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Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate"

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Caleb A. Elder

ㄨ Messages : 29
ㄨ Date d'inscription : 04/01/2013


Histoire
Age du personnage: 17 ans
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MessageSujet: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Ven 4 Jan - 9:51

caleb anthony elder

Je m'appelle caleb anthony elder. J'ai montré le bout de mon nez le 10 février 2004, il y a maintenant 17 ans. Étant un sorcier de sang pur je possède une baguette magique en bois de chêne, ventricule de dragon, et de 25cm . Elle est très résistante et performante pour les sors de combat. Je suis en Septième année à Serpentard et malgré tout ce qu'on peut dire, je garde les pieds sur terre. D'ailleurs beaucoup de personne disent que je ressemble à Chris Hemsworth. Oh avant que j'oublie ou que tu entendes des rumeurs à mon sujet je suis célibataire mais mon coeur est pris et je l'assume pleinement (enfin, pas vraiment...).
Who I am
On décrit plus facilement Caleb par soustraction. Il n'est pas aimable, généreux, attendrissant, sympathique, souriant, amusant, tendre, attentionné, bavard.... Il n'est pas comme la plupart des gens à qui l'on trouve aisément des qualités, même si dans la majorité des cas ce qui serait une qualité pour l'un, pourrait être un défaut pour l'autre. Finalement, les qualités et les défauts sont mobiles : ils changent, ils se déplacent d'une catégorie à une autre, peuvent tout aussi bien disparaître ou apparaître à leur guise. Ils ne se contrôlent pas. Ils évoluent, tout simplement. Caleb Elder n'est pas vraiment un homme - ou un jeune homme. Si l'on devait le comparer à un être vivant : ce serait un ours. Pas pour le côté doux ou mignon malheureusement. Mais pour la bestialité, le manque évident de délicatesse - pas sûr qu'il sache seulement le sens de ce mot. Les choses sont plus simples dans sa tête : tu veux quelque chose ? Prends-le. Tu détestes quelque chose ? Jettes-le. Tu veux faire quelque chose ? Fais-le. Ou pas. Tout est définitif pour lui. Il n'aime pas le changement, il n'aime pas le progrès. Il aime avoir le contrôle en permanence, avoir les choses en mains et pouvoir les diriger à sa guise. Faire des choix pour les autres ne le rebute pas. C'est souvent ce que les autres aiment le moins chez lui : sa manière de tout gérer sans demander la permission. Caleb ne demande jamais la permission soit dit en passant.
Il est un sorcier très agile, brillant sans pourtant l'afficher, curieux mais pas studieux - il ne passe pas des heures à la bibliothèque pour réviser - , il est cultivé de part l'éducation qu'il a reçu. Caleb n'aime pas rester sans rien faire, il a toujours besoin d'être occupé. Ainsi, il est très sportif et sa carrure est imposante au premier abord. Il ressemble en tous points à une brute, mais il ne faut pas s'y fier : il ne possède pas seulement qu'une allure menaçante ou la force d'un animal. Il est rusé, très manipulateur, sans scrupules et prêt à faire du mal pour arriver à ses fins - quand bien même il s'agit des gens qu'il aime. Caleb peut être vraiment mauvais, son caractère lunatique allant avec sa violence naturelle. La moindre petite contrariété peut déclencher un ouragan.
Il n'a pas que des défauts heureusement, il peut également se montrer protecteur envers les gens qu'il aime : il s'agit en particulier de ses soeurs, sa famille plus généralement, mais aussi toutes les personnes qu'il respecte ( une fois entré dans son cercle d'alliés ou d'amis, il est capable de veiller sur vous même si vous n'avez rien demandé) , plus certaines personnes peuvent bénéficier de sa protection sans même le savoir ( oh, j'ai vu passer une certaine rousse!) , ou se voir offrir cette même protection contre des informations ou autres services. Caleb ne lésine pas sur les moyens pour arriver à ses fins.
Mais il manque par dessus tout d'humour, il ne se détend jamais étant donné toutes les choses qui pèse sur ses épaules. Ainsi, il n'existe que quelques rares personnes qui arrivent à le dérider parfois.

More about me
Caleb possède des cheveux blonds très caractéristiques des Elder. Ses petites soeurs sont toutes blondes et il n'échappe pas à la règle, même si ses cheveux sont clairsemés de mèches plus sombres. De grands yeux d'un bleu-vert assez unique, son regard peut être très perturbant, pénétrant. C'est d'ailleurs la seule chose chez lui qui puisse apparaître comme un tant soit peu humaine, sensible. Ses paroles sont tranchantes mais ses yeux peuvent dévoiler pas mal d'émotions enfouies. Une fenêtre, en d'autres termes, qu'il tente toujours de fermer pour se protéger.
Il est qualifié de très imposant, il n'est pas gros, mais baraqué. Avec de larges épaules très solides, il doit mesurer environ 1m95. Caleb joue souvent de sa grande taille pour effrayer les autres élèves, après tout comme il dit "c'est une arme comme une autre!" . Son visage ne s'oublie pas facilement : il a les traits bien dessinés, l'expression fermée la plupart du temps ce qui atteste de sa mauvaise humeur quotidienne.
Son style vestimentaire est très classique : chemises généralement noires ou blanches, pantalon ou jeans sombres, une veste en cuir ou longue pour l'hiver. Il ne porte que rarement des couleurs claires, ce qui lui vaut souvent des moqueries de la part de ses diaboliques petites sœurs qui lui offrent -trop- souvent de nouveaux vêtements que Caleb se fait un plaisir d'oublier dans le fond d'un placard.
Pour ce qui est des accessoires, Caleb emporte toujours avec lui un pendentif appartenant à sa mère et dont il a hérité. Puis, une montre ancienne au poignet, héritage de son grand-père. Dans son porte feuille : des photos de ses sœurs encore très jeunes.
PSEUDO : CalouPRÉNOM : Aha. ÂGE, PAYS : 22, France VOTRE AVIS SUR WIZ : Le design est très beau, j'aime beaucoup, et le contexte est original. OÙ L'AVEZ-VOUS CONNU : Grâce à la fonda' CODE RÈGLEMENT : Validé par la Reine de Glace dont la coloc' t'aime plus que tout Love CRÉDIT : Crédit bann. UN DERNIER MOT? : Surprise c'est moiiiii!

©️Maat





Dernière édition par Caleb A. Elder le Ven 31 Mai - 16:44, édité 13 fois
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Caleb A. Elder

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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Ven 4 Jan - 9:51

your story


10 Février 2004 - NAITRE OU NE PAS NAITRE

Cette histoire ne commence pas par un ciel miraculeusement ensoleillé, ni par le chant fugace mais non moins mélodieux des oiseaux dans un arbre spécialement fleurit pour l’occasion ; elle ne débute pas par un traditionnel « Il était une fois » impliquant automatiquement un « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » - ce qui dans cette histoires, croyez-moi, n’est pas un avenir enviable. Ce ne sera pas non plus un « une fille très belle traversait la rue gracieusement » qui ouvrira notre récit, surtout pas suivit d’un « quand soudain un jeune homme incroyablement séduisant la bouscula brutalement – mais sans trop lui faire mal » car là aussi tout pourrait mener à un « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Non, cette histoire ne commencera pas hélas de cette manière. Et si à la limite, vous voulez du classique elle pourrait aisément s’annoncer ainsi « Ils vivaient à peu près en harmonie, quand ils eurent soudainement des enfants ».
Plantons le décor. Non ! Pas de cabane mystérieuse dans la forêt magique de Je-suis-une-ville-où-des-choses-étranges-arrivent-et-mon-nom-est-généralement-pourri. Pas de château sur une colline surplombant un cimetière ou de maison hantée où personne ne veut aller. Pas de toiles d’araignées ni de donjon, de cave sombre ou de portail grinçant, pas de traces de sang à l’entrée ni de cadavres dans les placards. Eh non ! Pas de paradis fleurit où tout le monde sourit et chante en se tenant la main. Pas de cabane à oiseaux dans les arbres d’un jardin étrangement trop bien entretenu par un vieil homme courbé et bizarre marchant sur sa barbe trop longue. Pas de rires ni de chansons. Et tant qu’à faire, jetons les banales affaires telles que l’affection, l’amour ou la raison. Nul besoin de s’encombrer pour rien ! Jetons également les bergers et les bergères avec leurs troupeaux de moutons, les propriétaires coincés et mystérieux à la fois qui vous donnent envie de sauter par une des fenêtres d’un immeuble de douze étages, les parents aimants mais désespérément sans enfants, les couples dégoulinants et les enfants angéliques. Jetons aussi par la même occasion les demoiselles en détresse et leurs chevaliers servants, coupons court ainsi aux sérénades et aux contes de fées.
C’est donc loin de ces versions démodées ou romanesques que le récit commence.

Des cris percèrent le silence du manoir Elder au même moment où un éclair déchira le ciel orageux. Il pleuvait. Pour éviter d’embellir les choses disons plutôt qu’il se déversait des torrents de pluie sur Newcastle ce soir-là, accompagnés de bourrasques et du tonnerre grondant. Apparemment, les souhaits d’Elena pour que la naissance de son fils se fasse dans la joie et la bonne humeur furent rapidement piétinés. La jeune sorcière avait poussé son dernier cri, et ce fut ceux de son fils qui prirent le relais. Retombée en arrière, le front en sueur et le teint pâle, Elena Elder soupira de soulagement. Son enfant était en bonne santé, et il pleurait comme n’importe quel nourrisson arraché au ventre de sa mère. La sorcière tourna un regard épuisé vers le berceau à sa gauche, au-dessus duquel sa belle-mère se trouvait penchée.

- As-tu un prénom à lui donner ?

Sa belle-mère la regardait à présent, un sourire contenu mais réel sur les lèvres – Elena cligna plusieurs fois des paupières pour être sûr de ne pas halluciner. Dans un souffle, elle répondit avant de fermer les yeux, emportée par la fatigue :

- Caleb Anthony Elder.

Et voilà comment commence cette histoire. La naissance de notre personnage principal. Caleb Anthony Elder. Autrement dit, l’héritier légitime d’une des familles sang-pur les plus respectées du Royaume-Uni. Les Elder étaient de générations en générations de purs guerriers, fiers descendants de romains. Leurs origines remontaient à trop loin pour être connues en profondeur, mais il avait existé dans l’Empire Romain un guerrier nommé Elderius, qui eut des enfants, et ces enfants eurent des enfants à leur tour. De l’Empire romain jusqu’au XXII siècle, Elderius s’était transformé en Elder et ainsi était né la famille sang-pur. Sorciers depuis des âges anciens, et élevés dans les pures traditions depuis des générations. La crème de la crème si vous préférez. Tous d’incroyables sorciers aux capacités développées, et aux valeurs morales…particulières, les Elder chérissaient l’héritage de leurs ancêtres bien-aimés, si bien qu’aucun écart de conduite n’était permis. Comme vous l’aurez compris, il existe chez les Elder plus de braves – dans le sens de courageux, évidemment – et durs hommes battis comme des ours, que de trouillards et d’imbéciles – sûrement ces quelques malheureux ont fait office de dîner. Il était donc évident lorsqu’Elena tomba enceinte, qu’elle n’allait pas accoucher d’un fils peureux, stupide et laid. « Il sera fort et rusé, comme son père et son grand-père » avait décrété la belle-mère d’Elena. Son mari étant déjà décédé quelques années auparavant, la grand-mère de Caleb avait tout de suite vue son petit-fils comme un futur guerrier luttant contre l’invasion moldue, et l’apparition contre-nature des sangs-impurs. Elena, elle, voyait son fils comme une force de la nature, un homme élégant et droit, avec une intelligence rare et des projets d’avenir concrets. Caleb se devait d’être un parfait représentant de la famille Elder, fervent partisan des valeurs sang-pur, et respectueux fils de mangemorts. En effet, son père et son grand-père avaient tous deux aidés le Lord à rassembler des fidèles et en avaient fait partis. Elena, elle, d’un an plus jeune que son mari, soutenait la cause de son côté sans vraiment y prendre part. Elle s’était destinée à faire des enfants et à être une épouse modèle – tout ce pour quoi elle était née, autrement dit. Mais de loin, de très loin même, la personne qui plaçait le plus d’espoirs sur le nouveau-né était Marcus Elder. Patriarche de la famille, mangemort accomplit, Marcus s’était, lui, destiné à faire de son corps, de sa baguette et de son esprit une arme redoutable contre ceux qui marchaient sur la dignité des sorciers dit « purs ». Marcus avait suivi une formation d’auror, à sa sortie de Poudlard, et l’avait réussi parfaitement. Refusant toutefois de travailler au Ministère, il était parti se spécialiser 7 ans en Magie Noire en Russie où il rencontra des sangs-purs du même esprit que le sien. Ainsi, il s’était pour carrière de haïr les moldus et tout ce qui pouvait en découler. Il créa un journal appelé « Le Serpent » publié dans la plupart des grands pays et adressé à tous les sangs-purs du Monde Sorcier. Traduit dans plusieurs langues, distribué en Russie, Bulgarie, France, Espagne, et dans tout le Royaume-Uni, « Le Serpent » réussit à réunir de plus en plus de lecteurs. Après quelques années, Marcus Elder devint l’un des sang-purs les plus en vue du Monde Sorcier, ce qui lui valut d’avantage de déplacements à l’étranger pour divers articles sur la montée des extrémistes sorciers un peu partout. Il fut le seul journal à écrire du bien du Lord à son apparition.
Ainsi, Marcus plaçait de grands espoirs sur son rejeton. Il l’imaginait déjà prendre la place de rédacteur en chef une fois que son âge serait trop avancé pour travailler. Il comptait bien le voir prendre son rôle de fils de mangemort au sérieux, après une formation dans les règles de l’art, et une forte expérience après quelques voyages en Russie où lui-même avait beaucoup appris.
Donc, pour résumer, Caleb devait être fort, beau, rusé, d’une intelligence rare, capable de gérer des affaires financières, de se battre comme un gladiateur, d’utiliser la Magie Noire comme s’il l’avait lui-même inventée, de savoir comment gérer un journal impliquant de fortes connaissances en Histoire de la Magie, et en Politique, de représenter parfaitement la famille Elder en étant à la fois distant, droit, pertinent, fidèle, et à cheval sur les valeurs traditionnelles… Tout ceci dans l’unique but de satisfaire les espérances de ses parents, grands-parents et ancêtres accrochés dans des tableaux vieux de qui-sait-combien-d’années. Pas de pression, évidemment.
Au moins, les pleures du nourrisson étaient justifiés…

Mais le savait-il, pauvre petit nouveau-né et déjà destiné à de grands projets ? Là, dans son berceau, drapé de blanc immaculé, Caleb avait tout le poids du monde sur ses épaules. De tous les souhaits formulés par ses parents, et grands-parents, aucun ne visait à voir Caleb heureux. « Oh, il le serait sûrement avec tout cet argent, cette gloire et ces capacités ! » devaient-ils se dire.
Après tout, ils ne lui demandaient pas son avis …

1er Septembre 2016 – SOIT DOUZE ANS PLUS TARD ET TROIS BERCEAUX EN PLUS.

- June dégage !
- NON ! !
- C’est mon touuuuuuuuuuuur !
- AHHHHHHHHHH ! ma poupée ! Vous avez écrasé ma poupée !


Caleb soupira. Trois sœurs, et une seule salle de bains pour elles trois. Ils devaient être prêts dans exactement trente-six minutes et aucun d’eux n’étaient décents. Le sorcier âgé de douze ans avait été obligé d’interrompre sa douche pour descendre régler le conflit « diplomatiquement ». Une serviette nouée autour de sa taille, les cheveux encore mouillés et le corps dégoulinant d’eau, Caleb avait été alerté par les cris et n’avait pas eu le temps de se sécher. Traces d’eau partout dans les escaliers et dans le couloir…Fantastique. La maison de leur tante n’était pas aussi grande que la leur, mais en l’absence de leur père, il fallait bien qu’ils aillent vivre quelque part jusqu’à son retour de France où il avait dû aller serrer quelques mains pour le bien de son précieux journal. Caleb se voyait donc responsable de ses trois petites sœurs, et ce n’était pas une mince affaire… Récapitulons un peu !
June, onze ans. Comme quoi…un an d’écart fait toute la différence. Blonde, mince, assez élancée, plutôt jolie mais bien trop jeune pour l’être. Caleb se précipita vers la porte fermée de la salle de bains. Il asséna un coup sec sur le bois clair.

- June, sors tout de suite, tonna-t-il.

La porte s’ouvrit aussitôt. Faire la grosse voix marchait toujours. June apparut dans l’encadrement, les yeux plissés, méfiante. Elle était maquillée, habillée avec une jupe, des petits talons, et avait pour l’occasion mit du rouge à lèvres.

- Quoi ? lâcha-t-elle.

Il ne répondit pas, la prit par le bras et la fit sortir. Elle se débattit, pesta contre lui, lui attribua divers noms d’oiseaux mais obtempéra tout de même. June claqua la porte de sa chambre. Heureusement que c'était de manière diplomatique...

- Change-toi ! lui cria Caleb.
- Bon, maintenant c’est mon touuur ! râla Elizabeth.

Elizabeth. 10 ans, pas encore en âge d’aller à Poudlard mais voir le Poudlard Express lui plaisait tellement qu’elle voulait impérativement venir avec eux. Elizabeth rêvait du jour où elle irait dans la célèbre école magique, et savait à peu près tout sur Poudlard. Une future serdaigle probablement, du moins à en juger par son rythme de lecture et sa curiosité exaspérante. Elle se tenait près de la porte, les bras croisés, ses cheveux blonds retombant sur ses épaules fines. Caleb se tourna vers elle.

- 10 minutes, pas plus, la prévint-il.

Elle ne se fit pas prier, et s’enferma rapidement dans la salle de bains. Le sorcier soupira de soulagement. Il allait pouvoir remonter se douch….

- Ma poupée…..pleurnicha une petite voix.

Ah, oui. Il avait failli oublier ! Par terre, une petite fille en robe de princesse rose bonbon et des couettes blondes pleurait au-dessus du cadavre d’une poupée devenu chauve, et à moitié décapitée – bon, les cheveux il plaidait coupable, c’était un jour où la petite dernière l’avait particulièrement énervé – mais pour la décapitation, ça n’était pas de lui. Il la souleva de terre, prit la poupée et les portèrent toutes les deux difficilement jusqu’à l’étage. C’est qu’elle n’était pas légère…
Syria avait neuf ans, mais c’est comme si elle en avait cinq. Caleb se demandait quand son amour des poupées, des princesses et des poneys prendrait fin. L’attente était longue et pénible. Il la déposa, fatigué, sur une chaise de la salle de bains qu’il occupait.

- Ma poupée elle est cassée ! dit-elle dramatiquement.
- C’était son heure, fit-il sur le même ton.
- Il faut choisir une heure pour mourir ?
s’étonna-t-elle.
Caleb secoua la tête, amusé.
- Mère avait choisi elle ?
Cette fois-ci, il se retourna stupéfait. Une ombre passa sur son visage, et l’instant d’après il s’accroupit devant Syria, l’air grave.
- Evidemment que non. C’est comme ça, c’est tout, soupira-t-il. Bon, reste-là et ne casse rien. Je m’occuperai de ta tenue plus tard.
- Je veux garder ma robe !
s’écria-t-elle.
- Pas question.
- Si !
- Syria
…la prévint-il, menaçant.
- Bon…d’accord.
Elle se tint tranquille un moment, et Caleb pu enfin terminer de prendre sa douche. Il savoura le calme momentané, et sourit en entendant Syria chanter une chanson de guérison pour sa poupée. Pas sûr que ça marche, m’enfin…il n’allait pas se plaindre. Elle tenait en place, c’était déjà un sacré évènement ! Syria posait tout le temps des questions sur leur mère, Elena. La petite dernière n’avait pas eu le temps de connaître celle qui l’avait mise au monde, avant de sombrer dans la maladie et de mourir un an plus tard. Elle se souvenait à peine de son visage, tout juste pour la reconnaître sur les photos. Caleb était toujours mal à l’aise quand Syria le questionnait au sujet d’Elena, lui qui l’avait connu un peu mieux en raison de son âge plus avancé. Que lui répondre ? Ses questions revenaient souvent aux raisons de sa mort. « Pourquoi ? » Caleb lui donnait toujours la même réponse : elle était très malade. Mais les choses étaient plus complexes, et avec tant de zones d’ombres qui représentaient aux yeux du sorcier des clés inaccessibles pour comprendre toute l’étendue du drame qu’avait connu leur famille. Et comme si rien n’était assez compliqué, il fallait encore que Marcus laisse le soin à Caleb de gérer ses sœurs. June, Eli, Syria… trois petites filles qui grandissaient bien trop vite au goût du jeune sorcier. Trop vite, par moment. Pas assez, parfois. Il aurait aimé que leur père s’occupe d’eux, qu’il prenne les responsabilités qui lui avaient été confiées à la mort d’Elena. S’occuper des enfants était une tâche pour les femmes, selon Marcus. Caleb n’était pas de cet avis : comment un homme d’affaire impliqué et tenace, jamais à court d’idées, toujours créatif et ambitieux, rusé et pertinent, n’arrivait pas à comprendre qu’éduquer ses enfants était aussi le seul moyen de se lier à eux ? Oh, bien sûr « éduquer » n’avait pas la même signification pour Caleb et Marcus. Ce dernier était plus du type oppresseur. Il n’apparaissait que pour punir et gronder, mépriser et rabaisser. Puis, une fois sa tâche faite, et qu’il s’était donné l’impression de faire partie de leur vie, il s’en allait et ne revenait que pour réitérer l’expérience. Ses enfants le voyaient plus comme un invité terrifiant, un parasite qui s’infiltrait chez eux de temps à autres pour semer le trouble et la terreur. Une Ombre dans leur manoir à l’ordinaire désert. Même lorsqu’il n’était pas là, l’on imaginait sa présence : comme une brise dans les couloirs, un souffle derrière la nuque, ou une silhouette dans le jardin. Un fantôme. Il venait et repartait. Et l’on attendait toujours plus sa disparition que son apparition. On appréciait l’une, on redoutait l’autre. C’était toujours ainsi.

Quand il fut enfin prêt, Caleb s’occupa de Syria. Elle était la plus téméraire de toutes ses sœurs, et surtout celle qui réclamait le plus son attention. Mais il ne s’en plaignait pas. Au fond, n’en avait-il pas besoin lui aussi ? Si Marcus manquait à ses responsabilités de père, Caleb, lui, était toujours là pour ses sœurs. D’ailleurs, étaient-elles vraiment ses sœurs ? A trop s’en occuper, à veiller sur elles comme un père et non plus comme un frère, Caleb s’était perdu dans l’amour qu’il leur portait. June, Eli, Syria…peu important l’âge qui les séparait. C’était lui qui les avait bercées, surveillées, aimées comme aucun homme ne pouvait les aimer. N’était-il pas celui qui se réveillait en pleine nuit en entendant les pleures de Syria ? N’était-ce pas lui-même qui avait calmé les cauchemars et les angoisses d’Elizabeth les soirs d’orages ? N’avait-il pas pris soin de chacune d’entre elles ? Alors, Père ou Frère… Caleb s’y perdait facilement. Il oscillait entre les deux rôles, sans trouver d’équilibre, espérant toujours et encore que Marcus comprenne que ce n’était pas son rôle, à lui. Aimer, protéger ses sœurs…Voilà ce qu’un frère fait. Mais les élever ne faisait pas parti de ses attributions.
Pourtant, tout ce qu’elles avaient appris venait de lui. Il leur avait enseigné des choses qu’il venait à peine d’apprendre par lui-même. Ainsi, il n’était en rien étonnant que Caleb ressemblât plus à un homme qu’à un adolescent. Il ne le dirait jamais sûrement – il n’avait même pas l’idée de s’en plaindre -, mais il n’avait pas eu d’enfance. Elle était apparue brièvement, et puis avait été violemment balayée sans qu’il ne puisse en profiter pleinement. Obligé de grandir trop vite, et ses épaules s’alourdissaient encore et encore avec les années tant les responsabilités qui pesaient sur lui le fatiguaient et le rendaient amer. Amer à cause d’une enfance que lui, n’avait pas connue. Il avait tout donné à ses sœurs, s’était oublié comme un parent s’oublie et se sacrifie pour ses enfants.

Voilà donc une chose de plus à rajouter à la liste de ses obligations, même si avec les années il ne voyait plus cela comme un devoir mais comme un besoin. Le besoin irrépressible de s’occuper d’elles, avec ou sans leur accord. Que ce soit juste ou pas. Qu’elles s’en plaignent ou non. Peu importait. Il en avait besoin à présent. C’était comme goûter à trop de pouvoir d’un seul coup et de peu à peu s’y habituer, user de son autorité, de ses responsabilités. Piégé dans un contrôle total de ce qui pouvait l’entourer…Et toutes ces choses qu’on lui imposait, toutes ces obligations familiales, au nom d’un sang soit disant supérieur et pur, tous les souhaits qu’avaient formulé ses parents… Tout ceci détermina très exactement comment Caleb serait plus tard. Un homme privé d'innocence.

Décembre 2017 – LE SALE CHIEN NUMERO 1 (Troisième année de Caleb)

Les pleures d’Elizabeth résonnaient dans toute la pièce. Caleb la regardait de toute sa hauteur, debout près de la cheminée encore allumée et seule source de lumière, à présent qu’il avait éteint toutes les bougies parfumées autour d’eux. Pour lui, elles avaient laissé une odeur nauséabonde dans l’air. La sorcière était tombée à genoux par terre, et elle lui semblait encore plus petite maintenant. Sa jeunesse et sa naïveté étaient touchantes, mais Caleb était trop en colère pour s’en émouvoir. Elle pleurait toutes les larmes de son corps pour un imbécile à qui il avait mis une raclée quelques secondes plus tôt, et qui avait détalé comme un lapin une fois la correction administrée.
- Arrête de pleurer bon sang ! tonna Caleb.
Mais rien n’y faisait. Elizabeth laissait couler ses larmes sur ses joues rosies par l’émotion, et ses cheveux retombaient sur elle comme de fins fils d’or. Ses épaules étaient dénudées, ainsi que le haut de sa poitrine, et le sorcier s’en sentit bouillir de rage à nouveau. Elle ne portait qu’une petite nuisette un peu trop grande pour elle. Le tissu de soie retombait sur ses hanches comme un grand sac, et terminait sa course vers le haut de ses cuisses. Sa peau blanchâtre, ses grands yeux baignés de larmes, sa figure enfantine…Caleb n’en pouvait plus, et il pensa rapidement à une grande couverture pour qu’elle apparaisse directement à côté de lui, sur le lit qui aurait dû servir à sa sœur et son sale chien. La magie de la Salle-sur-demande. Il s’en saisit, et la balança à sa sœur.
- Habilles-toi. Vite.
Ses mains tremblèrent en se refermant sur la couverture, sans pouvoir véritablement s’en saisir et la mettre autour d’elle. Elle s’était recroquevillée, blessée et humiliée. Par son sale chien ou l’intervention de son frère ? Qui sait… ? Aucun mot n’était sorti de sa bouche depuis plusieurs minutes, bien qu'elle n’ait pas manqué de supplier Caleb de laisser Henry tranquille. Mais rien n’aurait pu le calmer à ce moment-là, il l’avait frappé assez fort pour faire tomber quelques dents, faire craquer quelques côtes, et comme si cela ne suffisait pas, Caleb avait promis à Henry de s’occuper de lui tous les jours jusqu’à ce qu’il quitte Poudlard. Impatient et en colère, le sorcier prit la couverture et enroula sa sœur dedans. Il la souleva de terre sans aucune douceur. Elizabeth releva ses yeux apeurés vers lui.
- Ne lui fais plus rien Caleb. Laisse-le tranquille, dis-moi que tu le laisseras, implora-t-elle.
Mais il ne répondit pas, détourna le regard de la vision de sa sœur le suppliant avec autant de dévotion que le dégoût lui venait soudainement. Il détestait la simple idée que sa sœur fréquente un garçon à son âge, elle n’était qu’en première année bon sang ! Elle était tout juste un bébé, une petite poupée fragile, faite de porcelaine et de peinture légère qui au moindre coup risquait de s’écailler. Non, non et non. Il n’y aurait pas de garçon, pas de séduction, d’amitié ambigüe ou de rapports sexuels pour elle tant qu’il serait vivant. Il n’y aurait pas d’innocence brisée, d’enfance piétinée, de blessures profondes ou de mauvais souvenirs. Elizabeth était trop jeune, trop fragile pour connaître toutes ces choses, et s’il fallait l’en préserver de cette manière…alors Caleb le ferait. Il ferait tout. Sans exception.
- Oublie-le. Il est mort à tes yeux, c’est compris ? siffla-t-il avec acidité. MORT ! répéta-t-il.
Sa voix avait résonné dans la pièce comme un fracas puissant et sonore, se répercutant contre les murs, infiltrant l’esprit d’Elizabeth comme une horrible sentence que nul ne pourrait contredire ou défaire. Elle avait scellé le destin d’Henry, c’était fini pour lui. Jamais plus il ne serait tranquille dans les couloirs du château, et Poudlard sera alors son Enfer et non sa Maison. Elizabeth ferma les yeux quelques secondes, et son frère la secoua violemment.
- Tu m’entends ?! hurla-t-il. Si tu le revois une seul fois Eli, si jamais tu lui adresse la parole, je te promets de me venger sur lui, encore et encore jusqu’à ce qu’il ne puisse plus ni parler, ni marcher. Est-ce suffisamment clair ou dois-je me répéter ?
Elle rouvrit les yeux, leva le visage vers lui, le menton tendu et le regard dur à présent. Elle fit taire les tremblements et les soubresauts qui l’agitaient, et seulement lorsqu’elle se sentit prête à parler sans que sa voix ne déraille, elle ouvrit la bouche.
- Oui, vraiment très clair, souffla-t-elle en serrant les dents.


Caleb ne l’avait jamais su, mais Elizabeth avait tenté de revoir Henry. Finalement, il s’était révélé être un lâche et un menteur. La sorcière s’était vite rendu compte qu’il n’avait fait que la séduire pour la mettre dans son lit. Quant aux menaces et aux mauvais traitements de Caleb, ils avaient tellement eu d’effet que Henry n’osait plus le croiser, en public ou en privé. Elle s’était sentie stupide de croire que Henry, d’un an plus âgé qu’elle, pouvait vraiment l’aimer. Caleb avait raison : il était mort à ses yeux. Mais ça, elle ne l’avait jamais dit. Eli avait détesté son frère pendant des mois et des mois, avait refusé de lui adresser la parole, mais ce fut un échec… Elle ne mit pas longtemps à revenir vers lui. De tous les hommes sur Terre, il était bien le seul à l’aimer.


Janvier 2017 – LE SALE CHIEN NUMERO 2

Si le conflit qui avait séparé quelques temps Elizabeth de son frère avait été musclé…alors celui-ci fut plus qu’explosif. Cette fois, ce n’était pas la douce Eli qui s’opposait à la dure Loi de Caleb, mais son aînée, June. Un an la séparait de son frère, et pourtant…tant de choses pouvaient les éloigner l’un de l’autre. Plus maligne, rusée et débrouillarde, June avait toujours réussit à échapper à Caleb en usant de discrétion et de patience. Tout ce dont son frère était incapable, en somme. Avec cette méthode, elle sortit avec pas mal de garçons, fréquenta des catégories de personnes qu’il détestait – les sangs-impurs ou même les moldus. Ainsi, furieux de ne pouvoir attraper sa petite sœur en flagrant délit ou de n’avoir aucune preuve de sa culpabilité, Caleb tentait par tous les moyens de la faire craquer. Il pensait que s’il était sur son dos en permanence – lui ou ses sbires – June finirait par en avoir marre et faire un pas de travers. Une seule petite erreur d’inattention provoquée par sa surveillance agaçante…Voilà ce que Caleb recherchait. Il les aurait tous ces petits prétentieux qui croyaient pouvoir s’approcher de trop près de ce qui lui appartenait. Les messages qu’il avait envoyé dans toute l’école depuis l’arrivée de chacune de ses sœurs étaient pourtant clairs : pas touche. Ce n’était pourtant pas compliqué à saisir.
Les tensions avaient déjà commencées depuis quelques mois. Caleb savait que June fréquentait quelqu’un, et elle savait qu’il savait. Ils jouaient à celui qui serait le plus malin, mais même si la sorcière était confiante, elle sentait la colère de son frère augmenter de jour en jour, comme une boule d’électricité dans l’air, prêt à exploser. Et elle allait exploser…assurément.
Pourtant, au fil du temps, Caleb mesura son comportement. Il devint plus détaché, plus ouvert, plus souriant. Sa colère semblait s’être calmée - l’orage était-il passé ? C’était-il fait à l’idée que sa petite sœur fréquente un mystérieux jeune homme ? June y crut volontiers. Et ce fut sa première erreur….
Elle se fit moins prudente, osa donner rendez-vous à Edward – c’est ainsi qu’il s’appelait – dans des lieux publics. Ils allèrent à la Tête de Sanglier, le pub le moins fréquenté à Pré-au-Lard. Puis, ils s’essayèrent au shopping entre amoureux pendant les samedi après-midi, allant et venant dans les ruelles du petit village, passant devant les boutiques illuminées.

Les sorties se multiplièrent, et Caleb restait toujours aussi tolérant et aimable. Les tensions s’apaisèrent, au fur et à mesure que June oubliait la colère de son frère. Colère qui avait, semblerait-il, disparu totalement. Son attitude était parfaite, sans changer de l’ordinaire. Il était toujours énervant, surprotecteur, et intrusif mais au moins il ne bouillonnait plus de rage à propos d’Edward, et ne proférait plus de menaces ou ne faisait de sous-entendus à sa sœur. Elle se surprit alors à croire qu’il avait définitivement accepté la situation, que son amour pour elle serait passé au –dessus de son sale caractère. Mais quelle était cette ombre, au coin de la rue, qui marchait dans les pas des deux amoureux ? Quelle était cette silhouette encapuchonnée qui notait chaque geste, chaque parole, chaque détail en permanence ? Cette ombre derrière eux n’était nul autre que Caleb. Oh, il n’en montrait rien évidemment. Son plan fonctionnait à merveille, et une fois que l’identité du jeune homme en question lui avait été dévoilée, le serpentard ne s’était pas fait prier. Il s’était mis au travail directement.
Ce fut un samedi soir, après une sortie à Pré-au-lard en compagnie d’Edward, que June commit sa deuxième erreur...

Elizabeth était à la bibliothèque, terminant comme toujours un devoir important, et qui ne devrait pas être rendu avant deux semaines. Penchée sur une pile de livres, la jeune sorcière sursauta en entendant sa sœur arriver. June s’était laissée tomber sur la chaise en face d’elle, un large sourire aux lèvres.
- Il est parfait, se réjouit-elle.
- Qui ? interrogea Eli.
- Edward, évidemment. On a passé la journée ensemble. Il m’a acheté un collier, regarde. C’est magnifique, avec toutes ces pierres précieuses à l’intérieur…
Elizabeth ne jeta qu’un rapide regard au collier autour du cou de sa sœur, et reporta son attention sur son devoir.
- Tu es sûr que c’est une bonne idée ? s’enquit-elle.
- D’accepter un cadeau venant de lui ?
- Non. De sortir avec lui.

June la regarda avec un air agacé, levant les yeux au ciel. Elle soupira.
- Je sais à quoi tu penses. Mais Caleb ne le fera pas. Pas après ce qui s’est passé avec Henry et toi la dernière fois. Il a retenu la leçon quand tu as refusé de lui parler pendant des semaines et des semaines. Il est contre, mais il n’a pas d’autre choix que de l’accepter. Pour l’instant, tout se passe bien.
- Pour l’instant…Mais tu le connais aussi bien que moi June. Je trouve étonnant pour ma part qu’il soit aussi clément…
- Il a dérapé la dernière fois, mais c’est parce que tu étais vraiment trop jeune pour sortir avec Henry, et te donner à lui de cette manière…c’était une erreur. Je suis plus âgée, et Edward est très bien, conclut June avec un air satisfait.

Elizabeth observa sa sœur regarder son collier avec un sourire rêveur. Cette situation la peinait, elle savait pertinemment après sa mésaventure avec Henry, que son frère n’accepterait jamais que June fréquente quelqu’un. Mais le bonheur qu’affichait sa sœur l’agaçait, autant qu’il la ravissait. Etait-ce si mal d’être jalouse ?
- Fais attention June. J’aime Caleb, on l’aime toutes. Mais notre frère est comme il est, et je ne crois pas que rien ni personne ne puisse changer la manière dont il voit les choses.
- Tu es trop pessimiste Eli ! soupira June. Je sais que j’ai raison. Caleb ne me fera pas ça.



Elizabeth avait raison, Caleb n’était pas prêt de laisser une de ses sœurs en compagnie d’un autre homme que lui. Mais June ne voulut pas entendre les avertissements de sa sœur. A croire qu’elle s’obstinait à ne pas voir l’évidence. Le lendemain, la nouvelle tomba. Edward était renvoyé pour divers vols dans la Réserve du professeur de Potions, et pour agression sur une élève de première année. Le témoignage était clair : il aurait tenté d’abuser d’elle, et l’aurait blessé au visage. L’infirmière avait confirmé la version des faits. Les parents d’Edward étaient venus chercher leur fils en catastrophe. June n’avait même pas eu l’occasion de lui parler. Tout s’était passé tellement vite. Pas même un « au revoir »… La rage s’était emparée d’elle. Edward n’aurait jamais fait cela, elle en était persuadée. Alors, elle s’était dirigée vers la salle des verts et argents, et s’était faufilée dans un groupe de premières années, Elizabeth sur ses talons, la suppliant de ne pas y aller. Caleb était là, assis dans un grand fauteuil vert, en face d’elles. Il buvait, et June pouvait aisément deviner la nature du liquide ambré dans son verre. Elle s’arrêta net en rentrant, à une bonne distance de lui, alors que le groupe de premières années disparaissaient par les escaliers qui montaient jusqu’aux dortoirs. Dans la salle commune des verts, il ne resta plus que les deux sœurs et Caleb. Elizabeth attrapa le bras de June pour la dissuader, mais celle-ci s’avança d’un pas décidé et furieux.

- C’est toi, hein ? C’est toi qui as fait ça ! tonna-t-elle.
Elle pleurait et criait en même temps, ses longs cheveux voletant légèrement autour d’elle comme si une tempête faisait rage. A bien y réfléchir, c’était le cas. June fusillait son frère du regard, des larmes assassines coulant sur ses joues pâles. Ses mains tremblaient, mais elle ne cilla pas. Debout, devant lui, elle se sentait forte, et vulnérable à la fois. Oui, elle se sentait en position de faiblesse car il avait gagné, il l’avait dupé. Mais y avait-il sentiment plus fort, plus excitant que de se tenir ainsi devant lui avec autant de hargne et de détermination ? Elle sentait la colère courir dans ses veines, et cette sensation la rendait plus vivante que jamais.
Mais le feu se heurtait à la glace. Caleb était imperturbable. Il avait levé un regard impassible vers sa sœur, et déposant son verre lentement sur la table à côté de lui, il s’installa confortablement dans son fauteuil, reposant son dos contre le dossier, ses mains sur chaque accoudoir.
- Et si tu étais plus explicite ? finit-il par dire après un instant de silence.
- Tu sais très bien de quoi je parle… Tu as fait renvoyer Edward exprès ! s’écria-t-elle, ses larmes ne cessant de couler.
- Non.
- Tu l’as fait accuser de stupides vols, et d’une tentative d’agression.
- Non. Et ce n’était pas une tentative, il y est vraiment arrivé, répliqua-t-il avec un sourire en coin.
- Je sais que c’est toi ! s’époumona-t-elle.
- Très bien. Quelles preuves as-tu ?
- Q…quoi ? balbutia-t-elle, interdite.
- Des preuves…tu en as sûrement pour avoir le culot de m’accuser ainsi, moi, ton propre frère ?


Caleb releva un sourcil interrogateur, désireux de mettre June dans une position délicate. Sans preuve, elle ne pouvait pas vraiment l’accuser du renvoi d’Edward. Derrière June, Elizabeth observait Caleb sans ciller, le regard sévère.
- Je n’ai pas besoin de preuves. Je sais que c’est toi qui as planifié tout ça. Tu as essayé de me faire croire que tu acceptais ma relation avec lui…
- Quelle relation ? lança-t-il, acide. Ta petite amourette avec cet imbécile était mignonne au début, mais cette histoire commence vraiment à me lasser. Je ne perds pas mon temps en manigances puériles. Je n’ai que faire de ton Edward…

Elle secoua la tête, la mine dégoûtée.
- Tu sais quel est ton problème Caleb ? C’est que tu es incapable de rendre qui que ce soit heureux. Tu ne sais pas aimer. Pas même nous, tes propres sœurs. Alors que tu as notre confiance, notre amour, notre loyauté. Tu devrais nous protéger, pas nous punir.
- Je vous protège comme personne ne le fait !
riposta Caleb.
- Non. Tu nous soutires chaque moment de bonheur que l’on peut avoir. Et tu t’attends à ce que l’on te pardonne juste parce que tu es notre frère. Tu es jaloux, cracha-t-elle. Jaloux que l’on soit heureuse sans toi, jaloux qu’une autre personne puisse compter pour nous, puisse nous aimer car à part nous, qui t’aimes Caleb ? Qui ? Allez, dis-moi Caleb ! Qui peut se vanter de te supporter ? Qui peut dire qu’il t’apprécie malgré tes agissements, tes paroles blessantes et ta sale manie de tout contrôler ?
Il y eut un silence lourd, très lourd, et c’était comme si les mots avaient tranché l’air comme une lame d’acier. Pourtant, elle ne lâchait rien. Elle était forte, là, face à son frère qui l’avait tant de fois impressionné et terrifié. A cet instant précis, il ne lui faisait plus peur, mais pitié.
- Personne, articula Caleb, le regard sombre.
- Exactement, dit June. Et il n’y a qu’un seul responsable à ça. Toi. Tu as peut être éloigné Edward, mais tu n’éloigneras pas tous les autres. Sois sûr que je serais heureuse, avec ou sans toi dans ma vie Caleb. Tu es mon frère, et je t’aime. Mais certaines choses ne peuvent être pardonnées ou oubliées. C’est ma première mise en garde. Si jamais, tu oses ne serait-ce qu’une seule fois de me faire mal comme tu viens de le faire…tu n’entendras plus parler de moi, tu ne me verras plus. Tu seras mort à mes yeux.
Les paroles de June atteignirent directement son frère. Il ne répliqua pas, ne se leva pas. A vrai dire, pour tout œil non-entraîné, son attitude pourrait paraître similaire à celle d’avant. Mais là, au fond de ses prunelles claires, dans cette vague de férocité et d’amertume, une petite lumière vacilla, et tomba. Elle tomba de haut. De très haut. Et le noir revint, Caleb s’était emmuré lui-même dans son silence. Il regarda sa sœur tourner les talons et s’éloigner pour finalement disparaître de la salle commune des verts. Elizabeth était restée là, en arrière-plan. Le serpentard tourna alors son regard vers la cheminée, les ombres du feu crépitant jouaient sur son visage sinistre. Il ne se rappela de la présence de sa sœur que lorsqu’il sentit ses doigts caresser ses cheveux, et venir se poser sur son épaule. Il ferma les paupières quelques instants.
- Elle te pardonnera, murmura Eli.
- Comme toi tu l’as fait ? souffla Caleb.
- Oui.
- Tu penses comme elle, n’est-ce pas ?

Elle marqua un instant de silence, posa sa tête contre celle de son frère en regardant la cheminée.
- Je crois…que peu importe les erreurs que tu peux faire, tu trouveras toujours un moyen de te faire pardonner. Nous sommes une famille. Tu es notre famille. June sait ça. Jamais aucune de nous ne pourrait s’éloigner de toi pour de bon. Laisse-la partir et revenir ensuite.
- J’aimerais tellement que tu dises vrai…soupira-t-il.

Mais Elizabeth avait raison. Aucune des sœurs de Caleb ne put longtemps lui en vouloir. Elles finissaient toujours par revenir vers lui, ou lui par revenir vers elles – même s’il était rare qu’il fasse le premier pas, Caleb s’arrangeait toujours pour faire un geste. Les conflits ne cessèrent jamais, bien évidemment. Ils n’étaient pas une famille pour rien. Il y eut beaucoup d’autres disputes, plus ou moins violentes. Cependant, le sorcier n’alla plus jamais aussi loin dans ses affrontements. June eut du mal à lui pardonner, elle mit plusieurs mois à peser le pour et le contre, mais finalement sa colère s’apaisa au fil des jours. Caleb était le seul à prendre soin d’elle. Après tout, ce n’était pas comme si Marcus faisait attention à eux... Comment oublier tout ce que son frère faisait en permanence pour elles ? Impossible. Et au fond, elle savait qu’il voulait la protéger mais qu’il ne savait juste pas où s’arrêter. Maintenant que les limites avaient été posées, Caleb ne commit plus la même erreur – bien qu’en réalité, June n’avait jamais réussi à prouver sa culpabilité.
Leur vie à Poudlard était nettement plus enviable que celle qu’ils avaient à Newcastle. Marcus eut de plus en plus de succès avec son journal au fil du temps. Il fallait bien dire que la lutte des familles sangs-purs étaient tombée dans l’oubli après la chute de Voldemort. Aussi, ses visites au manoir Elder se firent plus rares encore. Le seul qui avait de ses nouvelles était Caleb : son père n’oubliait jamais de lui rappeler ses obligations, et de le réprimander lorsqu’il ne se montrait pas à la hauteur de ses attentes. Ses sœurs, elles, pouvaient toujours attendre une réponse…Marcus n’accordait que peu d’importance à ses filles, après tout ce n’étaient pas elles qui hériteraient de la fortune familiale en premières, et puis Caleb représentait la succession tant attendue des Elder.

Il était arrivé à Caleb de repenser à ce que June lui avait dit. Ou plutôt, jeté au visage. Etait-il incapable de faire quelque chose de bien ? Quelque chose qui ne fasse de tort à personne et qui pouvait servir à quelqu’un d’autre que lui ? Il lui semblait que ses actes étaient toujours dirigés vers ses propres intérêts. Il protégeait ses sœurs, mais au fond…n’était-ce pas à cause de sa peur irrationnelle de les voir s’éloigner de lui ? June avait raison. Il s’accrochait à elles désespérément car il n’avait personne d’autre à aimer, personne qui l’aimait, lui. Du reste, était-ce seulement possible ? Qui s’y risquerait ?


2 Septembre 2019, Poudlard Express - LE JOUR OÙ JE T'AI VU

Le premier jour où il l'a vis fut lors de sa rentrée en quatrième année. Il avait quatorze ans à peine, et pourtant Caleb ressemblait déjà à un homme. Grand, fort, puissant. Déjà, sa réputation n’était plus à faire. Il impressionnait. Pourtant, quand il la vit ce jour-là, ce fut à son tour de l’être.
Rien ne l’avait jamais mis mal à l’aise ou ne lui avait fait peur dans sa jeune vie. Rien. Caleb était intrépide, il ne reculait jamais devant le danger, allant même jusqu’à le rechercher. Peut-être avait-il été effrayé quelques fois étant enfant, sous les menaces ou les colères de son père, mais ce jour-là…Eh bien, ce jour-là, une pensée s’infiltra en lui et ne voulut plus le quitter. La pensée que peut-être, cette rousse assise à côté de sa sœur était assise ici pour une seule et unique raison…Elle était pour lui.

Caleb ouvrit violemment la porte du compartiment, et elle coulissa d’un coup sec vers la droite dans un bruit métallique. La vitre trembla quand la porte vint se cogner à l’encadrement en bois, mais ce ne fut pas le concerné qui s’en formalisa. D’ailleurs, avait-il seulement remarqué son entrée fracassante ? Le compartiment était seulement occupé par deux sorcières. A gauche, June s’était figée sous la surprise. Ses longs cheveux blonds et ses grands yeux se tournèrent immédiatement vers son frère et une fois le choc passé, ce fut une mine exaspérée qui anima son visage. Caleb se tenait debout dans l’encadrement, et il ne prit pas la peine de regarder ou de saluer l’autre sorcière assise en face de sa sœur. Il tenait dans ses grandes mains un sac noir qu’il balança sur le siège à côté de sa sœur, sans aucune douceur et un air furieux sur le visage.

- Pense à ne rien oublier la prochaine fois. Kalber a dû revenir sur le quai pour te l’apporter. Y aura pas toujours quelqu’un derrière toi June ! rugit-il.
Kalber était leur elfe de maison, et ce fut par chance que le sorcier l’avait aperçu sur le quai alors que le train commençait à partir. June oubliait souvent ses affaires et cela devenait fatiguant. La jeune fille soupira en levant les yeux au ciel.
- Détends-toi. Y a pas mort d’homme… rétorqua-t-elle avec insolence. C’est vraiment un plaisir d’être à Poudlard avec toi, mon cher frère.
- Oh, mais le plaisir est partagé, ma chère sœur. Maintenant, arrête de rêvasser et pense à utiliser ce qui te sert de cerveau. Ça changera.
- T’es vraiment chiant tu sais ! s’exclama-t-elle. Faut toujours que t…
.
Mais il n’écoutait plus. Il venait de la voir…Elle.
C’était à peine s’il avait remarqué sa présence en entrant, mais elle était bien là, assise tout près à sa droite. Un corps mince, un visage encore enfantin, des lèvres roses, des épaules fines légèrement dénudées, un petit nez retroussé…Le regard de Caleb glissait sur elle sans se gêner, et ce qui passait pour une analyse dédaigneuse n’était rien d’autre que de la pure délectation. De la surprise aussi, car y avait-il chose plus délicieuse au monde que cette peau laiteuse, parsemée de taches de rousseurs que le sorcier avait envie d’embrasser chacune leur tour ? Et ces grands yeux…Il s’y perdit quelques secondes, sans pouvoir s’en empêcher. Ils brillaient. Leur marron était chaud, vivant… du chocolat fondu. Morgane ! Il tentait par tous les moyens de détourner le regard mais impossible, ses yeux se perdirent dans la chevelure flamboyante de la sorcière, sur les reflets illuminés, les nuances de roux.
Il sentait la situation lui échapper, alors il se reprit. C’était comme si son esprit revenait brutalement à la raison, tiré vers la réalité d’une main ferme et puissante. Caleb tourna rapidement la tête vers sa sœur, le regard dur, la mâchoire serrée.
- Laisse plus trainer tes affaires, asséna-t-il.
Et il partit en refermant la porte coulissante d’un coup sec.

Novembre 2019 – ON M'A DIT QUE PERSONNE NE POUVAIT M'AIMER

Caleb se sentait totalement ridicule. Une lettre ? Comment allait-il faire ça ? Il n’était déjà pas doué pour parler de ses sentiments, mais les écrire…C’était comme s’ils devenaient réels une fois écrits ; l’encre retenue, absorbée par le parchemin lui donnait la sensation que les mots ne pourraient plus jamais s’échapper. Tout prenait une forme définitive. Une vraie forme, ni floue, ni vague. Une forme avec tous ses détails, ses imperfections. Une réalité couchée sur papier.
Peut-être était-ce une bonne chose finalement ? Lui qui avait si souvent l’impression de ne rien ressentir, si ce n’est la peine, la jalousie, la rage, ou le plaisir face aux malheurs des autres. Là, c’était différent. Il avait eu l’idée de la lettre en surprenant une conversation entre deux serpentards : apparemment, écrire était un bon moyen d’évacuer les tensions, dire ce que l’on n’arrivait pas à dire oralement. L’écriture n’avait jamais plu à Caleb, et à vrai dire il ne s’y était jamais essayé. Après tout, il n’avait jamais aimé s’étaler, parler de lui, de ses problèmes, de ses désirs, de ses rêves - avait-il droit d’en avoir d’ailleurs ? Il gardait tout pour lui, comme toujours. Au début, pour préserver ses sœurs, sa famille car il ne se devait de tenir un rôle avant tout – celui qu’on lui avait donné à sa naissance et qui lui pesait indéniablement. Puis, plus pour se préserver lui-même que les autres, Caleb avait opté pour le silence. Pire encore, le déni. Nier ses sentiments était bien plus facile que de les affronter. Mais la situation devenait difficile. Il avait suffi d’une seule rencontre pour que le silence dans lequel il s’était si souvent emmuré devienne invivable. Elle était partout, lui semblait-il. Partout où il allait. A croire qu’il ne voyait plus que le roux de ses cheveux flamboyants, le chocolat de ses grands yeux brillants. Son sourire ne quittait plus son esprit, sa voix s’accrochait à ses tympans comme un bruit de fond incessant. Il lui semblait que Juliet s’infiltrait en lui, sous sa peau, dans ses veines, dans sa tête. Elle circulait partout en lui. Caleb avait tenté par tous les moyens de s’en débarrasser, sans savoir exactement de quoi il s’agissait, mais la tâche était d’une telle difficulté que même lui était impuissant. Lui, le maniaque du contrôle…impuissant face à la petite poupée de porcelaine qu’elle était. Elle…qui le rendait si vulnérable.
Alors le voilà, cherchant, se torturant avec diverses solutions pour se sortir cette sorcière de la tête. Il avait tellement envie de lui parler, de s’approcher ne serait-ce qu’un peu d’elle, mais les rares occasions où il l’a voyait étaient lorsqu’il avait de quoi crier contre June. June, qui se trouvait être la meilleure amie de Juliet. Comme si la situation n’était déjà pas assez compliquée…

Il prit une plume, la passa entre ses doigts pendant un moment, penché sur un parchemin neuf. La tension était lisible sur son visage. Enfin, il se mit à écrire.

Cher Juliet,

Je voudrais…


Non. Il s’arrêta. Ratura encore. Recommença, écrit quelques mots. Ratura encore. Il réitéra l’expérience plusieurs fois, mais chaque tentative était pire que la précédente à mesure que sa patience diminuait dangereusement. Enervé, désemparé, il jeta la plume sur le bureau en soupirant et fit disparaître le parchemin usé d’un coup de baguette. Le papier s’enflamma de lui-même.
Les minutes passèrent, Caleb n’avait toujours rien écrit, immobile sur sa chaise. Son regard s’était perdu dans le vague. Il pensait à Juliet, à ce que lui avait dit June aussi… Pourquoi voulait-il réellement écrire une lettre ? Pour se décharger d’une partie des pensées qu’il gardait pour lui, mais pas seulement. Attirer l’attention de Juliet ? Non, il savait déjà qu’il ne signerait pas cette lettre.
Il n’avait pas envie de finir seul peut-être. Pas envie de voir ses petites sœurs avoir le bonheur qu’il revendiquait depuis des années. Il voulait qu’on le soulage du poids que ses parents lui avaient mis sur les épaules, des pressions qu’il subissait sans cesse. Il voulait une chose que tout le monde veut, finalement…Et s’il n’y parvenait pas ? S’il était le seul à la fin de l’histoire qui ne puisse avoir ce qu’il désirait ?

Caleb eut comme un sursaut à cette pensée. Il reprit un parchemin, sa plume, la trempa dans l’encre, et commença à écrire rapidement, sans s’arrêter, sans raturer. Les mots venaient enfin.


Juliet,
J’ai trouvé des milliers de mauvaises façons de commencer cette lettre. Mais je pense que celle-ci est la bonne. Ne dis-ton pas que l’honnêteté prime sur le reste, après tout ? Je sais que cette lettre doit t’inquiéter, te déstabiliser ou te rendre perplexe. Tu ne me connais pas, et je ne veux pas me faire connaître de toi autrement que par ces lettres – car j’imagine qu’il est de rigueur d’en envoyer plusieurs. Tu ne me connaîtras jamais. Et cela me va très bien. Je préfère rester dans l’ombre. C’est mon choix, et j’aimerais que tu ne cherches pas à savoir qui je suis. La déception serait trop grande.
Je ne dois pas faire partie de ta vie Juliet. Il faudrait d’abord que je le mérite. Et il ne sert à rien de prétendre le contraire. Je ne mérite pas d’en faire partie. Je ne mérite pas que tu lises cette lettre. Jamais je n’aurais dû t’en écrire une, mais l’erreur est faite, et je compte bien continuer. C’est la seule alternative que j’ai trouvé pour remédier à mon problème.
On m’a dit que j’étais incapable de me faire aimer Juliet. Quel genre de personne est horrible au point de ne pouvoir être aimée ? Aimée, par une personne non-liée par le sang, j’entends. Et je te dirais là encore que les liens du sang n’assurent aucunement une affection sincère. A vrai dire, je suis à peu près sûr que ce qu’on m’a dit est vrai. Car pour se faire aimer, encore faudrait-il savoir aimer correctement. Or, je ne sais pas le faire Juliet. Je détruis tout ce que je touche. Un géant dans un magasin de porcelaine : trop grand, trop large. Voilà de quelle manière je me perçois. Je crains que cette image n’en sois malheureusement pas une.
Mais tu ne peux comprendre, n’est-ce pas ? Toi, si douce, si innocente. Petite et fragile. Je pourrais te casser d’un seul mouvement, d’un seul souffle. Nous sommes les pires opposés. L’homme et la femme. L’ombre et la lumière. La nuit et le jour. Le démon et l’ange. Comment pourrais-tu survivre à mes côtés ? J’ai trop peur de casser la porcelaine de ton visage, de faire disparaître l’étincelle dans tes yeux et l’éclat de ton sourire, de refroidir la chaleur de tes regards, de ternir à jamais la couleur de tes cheveux flamboyants. Je suis froid Juliet. Je vis dans le noir et les rares moments de lumière que je connais sont en te regardant.
Je ne sais pas vraiment ce que je suis censé dire en fait. Je n’ai jamais écrit de lettre, je n’ai jamais dit ce genre de choses à qui que ce soit Juliet. J’aimerais seulement comprendre comment je peux arrêter de penser à toi sans arrêt, de rêver de toi toutes les nuits, de rechercher ta présence que je ne mérite pas. Tu m'obsède. Mais je ne pourrais jamais me faire aimer de toi, je ne pourrais jamais t’aimer comme l’on aime d’ordinaire. Tout ce que je peux faire, c’est t’écrire ces lettres Juliet. Et t’aimer, t’adorer dans l’ombre qui est la mienne, dans les ténèbres qui sont ma maison…t’aimer, d’un amour totalement démesuré, anormal et sincère.

A.


Et cette lettre fut la première d’une longue série…

De 2019 à 2021 - LES ANNÉES FOLLES

Si certains élèves trouvaient que les années à Poudlard passaient à grande vitesse, Caleb lui trouvait que le temps qu’il passait là-bas s’étirait, se rallongeait indéfiniment ; source intarissable d’ennui et de problèmes. Les seuls moments de paix qu’il connaissait étaient en dehors de l’école. Au moins là, il pouvait s’enfermer dans le manoir Elder pendant la durée des vacances scolaires, s’isolant dans ce que ses sœurs appelaient « La Forteresse de l’Ours » - surnom qu’elles se plaisaient à donner à leur frère, et qui déclenchait toujours le sourire de celui-ci -. Mais d’ordinaire solitaire, enclin à ne participer à aucune activité que pouvaient proposer ses sœurs – mais toujours apte à les interdire – Caleb changea peu à peu d’attitude. En effet ses vacances étaient de plus en plus perturbées par la présence d’une certaine sorcière.

Au fil du temps, June et Juliet avaient développé une amitié sans faille. Toujours ensemble, incapables de résister à une soirée, fêtardes et le plus insupportable de tout…solidaires. Lorsqu’elles étaient venues à lui pour le supplier de laisser Juliet venir passer les vacances avec eux au manoir, il avait dit non. June avait tout tenté, ce « Non » là, n’était en rien un débat, c’était une réponse claire et nette. Il n’avait donné qu’une seule raison : leur père ne permettrait aucune invitation dans son dos, surtout s’il s’agissait d’une sang impure – mais ça, il l’avait gardé pour lui, connaissant déjà les réactions de June face à ce genre de préjugés. Marcus n’aurait jamais permis une telle chose, et il était hors de question que Caleb couvre June et son invitée. Les raisons étaient en fait toute autre. Déjà, il fallait avouer que Caleb n’aimait guère recevoir du monde et tout être non-lié par le sang dans le manoir était généralement proscrit pour ne pas déranger l’Ours dans sa forteresse. Ensuite, eh bien il fallait énoncer là tous les inconvénients que Caleb voyait en laissant Juliet venir au manoir : le voir dans son milieu naturel, agir avec ses sœurs comme un dictateur – même si son attitude ne différait pas vraiment de celle adopté à Poudlard – n’était pas une bonne chose. Puis, était-il vraiment raisonnable de mettre sous le nez d’un homme affamé le gâteau dont il rêvait ? Ce point-là ne pouvait être réfuté. Si seulement il avait pu l’exposer…

Mais la volonté de Caleb, implacable au début, commença cependant à s’affaiblir devant la ténacité des deux meilleures amies. Si les remontrances de June ne l’inquiétaient guère, c’était par ailleurs le jugement de Juliet sur lui qui le mettait mal à l’aise. Il ne pouvait pas refuser de l’accueillir chez lui. Même en adoptant une stratégie de « distance nécessaire » entre eux, Caleb sentait sa volonté vaciller à chaque fois qu’il la voyait, avec ses grandes yeux, quémandant l’hospitalité… Ah ! L’Ours était vaincu, et les deux alliées avaient pu savourer leur victoire au bord de la piscine, sirotant des cocktails, bronzant au soleil tout l’été, sortant et buvant entre amies. Tout ceci sous le nez de Caleb, mécontent et renfrogné, mais malgré tout – et il fallait le mentionner – soumis à la détermination sans faille de deux jeunes poufsouffles moins expérimentées et rusées que lui.

Plus les années passaient, plus Caleb avait du mal à garder ses distances. Ainsi, il multipliait ses disputes avec June pour pouvoir seulement être en présence de Juliet, continuait à garder un œil sur elle malgré le fait qu’il prétendait à merveilles ne pas se soucier d’elle. Le sorcier sentait qu’il n’arriverait jamais à sortir Juliet de sa tête. Elle était comme ancré dans ses pensées, dans sa peau, ses rêves et ses cauchemars ; apparaissait dans chaque salle, coin, couloir ou escalier du château. Juliet était partout, le hantait comme aucune femme auparavant. Effrayante constatation. Aussi, il s’était donné pour mission de la combattre avec autant d’ardeur que de ténacité. Si seulement sa volonté ne lui faisait pas défaut lorsque le regard chocolaté de la sorcière le fixait et se détournait presque immédiatement. Il combattait son esprit, son corps, ses désirs impulsifs qui tous lui criaient de prendre ce qu’il voulait vraiment. A vrai dire, si des raisons plus sérieuses et dangereuses que sa fierté et la peur ne le retenaient pas, Juliet serait depuis longtemps à lui.

Marcus était une de ces raisons. Le nom des Elder ne pouvait – et ne devait – être salit par une sang-impure. Si seulement Juliet était de son monde…si seulement… Pourtant, c’était bien dans une délicate et repoussante situation dans laquelle Caleb se trouvait. Eprouver autant de – sentiments ? – choses pour une sang-impure ne devrait pas se produire. Pourquoi était-ce tombé sur lui ? Pourquoi n’aurait-il pas pu être obsédé par une sang-pure respectable et dont les origines et l’éducation n’auraient posé aucun problème ? Une femme qui partage ses opinions – mais étaient-ce réellement ses opinions ? On les lui avait enseigné, expliqué, inculqué … mais ces idéaux perdaient tellement de valeur lorsqu’il voyait ce qu’ils avaient fait de son père. Marcus était un homme accomplit professionnellement, mais ce qu’il faisait endurer à sa propre famille donnait à Caleb une mauvaise image d’un sang-pur « respectable ». Le sorcier en venait à se poser des questions que jamais dans le passé il n’aurait osé formuler. Juliet provoquait tout cela – et rien que pour le faire douter un instant de ce qu’on lui avait enseigné, de ce qu’il était depuis sa naissance, il en arrivait à la détester. La colère qu’il éprouvait envers elle dans ces moments-là ne suffisait pas à envisager de lui faire du mal. Il essayait de toutes ses forces de se persuader qu’elle n’était qu’une sang-impure comme les autres, mais son obsession le bloquait à chaque fois.

Et cette obsession grandissait, et grandissait encore … Jusqu’à occuper définitivement ses pensées. Lui ? Entiché d’une sang-impur qui n’avait aucune base d’éducation sang-pur, qui ne comprenait sûrement rien à ses traditions et à ses valeurs ! Au fur et à mesure que cette idée le hantait, un autre problème surgit. Son agressivité augmentait avec sa frustration, et il arriva un moment où la colère enfla tellement que les actes de Caleb devinrent rapidement incontrôlables. Il ne blessait à présent plus pour le plaisir, mais par besoin : il avait besoin de se défouler, de détruire, de faire le plus de mal possible par les mots ou par la force. Sûrement pour se prouver quelque chose à lui-même. Il n’était pas faible, non. Il ne pouvait pas l’être. Il ne le serait jamais, et ce n’était pas cette fille qui allait le rendre ainsi. Caleb ne voulait pas changer. Caleb serait toujours le même : un ours dans une boutique de porcelaine. Toujours il blesserait, vexerait, ferait des erreurs avec ses sœurs, maltraiterait les autres par envie, s’énerverait pour tout et rien, ne parlerait que lorsqu’il le voudrait, et ferait taire les bavards. Il ne changerait pas. Point barre. Il ne se laisserait pas faire par ces deux grands yeux, cette bouche appétissante et ce sourire éblouissant. Hors de question … Il devait se sortir Juliet de la tête.

Et bientôt, Caleb trouva de quoi s’occuper. Enfin, disons plutôt que cette occupation vint d’elle-même le trouver. Elle se résumait en un seul mot : Syria.
La petite dernière fit son entrée en première année en 2018 – année qui marqua les esprits, c’était certain. Syria avait ce talent incroyable d’endormir la méfiance de son frère, là où ses autres sœurs échouaient inévitablement. Pour Caleb, qui avait vu Syria grandir en toute conscience des choses, de par leurs trois années d’écart, il lui était toujours impensable qu’elle puisse véritablement … murir. Il ne voyait pas l’éclat malicieux dans ses yeux, ni l’étendue de sa ruse. Et pourtant… la jeune sorcière avait plus d’un tour dans son sac. Sa première année débuta calmement – le calme avant la tempête, sûrement - il lui fallut du temps pour s’acclimater, se rendre compte des possibilités qui l’entouraient à Poudlard. Elle trouvait cette école magique et ne souhaitait jamais en partir – aussi, elle voulait toujours rester là-bas pendant les vacances, ce que Caleb refusait à chaque fois. Une fois habituée aux lieux, Syria commença à tâter le terrain, voir ce qu’elle pouvait en tirer.
On disait que les maraudeurs en d’autres temps, et après eux les frères Weasley avaient été terribles… Mais elle, elle s’était fait pour mission de les surpasser. Les surpasser à chaque seconde ! Elle élaborait des farces et des plans d’attaques qui ne rataient jamais : pas une seule fausse note. Elle ne se faisait jamais prendre. Et Syria s’en délectait. Oh, évidemment les professeurs se doutaient de son implication, savaient parfaitement de qui il s’agissait mais il n’empêche qu’elle ne laissait aucune preuve derrière elle. Un travail de pro. Ses cibles variaient avec son humeur : tantôt le corps enseignant, le personnel de l’école, tantôt les élèves. Elle aimait tous les rendre fous. Plus le temps passait, plus Syria se perfectionnait. Elle prenait des risques, mais réussissait toujours à s’en sortir avec une insolence à la limite du supportable. Un humour terrible, c’était clair. Mais si combattre la morosité des cours était sa première activité, la deuxième lui prenait encore plus de temps : énerver son frère. Ah ! Quel charmant petit jeu que de voir Caleb s’époumoner et tonner, gronder, crier comme un chien enragé ! Pourtant, incapable de prouver sa culpabilité, impuissant devant la discrétion de ses plans, l’ingéniosité de ses farces. Caleb n’en pouvait plus. Et les années n’arrangeaient rien, la patience s’amenuisait. Et Syria se gonflait d’orgueil, allant jusqu’à se pavaner devant son frère comme une duchesse avec un sourire qu’il aurait voulu broyer.
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Dernière édition par Caleb A. Elder le Mar 30 Avr - 19:22, édité 34 fois
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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Ven 4 Jan - 10:20

EDIT : Plus de place sur le précédent post ><

your story


Ce fut en grandissant qu’elle trouva le point faible de son cher grand frère : les garçons. Ses sœurs eurent beau la prévenir, rien ne l’en dissuada. Syria s’affichait aux bras des plus populaires élèves sous le nez de Caleb et de tout Poudlard : une bonne manière de s’assurer la longévité de ses relations. Ainsi, elle avait pensé que les relations secrètes étaient stupides. C’était donner un excellent moyen à Caleb d’évincer les « sales chiens » ! La sorcière savait que le serpentard était pieds et mains liés étant donné sa réputation : si un de ses copains se retrouvait amoché ou disparaissait mystérieusement, c’était vers Caleb que les soupçons se porteraient. Mais elle avait sous-estimé le caractère surprotecteur de son frère. Si Caleb ne pouvait s’empêcher de « dissuader » les prétendants de Syria, il n’était pas stupide pour autant : pas de preuves, pas d’accusations, pas de coupable. Comme si rien ne s’était passé… La peur jouait assez pour les faire taire, et leur charmant visage retrouvait leur fraicheur en moins de deux. Syria s’était réjouie trop vite.
Elle déclara alors que « Les mecs sont tous des mauviettes ! ».
Pour leur défense, il était difficile d’être brave devant un ours enragé. C’était bien là le problème : Caleb faisait peur, et s’il continuait à effrayer les spécimens masculins qui plaisaient à Syria, alors la sorcière n’arriverait jamais à sortir avec personne. Gros problème. Elle testa alors différentes stratégies, qui échouèrent, avant de revenir sur l’idée de la discrétion : si les choses se passaient comme pour les farces, alors son frère en deviendrait rouge de colère et de frustration. Pas bon pour ses nerfs. Syria adorait ça !

Ainsi, le petit clan des filles Elder avait trouvé un parfait moyen de rendre leur grand frère complètement fou…

2021 – Septembre

Ce matin-là, Caleb se réveilla avec un horrible mal de tête.
La rentrée. Une de plus. Le jour le plus insupportable de l’année selon lui. Il allait revoir tous ces visages qu’il détestait, que ce soit les greluches ou les binoclards, les petites frappes ou les petites naïves. Poudlard lui sortait par les yeux. Une cage, voilà ce que Caleb voyait en cette école. C’était une énorme cage avec de grands barreaux pas assez écartés pour se faufiler, mais assez loin les uns des autres pour pouvoir entrevoir la liberté qu’il désirait tant. Et il y avait de tout dans cette prison. Tous ses cauchemars réunis, ou presque – heureusement, Marcus ne s’y trouvait pas. Il allait devoir endosser son rôle encore une année de plus, il allait devoir supporter l’insupportable. Ses sœurs n’étaient pas assez satisfaites de le voir s’époumoner contre elles pour diverses raisons, alors elles en rajoutaient toujours plus. Et encore plus… Comme si l’été n’avait pas été assez déplaisant, frustrant, énervant. Trop de choses à penser, trop de personnes à éviter. Et cette tension qui ne cessait de lui gâcher la vie, ces rêves qui le hantaient la nuit, la pression constante de son père, des responsabilités grandissantes au fil des années.
Elle, constituait la principale raison de sa fatigue. Elle ne le laissait pas dormir, sans même s’en rendre compte – il n’aurait pu la blâmer même avec toute sa volonté. Elle, et encore Elle. Comme s’il n’y pensait pas déjà le reste de l’année, alors il fallait en plus qu’elle soit présente lors des vacances d’été. Oh bien sûr, il l’évitait toujours. C’était ce qui le maintenait à peu près droit à vrai dire : que ce serait-il passé s’il s’était trouvé plus de deux minutes seul avec elle ? Il ne se faisait pas confiance pour ça. Il savait ce qu’il désirait tant, ce qu’il voulait au fond de lui, et le vouloir déjà – en être conscient – représentait assez de peines et de problèmes ; nul besoin d’en rajouter. Son esprit tentait alors de se concentrer sur d’autres choses. Il s’évertuait à déverser sa colère, sa frustration, sa mauvaise humeur sur les autres – ses sœurs en pâtissaient. Syria et June lui rendaient la vie impossible, et il ne pouvait s’empêcher de leur crier dessus à chaque provocation, de leur faire payer leurs sales coups. Aussi, Eli était bien la seule qui ne le défiait pas sans arrêt. Son calme l’apaisait, l’agaçait aussi parfois mais il se sentait moins tendu en sa présence.
Sa surveillance assidue sur ses sœurs ne diminuerait pas par ailleurs – Syria et June aimaient croire qu’elles viendraient à bout de lui, mais elles se trompaient. Il était d’autant plus vigilent avec ces vampires à Poudlard. Il avait entendu parler de certains couples se formant en cachette – ou pas -, et il était sur ses gardes. Hors de question qu’une Elder fréquente un vampire, il avait déjà mis un point d’honneur à ne fréquenter que des sangs-purs, alors des créatures même pas humaines…Il ne pouvait pas le tolérer. Il tolérait déjà beaucoup plus qu’il ne devrait – il savait que ses sœurs fréquentaient pas mal de sangs-impurs. Mais il ne pouvait pas être sur leur dos en permanence, et au final il espérait qu’elles comprennent par elles-mêmes l’importance de leurs valeurs qui commençaient à se perdre au fil du temps et du progrès de la société sorcière.
Il se sentait écartelé finalement. Il avait tant de choses en tête, tant de problèmes, de responsabilités envers ses sœurs, envers son père, sa famille en général, et ses études à gérer, son image, sa réputation. Juliet. Malheureusement, elle ne venait pas en dernier. C’était bien ça le problème : elle passait beaucoup trop avant tout le reste dans son esprit à lui. Cela devait cesser. Il le savait. Mais les lettres ne diminuaient pas, et la sorcière n’avait toujours aucune idée qu’il s’agissait de lui. C’était mieux ainsi : il s’en persuadait.
Cette année, il arrêtera de penser à elle. Cette année, il tentera de se débarrasser de sa Tentation. Cette année…. Il ne sera plus obsédé par Juliet.

Sauf ... qu'il n'était pas sûr que ce soit réellement possible.


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Dernière édition par Caleb A. Elder le Jeu 9 Mai - 16:47, édité 2 fois
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Lauren A. Smith

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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Ven 4 Jan - 11:01

Caleb !!!!!!!!!!! Loving

Bienvenue ici !

J'ai hâte de voir ton perso, et j'espère qu'il fera parti des rares incarné par un membre de Fiz à ne pas vouloir se moquer de ma pauvre Lauren, qui va vraiment finir dépressive (ou tuer par Cha, au choix... -_-')

Bref, bienvenue et bon courage pour ta fiche !

Ah, et oui, j'allais oublier : Je veux et j'exige un lien trop méga cool à faire pâlir d'envie une mémé ! :wii:
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Lawrence B. Berrywell

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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Ven 4 Jan - 11:04

Caleeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeb! Love

Bienvenue ici et bon courage pour ta fiche, j'ai hâte d'en savoir plus sur ce personnage, il compte parmi mes préférés de ta fic! =D

Il nous FAUDRA un lien!

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Caleb A. Elder

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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Ven 4 Jan - 11:10

Merci Lauren : Je sais pas si Caleb sera gentil avec toi mais on trouvera un lien de la mort qui tue ( mais qui tue pas trop quand même Razz )
& Lawrence : C'est moi où ton prénom fait plus fille que garçon ? Je trouvais Leroy plus viril Very Happy On aura un lien qui tue aussi <3
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Charlie A. Wellington

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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Ven 4 Jan - 11:58

Bienvenue Love !
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Lawrence B. Berrywell

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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Ven 4 Jan - 12:43

Caleb Elder a écrit:
Lawrence : C'est moi où ton prénom fait plus fille que garçon ? Je trouvais Leroy plus viril Very Happy On aura un lien qui tue aussi <3


Malgré les apparences, c'est un prénom de garçon >< Ce sont les français qui ont féminisé ce prénom, je ne sais absolument pas pourquoi... *Lawrence en mode "je milite pour mon prénom"*
[Mais Leroy est heureux de ce témoignage rendu à sa virilité xD]

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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Ven 4 Jan - 12:48

IIIIiiiiiiiiih Caleeeeeeeeeeeeebouneeeeeeeeeetteeee d'amouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuur *O* <3 (ou comment discréditer Caleb en 10sec Chrono (a))
Connaissant le perso j'ai haaaaaaaate de voir ce qu'il va donner joué ici *O*
Et tu me réservera un lien tiptopparfaittrokooldelamorkitue hein ! :3
Bon courage pour la fin de ta fiiiiche <3
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Caleb A. Elder

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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Ven 4 Jan - 13:14

Merci beaucoup Charlie Wink
Laurence ( non non l'orthographe est la bonne!) : je trouve que ta justification est mignonne, mais irrecevable Razz
Azounouchetd'amouuuuuuuuuuuuuur! ( tu crois que t'es le seul à pouvoir discréditer les autres ? Razz) Merci Razz On se réservera un lien oui Smile
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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Ven 4 Jan - 14:44

CHRIS EST TROP BEAU Love ! ! !
Bienvenue parmi nous Very Happy
Si t'as une question tu peux me mpotter et bonne chance pour la suite de ta fiche Coeur

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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Ven 4 Jan - 14:57

HIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !!!!! What a Face

BIENVENUUUUUUUUUUUUUUUUUUE !!!! Love Love Loving Gnii

Le début de ta fiche est juste trop bien, j'ai hâte de lire la suite Yeux

Bon courage pour finir ♥️ ♥️

Et bien évidemment, tu me MP quand tu veux Love VIP Cool

(Je change ton pseudo en Caleb A. Elder ? (a))

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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Ven 4 Jan - 15:08

Merci à toi Keelyn ! Smile
Charlotte : T'es contente hein ? Razz depuis le temps que je devais venir! <3 T'inquiètes pas, j'envahirai bientôt ta boite à mp ! Very Happy compte là dessus! Et oui si tu veux rajouter le A de Anthony vas-y^^
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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Ven 4 Jan - 17:04

Oh oui, je suis ravie, et je suis loin d'être la seule ^^ Love

Voilà pour ton pseudo Coeur Ça claque (a)

Je t'en prie, ne t'en prive surtout pas, mais bientôt ce sera une autre boîte MP que tu envahiras Sifflote Love Loving

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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Ven 4 Jan - 22:12

Merci beaucoup Charlotte <3 Love
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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Sam 5 Jan - 3:04

HIHIHI, bienvenue ici ♥
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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Sam 5 Jan - 20:42

Biiienvenue parmi nous Gnii Si tu as un soucis, n'hésites surtout pas à m'envoyer un mp ! Super choix de vava *bave* Bon courage pour ta fiche !! =)
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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Sam 5 Jan - 21:27

Merci beaucoup Josh et James !!! Razz
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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Mer 6 Mar - 14:27

Bienvenue Coeur
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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Ven 31 Mai - 16:46

Après tout ce temps, j'ai enfin terminé ma fiche x) J'espère que rien ne clochera !
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Charlotte M. Berrywell

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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Ven 31 Mai - 18:30

HIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII Chat Chat Chat Gnii :ove: Love Loving

Alors, je le dis, le redis, et le re-redis, mais ta fiche est absolument magnifique, géniale, et dire que je l'ai adoré est clairement un euphémisme ♥️

Caleb A. Elder a écrit:
plus certaines personnes peuvent bénéficier de sa protection sans même le savoir ( oh, j'ai vu passer une certaine rousse!)

Hihi, je l'ai vu passer aussi (a) ^^ Love

Bref, tout ça pour dire que le Choixpeau va débarquer et qu'il a pas trop de doute sur ton avenir à Poudlard (Mdr), et je valide ton code que je n'avais toujours pas validé d'ailleurs :dead: Honte à moi !

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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Ven 31 Mai - 18:33

image 550*350
Bienvenue !

    Bravo tu es validé chez les Serpentards !
    Tu peux désormais réserver ton avatar, ouvrir une fiche de liens pour te faire plein d'amis, écrire une bible de RP pour ne pas perdre le fil de tes histoires. Et ouvrir une boîte aux lettres ou ton compte Parchemess pour rester en contact. Tu peux aussi consulter les clubs &options pour t'inscrire. Et pourquoi pas jeter un coup d'oeil aux équipes de Quidditch ?
    Viens nous présenter qui se cache derrière l'ordinateur. N'oublie pas de jouer et de flooder pour rencontrer les autres membres ! Vérifie régulièrement les évènements pour être au courant des dernières nouvelles.
    Si tu as des questions, adresse toi à Charlotte M. Berrywell, B. Keelyn Caffrey, Josh I. Sullivan, Noah Z.-Eytàn Brown, Helen-Drizzle E. Brown ou Séraphina C. Black !
    Amuses toi bien parmi nous !

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    Maintenant le Choixpeau Magique est là et vous connaissez le résultat:Je vous répartis dans les quatr'maisons puisque l'on m'a confié cette mission.Mais cette année je vais vous en dire plus long, ouvrez bien vos oreilles à ma chansonVoyez les dangers, lisez les présages que nous montrent l'histoire et ses ravages.Car notre Poudlard est en grand péril devant des forces puissantes et hostiles.Et nous devons tous nous unir en elle pour échapper à la chute mortelleSoyez avertis et prenez conscience



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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Ven 31 Mai - 18:34

Super Chacha <3 Merci !!!

Aha, je me doute que le Choixpeau aura du mal (a)

EDIT : ce Choixpeau est trop rapide
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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Ven 31 Mai - 18:36

MON AMOUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUR Love Love Coeur Coeur

* J. Liz Matthews se fiche totalement d'avoir brisé la couverture de Calou Razz

Love Love Câlin 3 Câlin 3 Love Yeux
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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate" Ven 31 Mai - 18:44

oO

* Caleb A. Elder tente de rester calme et froid *hem....pas gagné* "Est-ce que quelqu'un peut se charger de cette rousse ? Elle me fait peur Razz* (a)

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MessageSujet: Re: Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate"

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Caleb Anthony Elder •• "We all fall short of glory, lost in our fate"

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