaise, juste moyenne. Elle obtint donc 7 BUSES, des résultats acceptables, sans plus, et qui lui convinrent parfaitement. Ses grands-parents ne partageaient peut-être pas cet avis, mais ils s’abstinrent de tout commentaire.

Tellement de regrets et de non-dits planaient sur cette famille, de toute manière, qu’un de plus ou de moins n’y aurait sans doute rien changé. Car si la mère de Juliet ne s’était clairement jamais remise du décès subit de son mari, les grands-parents de la rousse, eux, bien qu’ils ne le montrent pas, n’avaient pas réellement fait non plus le deuil de leur gendre, qu’ils avaient aimé comme leur fils. La photo du mariage de Madailéin et Jonathan était restée accrochée au mur, dans le couloir de la maison de North. Un souvenir que le temps ne jaunissait pas (bien que la magie ait sans doute quelque chose à voir là-dedans), et le sourire des parents de Juliet s’étirait sur leurs lèvres, toujours plus grand, avant qu’ils ne s’embrassent sous une arche fleurie de roses blanches. Chaque fois qu’elle passait à cet endroit de la maison, juste avant la chambre de ses grands-parents, la jeune fille ne pouvait s’empêcher de contempler la photo sorcière, toujours ce même pincement au cœur et ce goût amer dans la bouche qui refusaient de partir.


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Dernière édition par J. Liz Matthews le Ven 21 Juin - 18:16, édité 17 fois
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MessageSujet: Re: Juliet Liz Matthews • « They will not force us, they will stop degrading us, they will not control us, we will be victorious ! » Sam 5 Jan - 22:11

Bienvenue ma Juliet Coeur Razz Tu es libre d'envahir ma boite mp évidemment Very Happy
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MessageSujet: Re: Juliet Liz Matthews • « They will not force us, they will stop degrading us, they will not control us, we will be victorious ! » Sam 5 Jan - 22:32

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CHAPITRE IX

Ce qui lui faisait peur par-dessus tout, c’était de l’oublier. Evidemment, il était son père, il l’avait élevée pendant onze ans, impossible qu’il quitte son esprit à jamais. Mais les années passaient, et peu à peu ses traits s’effaçaient dans la mémoire de Juliet, ses traits perdant en précision dans le portrait mental qu’elle pouvait faire de lui les yeux fermés. Cela la terrifiait, et à chaque fois qu’elle le voyait en photo, elle avait l’impression de ne pas l’avoir connu comme ça, d’avoir oublié un détail de son apparence, ce qu’elle s’empressait de corriger de son mieux, apprenant par cœur chaque trait, la manière dont ses cheveux tombaient sur le côté, lui donnant toujours un aspect sorti du lit, de jeune étudiant de vingt-et-un ans, l’âge auquel il avait rencontré Madailéin, sa femme et l’unique amour de sa vie. Combien de fois l’avait-elle dessiné, esquissant maints et maints brouillons, les jetant inlassablement car aucun ne lui convenait, ne lui semblait suffisamment proche de la réalité ? Et à chaque fois que ses yeux menaçaient de changer de couleur –un des inconvénients de la métamorphomagie, quand on ne l’utilisait pas, elle se manifestait malgré tout, modifiant progressivement l’apparence- Juliet se concentrait au maximum pour que ses yeux redeviennent chocolat, les mêmes que ceux de son père, la même nuance, la même forme, exactement comme lui.

Bien sûr, elle aimait toujours autant son don, s’amusait à faire rire ses camarades en rendant ses cheveux blonds comme les blés, ou bien noir corbeau, parfois même bleu ciel, mais elle aimait leur redonner leur couleur rousse habituelle. De toute manière, ceux qui la côtoyaient tous les jours avaient bien fini par réaliser que le roux de ses cheveux devenait parfois beaucoup plus prononcé tout à coup, sans qu’il y ait de raison particulière, ou alors orange terne d’autres fois, et que cela ne rentrait sûrement pas dans le domaine des teintures de cheveux sorcières, qui elle n’étaient pas aussi réussies et durables. Non, Liz Matthews avait quelque chose de spécial, de plus ; c’était une métamophomage. Si elle avait été terrifiée quand la première personne à le découvrir, à force de l’observer, l’avait remarqué, elle avait finalement fini par s’y faire tandis que la rumeur se répandait dans les rangs, lui attirant nombre de regards médusés ou surpris, voir indifférents, et parfois même méprisants et dégoûtés, à son plus grand dam. Matthews était décidément un nom moldu, et la métamorphomagie ne se transmettait que du côté des sangs purs, aussi les sangs purs de l’école l’avaient dénigré, la montrant du doigt un moment comme monstre, avant de finalement se lasser, cachant derrière leurs moqueries leur jalousie profonde de ne pas posséder un tel don. Si l’on s’en remettait aux gènes, en effet, Liz avait eu une chance inouïe de devenir métamorphomage, car un lointain ancêtre avait possédé ce don avant elle, et sauté plusieurs générations. Ce type de magie était suffisamment rare pour ne pas se reproduire dans chaque famille sorcière, aussi, le fait qu’une simple sang-mêlée puisse en hériter avait suscité la convoitise de beaucoup. Mais ce n’était même pas cela qui dérangeait Juliet. Non, car parmi tous ces sangs purs, outre June, le seul dont elle se préoccupait de l‘opinion à son sujet était Caleb. Et s’il la trouvait monstrueuse ? Et si elle le répugnait ? Certes, elle était la meilleure amie de June, et ce lien bien trop ancré pour qu’il puisse espérer ne serait-ce que l’effriter un jour, mais tout de même. Que pensait-il d’elle à présent que le pot-aux-roses avait été découvert, sa véritable nature exposée aux yeux de tous ? Sa plus grosse insécurité à propos de Caleb était de ne jamais deviner ce qu’il pensait. Certaines personnes étaient des livres ouverts, leurs émotions se manifestant sur leurs visages en réaction à différentes situations. Mais Caleb était pire qu’une porte blindée fermée ; il devenait quasiment impossible de deviner ses sentiments, savoir même s’il en avait ; et même ses sœurs, qui le connaissaient pourtant mieux que quiconque, hésitaient parfois sur les pensées qui devaient l’envahir.

A la rentrée de la sixième année, Caleb n’avait pas quitté ses pensées. Liz se disait pour se consoler qu’il s’agissait de sa dernière année à Poudlard, qu’ensuite elle ne le verrait plus qu’à de vagues occasions, quand elle irait voir June au manoir Elder. Cela lui permettait de supporter cette attirance toujours aussi forte, qui prenait de plus en plus de place dans sa vie d’étudiante à Poudlard. Et la raison en était simple ; ce qu’elle avait tenté de refouler au plus profond d’elle finissait par ressortir au grand jour : ce n’était pas qu’une simple attirance, comme elle en aurait pu en avoir pour d’autres. Non, c’était bien plus que cela, quelque chose qui achevait de la terrifier, car c’était trop grand, immense, ingérable pour elle, et surtout impossible. Après l’histoire de ses parents, le drame vécu dans son enfance… Non, décidément, on ne pouvait pas mettre le mot « amour » sur les sentiments qu’elle portait à Caleb. Sauf que tout ne cessait de lui prouver le contraire ; et elle avait peur de l’assumer, car le simple fait d’admettre cette vérité dérangeante et néanmoins bien présente aurait de trop graves conséquences. Elle n’avait pas besoin de tomber amoureuse, ni maintenant, ni jamais. Et encore moins de la seule personne qui ne pourrait jamais avoir ne serait-ce qu’une pensée positive à son égard. Alors il fallait qu’elle change ça, qu’elle règle ce problème qui ne faisait qu’amplifier, en oubliant l’aîné des Elder pour de bon. Pour toujours. Telle était sa résolution pour sa sixième année à Poudlard. Encore fallait-il qu’elle y parvienne, ce qui était loin d’être chose aisée… L’amour n’était définitivement pas un long fleuve tranquille.


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MessageSujet: Re: Juliet Liz Matthews • « They will not force us, they will stop degrading us, they will not control us, we will be victorious ! » Dim 6 Jan - 9:26

Chachouuuu ! ♥️
(Re)bienvenue, donc ! Razz
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MessageSujet: Re: Juliet Liz Matthews • « They will not force us, they will stop degrading us, they will not control us, we will be victorious ! » Dim 6 Jan - 10:25

(Re)(Re)(Re)(Re) Bienvenue Wink ! Bon courage pour ta fiche, si tu as des questions, n'hésites pas à m'envoyer un mp je suis là pour ça ! J'ai hate de voir ce que ça va donner Love Je t'ai jamais vu jouer une pouffy je crois Very Happy ! Il nous faudra un lien d'enfer bien sur :ballon:
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James S. Potter

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MessageSujet: Re: Juliet Liz Matthews • « They will not force us, they will stop degrading us, they will not control us, we will be victorious ! » Dim 6 Jan - 13:01

ReReReReBienvenue ! Amuse toi bien sur ton propre forum (a) Séra
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MessageSujet: Re: Juliet Liz Matthews • « They will not force us, they will stop degrading us, they will not control us, we will be victorious ! » Dim 6 Jan - 13:11

LA MEILLEURE AMIE DE KYRA !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
rebienvenue ma chère :p

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Tahanie S. Weatherly

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MessageSujet: Re: Juliet Liz Matthews • « They will not force us, they will stop degrading us, they will not control us, we will be victorious ! » Mer 6 Mar - 14:28

Bienvenue Coeur
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J. Liz Matthews

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MessageSujet: Re: Juliet Liz Matthews • « They will not force us, they will stop degrading us, they will not control us, we will be victorious ! » Ven 21 Juin - 18:27

Merci tout le monde Yeux

Voilà, ça a mis le temps, mais : 

FICHE TERMINÉE :wii: Very Happy Very Happy Love Love Chaise Chat Chat Chat

Test rp pour la métamorphomagie dans le chapitre IX Coeur
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MessageSujet: Re: Juliet Liz Matthews • « They will not force us, they will stop degrading us, they will not control us, we will be victorious ! » Sam 22 Juin - 17:02

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Bienvenue !

    Bravo tu es validé chez les Poufsouffles !
    Tu peux désormais réserver ton avatar, ouvrir une fiche de liens pour te faire plein d'amis, écrire une bible de RP pour ne pas perdre le fil de tes histoires. Et ouvrir une boîte aux lettres ou ton compte Parchemess pour rester en contact. Tu peux aussi consulter les clubs &options pour t'inscrire. Et pourquoi pas jeter un coup d'oeil aux équipes de Quidditch ?
    Viens nous présenter qui se cache derrière l'ordinateur. N'oublie pas de jouer et de flooder pour rencontrer les autres membres ! Vérifie régulièrement les évènements pour être au courant des dernières nouvelles.
    Si tu as des questions, adresse toi à Charlotte M. Berrywell, B. Keelyn Caffrey, Josh I. Sullivan, Noah Z.-Eytàn Brown, Helen-Drizzle E. Brown ou Séraphina C. Black !
    Amuses toi bien parmi nous !

_________________

    Maintenant le Choixpeau Magique est là et vous connaissez le résultat:Je vous répartis dans les quatr'maisons puisque l'on m'a confié cette mission.Mais cette année je vais vous en dire plus long, ouvrez bien vos oreilles à ma chansonVoyez les dangers, lisez les présages que nous montrent l'histoire et ses ravages.Car notre Poudlard est en grand péril devant des forces puissantes et hostiles.Et nous devons tous nous unir en elle pour échapper à la chute mortelleSoyez avertis et prenez conscience



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MessageSujet: Re: Juliet Liz Matthews • « They will not force us, they will stop degrading us, they will not control us, we will be victorious ! »

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Juliet Liz Matthews • « They will not force us, they will stop degrading us, they will not control us, we will be victorious ! »

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